samedi vous pourrez lire

Mademoiselle Line – Jill Bill
Le cadeau que la vie ne fait pas – Marie Sylvie
Une vie – J.Libert
Vieillir – An Maï
Cadeau – Lothar
Ma Mamie – Lilou
un cadeau d’anniversaire – François

Mademoiselle Line – Jill Bill
Le cadeau que la vie ne fait pas – Marie Sylvie
Une vie – J.Libert
Vieillir – An Maï
Cadeau – Lothar
Ma Mamie – Lilou
un cadeau d’anniversaire – François

Pour les texte il est préférable d’avoir le texte pièce jointe plutôt que le lien. Merci

Je suis monté dans mon grenier,
Et là, dans un coin oublié,
Recouvert de poussières.
J’ai retrouvé le livre de ma mère.
J’étais à côté d’un carton,
Qui contenait un caneton,
Un bateau en villégiature.
Et de vieilles voitures.
Les ouvrages étaient érodés,
Et surtout bien fatigués.
Peut-être mangés par quelques champignons,
C’étaient de très vieilles éditions.
Sur la tranche, je pouvais lire,
Quelques lettres d’un titre que je ne peux vous dire,
Le temps ayant fait son office,
Peu lisibles, étaient les polices.
Face à ce savoir, je me suis gardé,
D’essayer de le toucher,
Cela m’a fait beaucoup de peine,
Peu protégé, j’ai respecté des règles d’hygiène.
Personne n’était entré dans la maison depuis la mort de ses parents. Une couche de poussière recouvrait les draps qui enveloppaient les meubles.
Quand Denise pénétra dans le hall, l’air saturé la suffoqua. Dix ans qu’elle n’était pas revenue ! Au début, elle ne voulait pas garder cette maison. Puis dernièrement, l’idée avait fait son chemin. Il y avait de la place pour les enfants ; ils seraient bien pendant les vacances ; ils pourraient gambader. Elle pourrait se remettre à jardiner. Devant le porche, elle installerait des rosiers grimpants parfumés comme ceux se sa grand-mère Zélie.
Elle éternua plusieurs fois. Elle tourna machinalement l’interrupteur sans résultat. Elle n’avait pas pensé à faire remettre l’électricité. Elle ouvrit un volet branlant et la lumière du soleil coula à flots dans la pièce. Soudain un détail attira son attention. Là, sur le mur en face une bande de papier peint était décollée et livrait à son, regard l’embrasure d’une porte. Elle ne connaissait pas ce passage. En sortant sa lampe torche, elle avança prudemment et découvrit une immense bibliothèque remplie de vieux bouquins. Des cartons jonchaient le sol, un vrai slalom, il fallait enjamber tout un tas de vieux trucs, plein de poussières. Dans la pénombre un reflet lui tira l’œil et aperçut une vitrine. Elle s’approcha tant bien que mal.
Oh et cette pile- à enrubannée !
Regardant de plus près, elle reconnut alors un morceau de dentelle de la robe de mariée de sa mère.
Isabelle appelle ça « mon autel culturel ».
-« Des vieilleries », grommelle Brigitte en passant le plumeau d’un air dégoûté, « des nids à poussière ».
-« Enfin, Maman », dit Sylvie, « les escargots devant l’homme pressé, c’est amusant, mais pourquoi as-tu besoin d’enrubanner de dentelle ces vieux bouquins ?
Qu’est-ce que tu leur trouves ? As-tu l’intention de les relire ? Plus personne ne lit Paul Morand, Pierre Benoit, Martin du Gard ! Le gros Dumas passe encore, mais le traité de cosmographie de l’antiquité à nos jours, édition 1912, Maman !
Si tu veux je te cherche une édition plus belle de tous ces titres… »
-« Ma chérie, je ne veux pas de livre neuf. Ceux-là, pas d’autres. Qu’importe
qu’ils soient sales et dépiautés ! Je n’ai pas besoin de les ouvrir pour entendre Antinéa et Milady me parler avec la voix de mon père qui aimait tant ces livres.
La cosmographie… c’est étrange, je ne sais pas ce qu’elle fait là… mais le vieux réveil, ma chérie, un réveil qui ne réveille pas, n’est-ce pas infiniment reposant ?
-« Ta mère est à la pointe de l’art », intervient Marc. Elle fait des INSTALLATIONS ! Comme celles que nous avons vues au musée d’art moderne. C’est épatant !
Mère, il faudra qu’on vous y emmène, ça vous donnera des idées ! Tu te rappelles, Sylvie ? Ce caddie débordant de bouteilles et de paquets de lessive, follement exotique! Et le billard rempli de boue dans laquelle dormaient des gnomes en plastique, qui se mettaient à copuler frénétiquement dès qu’un visiteur passait devant ?
Géant !!! Ah Ah Ah !!! »
Mais Sylvie ne rit pas. Sa mère l’inquiète.
Elle a toujours été fantasque, mais depuis quelque temps, elle multiplie les installations incongrues un peu partout dans la maison. Et elle interdit qu’on y touche !
La pire, qui broie le cœur de Sylvie, est qu’elle a posé les vieilles pantoufles de son père en plein milieu du vestibule, pour le cas où « il se déciderait à rentrer ».
