175 – Ne me laissez pas seul /Ecridelle

Immobile

Je n’ose presque pas respirer.. L’anxiété me serre la gorge,
j’ai l’impression de gonfler. L’angoisse n’est pas loin…
Non ! Ne pas céder à la panique !

Je reste là, immobile, dans l’attente depuis des jours.
Quelqu’un viendra. Ils ne peuvent pas me laisser mourir comme ça !
La verdure est calme, aucune brise dans les feuilles .
Seule l’eau de l’étang semble vivante.
Je m’y reflète et dieu que j’ai peur de me voir si seul, abandonné !

Avant, ils venaient, ils me caressaient, ils me confiaient des secrets !
Et jamais je le jure je ne les ai divulgués !
Pourquoi alors me laisser seul. Mon cœur bat la chamade.
Vais-je, ma vie durant, pourrir ici ?
Pourtant je suis encore résistant, je suis encore utile.
Avant je les entendais me parler, me complimenter.
Je me sentais important. Confiant de les rendre heureux.

Mais aujourd’hui, plus personne ne vient. Pourtant je n’ai pas changé,
j’ai juste pris quelques années de plus et je suis disponible, toujours.
Je me sens si seul et cette anxiété qui me serre le cœur.
J’ai peur, si peur de rester seul ici. Je sais que l’endroit est beau,
calme, reposant et verdoyant mais ne m’y laissez pas seul.
Je vous attends. Prenez le temps. Venez vous asseoir.
Vous verrez , vous pouvez tout me dire.
Je ne suis que le banc de bois, gardien de tous vos secrets.

174 – Légende de la tambouille /Ecridelle

Légende de la tambouille

Ta terre rouge entre mes mains patientes,
Au bord de la rivière où fume le matinal feu,
Marmites d’argile devant moi, comme des trésors,
Braises rougies, gardiennes des secrets anciens,
Oubliés des plus jeunes veillant sur la clairière.
Ustensiles façonnés dans la pierre et l’importance.
Instinct et partage mêlés dans les jarres sacrées.
Lentement mijote la vie autour du foyer,
Légende murmurée au rythme des flammes,
En chaque tambouille renaît la mémoire des anciens.

173 – L’Emberlificoteuse /Ecridelle

L’emberlificoteuse

La Guénuche avait plus d’un tour dans son sac, et malgré son sourire Gelasin, elle n’avait pas peur de se faire Tancer quand elle pratiquait la Pétoffe sans aucune vergogne !
Les bachelettes la fuyait , soupçonnant toujours la donzelle de Messéance !
D’ailleurs elle provoquait souvent les Malenchères !
On lui connaissait la facilité de commettre des Patarafes mais cela n’empêchait
pas les Débonnaires de tomber dans ses filets.
Elle les conviait chez elle, leur faisait ses scènes de séduction, puis à coups de déhanchements subtiles sous sa jupe courte à volants aériens, elle se baissait pour sortir le gâteau du four qu’elle Plamottait devant eux avant de leur offrir !
Ce qu’il ne savait pas ces bons Messieurs, c’est qu’elle y glissait un philtre magique et qu’après l’avoir goûté ce fameux gâteau, ils avaient la signature facile sur leur carnet de chèque ou la main leste dans leur portefeuille…
Deux ou trois lui léguèrent d’ailleurs quelques patrimoines appréciables.
Bien sur aucun d’eux ne s’en plaignit, bien trop honteux de leur comportement.
Voilà bien qui prouve qu’être une Guénuche vaut son pesant d’or quand on sait y faire, mais tous ces bons messieurs vous diront qu’elle avait des atouts certains.

Le secret des bols/Ecridelle

Le secret des bols

Il était une fois 4 bols de couleur.
En semaine on trempait dans chacun, tartine de beurre et banania miam miam !
Chacun avait sa couleur ;
Le jaune pour Patricia, le mauve pour Florence,
le vert pour Nadège, le Marron pour Chantal.

Il était une fois 4 bols de couleur qui attendait ces demoiselles.
Pendant ce temps, ils discutaillaient entre eux.
__ Le jaune à Patricia disait au bol de Chantal que sa couleur marron était merdique !
__ Le bol marron de Chantal répliquait que son teint de bol avait la couleur de la jaunisse !
__ Le bol vert de Nadège, toujours à viré au vert faisait la tête, jalousant la couleur du bol mauve de Florence qui elle, se la pétait toujours, en version de ses personnalités multiples.

Ce beau monde de bols s’enflammait ainsi la semaine mais le dimanche c’était une autre histoire;
Le dimanche c’était croissant, pain aux chocolat,
brioche et pain aux raisins.

Ce jour là c’était les petites réflexions des viennoiseries !
La brioche disait au pain de raisins,
__ Mais tu as vu comme tu es pourri avec tes taches de moisi !
Le pain aux raisins lui répondait;
__Et toi alors !! Tu es gonflé comme une baudruche avec tes kg en trop !
Et le pain au chocolat de dire au croissant;
Mais tu as vu ta drôle de forme, on dirait que tu vas te mordre la tête et la queue en même temps !
Et le croissant de répondre au pain au chocolat;
__ Non mais dis donc, est que je te demande pourquoi tu as de la crotte aux fessex moi ?
Ainsi se passait les petits dejs à la maison des 5 filles de la famille !
Vous devez vous dire ah mais alors pourquoi que 4 bols si elles sont 5 filles ?
Tout simplement car c’est moi l’ainée qui préparait les ptis dejs pour mes 4 petites sœurs, me levant toujours en même temps que Maman pour l’aider et je déjeunais bien avant mes sœurs…

Seuls les instruments métalliques se taisaient se suffisant à eux mêmes de leur musique !