184 – Radhia Aounalla / Jill Bill

Miss-Tic
Vous avez dit Miss-Tic
Reine du pochoir
Sur les murs parisiens…

Oui, elle est partie
Mais pour rester, autrement…
Le temps est-il un crime parfait… !?

L’art et la vie ne font qu’un
Elle en joue, oui
Vivre, c’est de la bombe…

Après tout, un bon artiste
Est un artiste mort.

Miss-Tic
Vous avez dit Miss-Tic
Elle adorait Paris
Et habillait cette ville de son art…

183 -ma pauvre Anne-Sophie / Jill Bill

Ah chapeau, vraiment
Il ne te donne que du chagrin
Un maigre plaisir charnel à t’entendre
Ce type est un chafouin
Un chasseur de bas de laine
Qui chavire les coeurs
Avec paroles et champagne
Et du chaource, ô quel luxe !!
Prépare la chaloupe, quitte ce navire
Brûlant comme un chalumeau
Ca sent le roussi ma fille… !

Tu n’as pas misé sur le bon cheval
L’âne dans cette histoire, c’est qui…….

182 -Salve d’or pour Salvador / Jill Bill

Dali, vous avez dit DALI ;
Dali, surréalisme à gogo
Sa méthode paranoïaque-critique
Le rêve, la sexualité, la nourriture
Sa nourriture artistique
Pour ce fou, de chocolat Lanvin….

Voyage, voyageons dans son monde dalinien,

Les éléphants, araignées
La girafe en feu
la rose méditative
Corpus Hypercubus
Profanation de l’Hostie
L’Enigma du Désir
Le Jeu Lugubre
Montre Molle
Nature Morte Vivante
Cannibalisme de l’Automne
Plaisirs Illuminés
Autoportrait Mou au Lard Grillé…. etc etc….
Et j’en passe, poèmes, sculptures.

Ce génie capable d’ensoleiller la toile
Lui qui a dit un jour
« Je pense à la mort
Surtout quand je mange des sardines en boîte…. »

Dali, vous avez dit DALI
Lui qui avait les moyens de manger du homard…

181 -Clap de fin / Jill Bill

Songeuse, malheureuse
Il rompt, lis-je,
Lève l’ancre…
J’en ai pleuré, sur la lettre,
En cascade de larmes ;
En vaut-il la peine
Il a préféré sa légitime……..

Seule sur la banquette
Du Grand Café
Où il me rejoignait, hier encore…

Léonard, quel connard
Me dis-je, pour en rire,
Le vin va m’y aider, enfin…

Lui répondre dans un courrier
La page demeure blanche, soupir…

Aaah lui lancer aussi, elle ou moi… !!
Moi la petite danseuse, maîtresse,
Elle la fille d’un politicien, beau parti
Pour cet arriviste, finalement……

Songeuse, malheureuse,
Il rompt, lis-je
Lève l’ancre…

Garçon, champagne !!
Je fête un « divorce »
Après tout, un de perdu, comme dirait mère,
Alors m’en faire un sang d’encre
Porter le deuil
j’y penserais, et j’oublierai
Avec le temps va….

180 -Mademoiselle Line / Jill Bill

Mademoiselle Line
Encore bon pied bon oeil
A faire elle-même ses courses
Ne laisse à nul son porte-monnaie
Et la caissière
A intérêt à être bien aimable
Et la clientèle, derrière, point râleuse… !!

Fauchon en vue, ce jour, point fauchée,
Epicerie fine et chocolats
A se faire à soi-même
C’est qu’elle s’aime, mademoiselle Line…
Même si elle n’est pas un cadeau
En boutique ;
Comme le murmure sa nièce, son héritière,
Qu’elle fait marcher à la baguette
Dans les rues parisiennes !

Et puis arrêt chez mademoiselle Galurin
Et sieur Brodequin !
A presque cent ans
La « bière » peut attendre ;
C’est champagne au verre
Et la petite robe noire, à la Coco !

Mademoiselle Line
Roule en taxi, du Renault…

Je t’offre le salon de thé, ma p’tite Thérèse
Naturellement, c’est toi qui régales… !

Naturellement tante Line, naturellement…

179 – Adieu l’aïeul / Jill Bill

Sur la cheminée
De marbre couleur deuil
Une pile de bouquins, usés,
Un réveil de même,
Cinq escargots, énigmatique…

L’aïeul centenaire est mort
Sa vie ira au carton
A quoi bon
Nul n’en veut, je le déplore…

Demain, on le porte en terre
Lui et le reste, enfin
On ne crachera pas
Sur ses liasses, dignes d’intérêt ;
N’est-ce pas sieur son notaire… !