-« Maman, s’il te plaît, ce sont des folies, tu le sais bien, pourquoi fais-tu tout
cela? »
-« Mais, ma chérie », dit Isabelle avec l’air malicieux qu’elle avait autrefois quand elle leur avait préparé un bon gâteau ou concocté une surprise, « je fais mes
bagages, tu vois bien »…
Passe, passe le temps
Au fond d’un vieux carton
Mes souvenirs s’entassent.
Je crains que ne s’effacent
Les mots de la chanson
Et mes rêves d’antan.
Des livres poussiéreux
De dentelle entourés,
J’ai savouré les pages
Et ces blancs coquillages
Sagement alignés
Disent mes jours heureux.
Les aiguilles du Temps
De l’antique réveil
Ont cessé de tourner.
Allons ! Je dois ranger
Et remettre en sommeil
Ces restes émouvants.
Au fond d’un vieux carton
Des livres poussiéreux
Et cinq blancs coquillages,
Racontent d’un autre âge
Rêves et jours heureux.
Les mots de la chanson
Me reviennent. Je pleure…
Quand vient le soir, la nuit tombée,
Dans mon grenier j’aime monter,
Doucement la porte pousser,
Pour d’antan douce odeur humer.
Sur une étagère, sont rangés
Quelques vieux livres oubliés,
Mémoires de jours du temps passé,
Souvenirs d’âges oubliés.
Dans une boîte, bien cachés,
De mon amour mots parfumés,
En lettres douces, enrubannées,
Pour que d’oubli n’soient pas marqués.
Un vieux réveil à l’heure figée,
Moment si doux d’un bon goûter.
Quelques reliques un peu cassées
Et des cartons empoussiérés.
Vagues de tendresse viennent taquiner
Mon p’tit cœur et le submerger.
Lors, dans ma tête, danse le passé
En redescendant l’escalier.
À une époque désormais lointaine, Gilberte avait écrit à propos de son père :
Lui aussi aurait aimé partir,
Faire comme son père, naviguer
Voguer sur les mers et respirer
Les vents du large. C’était son désir
Mais, au loin, les canons on tonné
La guerre, les armes ont menacé
Laissant l’avenir et ses plaisirs
En suspens. Il a fallu laisser
Femme et parents un beau jour d’été
Rejoindre les troupes, ne plus sentir
À jamais, sa jeunesse envolée
Et ses rêves volatilisés.
Et puis voilà qu’après son décès, au moment du déménagement de la maison familiale, elle retrouva, au grenier, rangé dans un carton, un superbe livre à la reliure de couleur vive. Une dizaine d’autres livres, fatigués d’avoir été trop feuilletés, étaient soigneusement ficelés ensemble, empilés là, depuis quelques années.
Nul doute que ce monument de papier avait appartenu à son père. La curiosité l’emportant, Gilberte se surprit à en parcourir les pages. Toutes étaient en lien avec les récits détaillés des vies et découvertes des grands explorateurs marins du quinzième et seizième siècle jusqu’à nos jours : depuis Christophe Colomb, Vasco de Gama, Magellan, Jacques Cartier jusqu’à Paul Émile Victor, Jean Louis Étienne, Jean Yves Cousteau, Eric Tabarly et bien d’autres.
Ainsi, son père, à travers ces récits de grands navigateurs, avait continué à rêver une bonne partie de sa vie. Voilà aussi pourquoi, les nuits d’insomnie ou dans ses moments libres, il se retirait dans son bureau et lisait des heures entières au risque de perdre tout à fait la notion du temps.
Dans ce carton mystérieux, Gilberte retrouva aussi un vieux réveil qui devait lui servir de sentinelle
pour le rappeler à la réalité.
Un mot dit parmi dix, mi-nu mais sans sursoir,
Un mot maudit sur six qui broutait du hiatus,
Jusqu’à n’y plus partir livrant tout son pain noir,
Qui coinçait, qui grinchait, cousu or points motus.
Un mot lu qui floutait sorti tôt du Roman,
Un mot Goth, tic ou tac, battant pignon sur Jaz
Ratatinant son son, hypnotisant son sang,
Modulant l’indistinct aux instincts d’un son jazz.
Oui, il fallut dormir ! ô soupirs disparus !
Dans son lit assourdi aux polochons vaincus,
Aux potions qu’a la fin du soir ni plus ni moins …
Aux poisons qu’a la mort, sis au mi-nuit du mot,
Qui sont la libration du mal vibrant si vain,
Aux vivants, à l’amour, aux cartons qu’a la faux.
G Perec, La Disparition
La lecture est un loisir passionnant,
Les livres nous permettent de nous évader,
Nous font voyager, nous font vibrer et développent l’imagination.
C’est une source de plaisir et d’émotion.
J’aime tous les genres de livres,
Les thrillers, les romans historiques, les histoires de vie,
Les autobiographies, les comédies, les drames,
Parfois je ris, parfois j’ai les larmes aux yeux,
Mais à chaque livre je vis une aventure différente.
La lecture est aussi une source de connaissance,
Elle permet d’enrichir son vocabulaire,
De découvrir d’autres cultures, d’autres horizons.
Quand j’ai terminé un livre,
J’en fais profiter mes amis,
Il passe ainsi de main en main,
Et continue à procurer du plaisir à d’autres lecteurs.