194 – souvenirs sous les parasols – Aquarella


Comme il est dit dans la chanson
« Chaque jour je prends du bon temps »
Et quand arrive la saison
Les vacanciers en font autant

Sûr, ils profitent du soleil
Mais recherchent aussi le frais
Qui favorise leur sommeil,
En quête de l’accord parfait

Alors ils oublient les soucis
Et tentent de se faire plaisir
Pour un extra, à petits prix,
Qui leur donnera le sourire

À l’abri sous des parasols
Qui éclatent sur les terrasses
Tels des bouquets de tournesols
Ils viennent savourer des glaces

Puis à la pêche aux souvenirs
Ils admirent les paysages
Flemmardent, bronzent à loisir
En lézardant le long des plages

Les enfants font châteaux de sable
Que les marées de l’océan
Vont balayer, impitoyables,
Par la force de leurs courants

Ils construisent alors des remparts
Luttant très courageusement
Mais les vagu’s ruinent leurs espoirs
Qui deviennent sable mouvant

Les grands-parents, à la retraite,
Les regardent en souriant
Les pieds nus dans les vaguelettes
Marchant sur les rives du temps

Et moi je flâne au bord de l’eau
Observant tous ces vacanciers
L’esprit joyeux sous mon chapeau
Au cœur de ce nouvel été

Je me dis que j’ai de la chance
De vivre ici toute l’année
Que chaque jour j’ai du bon temps
Et m’efforce de l’apprécier

193 – Le baiser de l’amitié – Aquarella

Paul et Marie sont des enfants
Remplis de joie et d’énergie
Qui jouent ensemble très souvent
Et sont devenus des amis

Depuis la section maternelle
Jusqu’à la classe de primaire
Leur belle amitié se révèle
Être bien solide et sincère

Oui mais voilà, dernièrement,
Paul ne voit presque plus Marie
Car sa cousine d’Orléans
Ne veut pas jouer avec lui

Tout d’abord Marie n’ose pas
S’imposer devant sa cousine
Mais ne veut pas en rester là
Car ce silence la chagrine

Alors se dressant fièrement
De sa petite voix lui dit :
« Tu n’as qu’à jouer avec les grands
Aux cart’s ou au Monopoly

Moi, je m’en vais voir mon copain
Mais tu peux venir si tu veux,
Au bac à sable du jardin
Y’a un tobogan et des jeux »

Paul était près de la fontaine
Assis, isolé sur un banc,
Et semblait avoir de la peine.
Marie s’approcha doucement

Sur sa joue posa un baiser
« Tu seras toujours mon ami
Dis-moi que tu n’es pas fâché »
Paul secoua la tête et sourit…

Quand la cousine d’Orléans
Vint les rejoindre au tobogan
Aux cœurs légers et insouciants
Éclatèrent rires d’enfants

192 – La cabane forestière – Aquarella

Depuis plusieurs années déjà
Petit Pierre en avait rêvé
De sa cabane dans les bois
Là-haut, sur un arbre, perchée

Combien de fois avait-il fait
Des dessins et tracés des plans
Pour concrétiser son projet
Et le montrer à ses parents

Parfois ses amis se moquaient
De sa cabane imaginaire
Mais jamais il n’abandonnait
L’idée qu’un beau jour il l’aurait

Puis vint l’instant inoubliable,
Après avoir déménagé,
Où Pierre découvrit l’érable
Au fond de la propriété

C’était un arbre magnifique
Dégageant la belle énergie
D’un grand maître du fantastique
Qui semblait n’attendre que lui

Dès lors, pendant tous ses loisirs
Et avec l’aide de son père,
Il s’employa à la construire
Cette cabane forestière

Ce fut son ballon d’oxygène
Son espace de liberté,
Le château du petit domaine
Dans lequel il put s’affirmer

Petit Pierre est devenu grand
Et la cabane est toujours là
Témoin de ses rêves d’enfant
De ses pleurs et puis de ses joies

Sous le feuillage de l’érable
Les planches sont devenues grises
Mais des souvenirs agréables
La lui rendent toujours exquise

Nous avons tous au fond de nous
Un refuge privilégié, …
Moi, ma cabane sans remous
C’est mon petit monde enchanté

191 – Témoignage ancestral – Aquarella

A la recherche du pouvoir
Les hommes ont brisé des barrières
Puis élargi leurs territoires
Dans le sang et dans la poussière

De l’est à l’ouest, du sud au nord
Et en traversant l’équateur,
En quête de nouveaux trésors,
Grands explorateurs, ou voleurs…

Dans les conditions les plus rudes
Ont parcouru toutes les mers, …
Sur de multiples latitudes
Ils ont fait le tour de la terre

Mais, sur ma carte universelle
Pas besoin de point cardinal
Ni de plans tracés à l’échelle
Pour conquérir le monde astral

Car je voyage en liberté
Quand je regarde les étoiles
Attirée par la voie lactée
Et l’immensité sidérale

Mon âme plane dans l’éther
Et se laisse parfois porter
Sur les ailes de la lumière
Espérant mon cœur éclairer

Les seuls changements opérés
Se font en douceur et respect
D’un mental un peu plus léger
Baignant dans la joie et la paix

Et chaque fois que je reviens,
Mon esprit rempli d’énergie,
Je vais arpenter les chemins
Harmonieux de la poésie