Et si, dans cette pile enrubannée
Se cachait, un, trésor ;
Lui, si secret…

Nul n’en veut, j’emporte
Bouquins, réveil, escargots !

178 – Bird,etc. / Jill Bill

Demande au forgeron
Il lui fera une belle volière, à ton oiseau…

Saperlipopette, bonne idée ‘pa !

Je donne dans le renouveau
Canari, perruche c’est dépassé,
Je songe, à du pivert….
Un coup de peigne au miroir
Et je file chez l’oiseleur……

Va sur internet, fait pas livreur…. !?
Entre nous, tu préfères pas devenir ornithologue
Par zazard !?
Bon, ne danse pas trop vite
Faudra étudier d’abord hein !
Et les études c’est comme d’la mosaïque
De tout pour ne faire qu’un diplôme…

C’est pas la pluie qui va m’arrêter ‘pa
Façon d’causer !
Tout est sous contrôle ;
Demain ; je m’inscris au zoo…..

Bon, ben c’est pas gagné !!!

177 – La vie de bohème / Jill Bill

C’est la vie de bohème
La vie qu’on aime
La vie sans façon
Avec en poche pas un rond
Sans chaîne
Liberté souveraine…

Pouet, pouet, pouet !!!
Tu pousses ton char eeeh Ben Hur……..

Quoi quoi quoi pépère hein……
Ne t’en déplaise, nous on roule baba cool
Ca te dépasse au jour d’aujourd’hui… !

Hippie, là tu vas franchir la ligne blanche
Toi et ta maudite roulotte, tu dépasses les bornes,
En rose bonbon
Et jaune cocu….
Voleurs de poules, va !

Ben nan, on vend notre crottin d’cheval…
Au fait, ta femme aime les belles plantes… !?

Va donc voir ailleurs si l’herbe est plus verte, hippie !

« Trotte trotte ma jument
Vole, tu as des ailes
Cours bien vite dans le vent
Ohé la vie est belle… »
Allez dépasse vieux réac, dépasse
La voix est dégagée de tout fiacre à gauche !

Compte dessus jeune hippie,
Ou t’aurais goûté de ma droite à la fin……….. !

176 – Musée ou cinéma / Jill Bill

Dieu, que cette fille a l’air triste ;
La groupie du pianiste….

Eh oooh….

Hein, oups pardon !
En regardant ce tableau
Il m’est venu en tête une chanson de Berger…

Vêtues, dévêtues
Tu les aimes comment, toi, les femmes, en peinture !

Eh ben, chapeautées, tiens !
Et, en silhouette fine…

Moi, je les préfère bien en chair, grassieuses !
Comme chez Rubens !
De la marchandise au balcon quoi….
Trop corps sage, ici !
Ce tableau n’a rien de gai, ma foi !

Gay… !?

Nan, joyeux… !
Pour deux, une robe,
Un chapeau pour deux, c’est pingre…

Ingres…. !?

La vieillesse fait du Degas chez toi
Tu deviens sourd dingue ma parole !
Laissons tomber Gustave
Allons au cinéma voir Ducobu passe au vert !

Boire une verre, volontiers Elie…

175 – Le banc, nommé Narcisse / Jill Bill

Regarde…. Le banc, nommé Narcisse
Celui qui se mire dans l’eau……
Il n’a l’air de rien et pourtant !!!!

Ah ben, même si les bancs hein… !!!

Dans un silence immobile
Au pied de ce miroir
On raconte qu’il a un étrange pouvoir…..
Le pouvoir de voir l’avenir ! Utile…….

Ah ben, tu m’en diras tant hein… !!!
Comme d’autres vont à la fontaine de jouvence pardi !

C’est cela, c’est cela oui !
Veux-tu connaître cet avenir, ton avenir !?

Ben euh………
J’hésite, si des fois il n’était pas en ma faveur…..
En faire des cauchemars, bonjour, enfin bonsoir !
Tu connaîtrais pas plutôt un bon génie à trois voeux,
Une lampe magique quoi !!

Sors de tes livres de contes
Et viens t’asseoir dis-je !

Aaaah l’avenir fait peur
Il a pris ses jambes à son cou
Là je vois qu’il va battre le record du cent mètres !!