190 – Voyage en liberté – Aquarella

A la recherche du pouvoir
Les hommes ont brisé des barrières
Puis élargi leurs territoires
Dans le sang et dans la poussière

De l’est à l’ouest, du sud au nord
Et en traversant l’équateur,
En quête de nouveaux trésors,
Grands explorateurs, ou voleurs…

Dans les conditions les plus rudes
Ont parcouru toutes les mers, …
Sur de multiples latitudes
Ils ont fait le tour de la terre

Mais, sur ma carte universelle
Pas besoin de point cardinal
Ni de plans tracés à l’échelle
Pour conquérir le monde astral

Car je voyage en liberté
Quand je regarde les étoiles
Attirée par la voie lactée
Et l’immensité sidérale

Mon âme plane dans l’éther
Et se laisse parfois porter
Sur les ailes de la lumière
Espérant mon cœur éclairer

Les seuls changements opérés
Se font en douceur et respect
D’un mental un peu plus léger
Baignant dans la joie et la paix

Et chaque fois que je reviens,
Mon esprit rempli d’énergie,
Je vais arpenter les chemins
Harmonieux de la poésie

188 – Bébé Cadum /Vegas sur Sarthe

Il en aura montré des popotins joufflus
des frimousses ravies à la sortie du bain
du tout doux, du propret et tant de chérubins
ce dessin simplement paré de superflu.


Peintre décorateur Arsène * crée l’affiche
alors que nait Doisneau, nait le Bébé Cadum
ainsi il a suffi d’un sarthois, d’un bel homme
pour qu’aux murs de Paris rosissent tant de miches.


A l’heure du surgras et du tensio-actif
des stickers hydratants, des compresses stériles
où l’on met – insouciants – l’épiderme en péril


Ayons une pensée pour ce savon d’antan
notre peau vit d’amour et pas de charlatans
Respect aux créateurs, aux imaginatifs.

  • Arsène Le Feuvre, maire du Mans de 1925 à 1931

183 – Dictons de chatons /Vegas sur Sarthe

Chercher le chas de l’aiguille dans une meule de chafouin peut rendre fourbe


Il n’est si petit chagrin de sable qu’on ne puisse observer à la chaloupe à moins
qu’elle ne chavire victime d’un grain


Un chasseur peut-il chasser sans son chafrère au risque de briser un lien
charnel ?


Il ne faut pas vendre le chapeau du chaource avant de l’avoir chassé


Mozart disait que le chalumeau c’est du pipeau quand Paul Bocuse disait que le
chalumeau c’est du flageolet


Et pour finir sur une touche festive :
Le champagne c’est chacrémant bon (avec modération)

182 – S’il te plait /Vegas sur Sarthe

« S’il te plaît»
Désorienté je m’interromps, le pinceau en l’air au risque de voir se ramollir un peu plus les montres de mon œuvre.
A nouveau cette voix derrière moi « S’il te plaît… dessine-moi un mouton ». Le morveux doit avoir dix ans et l’air effronté des mômes de Figueras.
« Laisse-moi petit, tu vois pas qu’je bosse? »
«Qu’est-ce que tu fais ?» insiste-t-il en tournoyant autour de mon chevalet comme un sioux qui aurait déterré sa hache de guerre.
« Ecoute, je termine une œuvre majeure qui s’appellera La persistance de la mémoire »
Le morveux cesse de tournoyer : «Il est bizarre ton désert et puis tes tocantes sont pas à l’heure »
Commence à m’énerver ce gamin : « Je ne suis pas horloger, je suis artiste peintre »
« Et pour mon mouton ? Tu sais pas peindre les animaux ? »
Depuis quand un talentueux artiste peintre doit-il se justifier auprès d’un morveux, fut-il de Catalogne comme moi.
Je réplique : «Bien sûr que si. Je viens de terminer des cygnes se reflétant dans les éléphants »
Le morveux est subjugué : «Et tu l’appelleras comment cette peinture ? »
Je me sens morveux devant ce morveux : «Cygnes se reflétant dans les éléphants »
Le môme prend un air ahuri puis reprend : «Alors tu peux me dessiner une oveja, un mouton c’est fastoche ».
Je sens que je vais devenir chèvre : « Comment tu t’appelles, gamin ? »
« Matisse » dit-il effrontément.
« Comme le peintre ? »
« Quel peintre ? »
Je soupire …
Le môme s’approche de mes montres molles, détaille la signature au bas du tableau :
«C’est ton nom Dali ? »
Je redresse le buste : « En effet. Dali i Domènech mais tout le monde m’appelle
Dali »
« Domènech ? l’entraîneur de football ? »

J’ai replié vivement mon chevalet et rangé mes montres molles dans leur carton
avant que l’envie ne me prenne de lui enfoncer sur la tête.
Un jour je leur prouverai à tous que je suis un génie.
Il y a toujours un moment dans la vie où les gens s’aperçoivent qu’ils m’adorent

179 – Installation – Emma

Isabelle appelle ça « mon autel culturel ».
-« Des vieilleries », grommelle Brigitte en passant le plumeau d’un air dégoûté, « des nids à poussière ».
-« Enfin, Maman », dit Sylvie, « les escargots devant l’homme pressé, c’est amusant, mais pourquoi as-tu besoin d’enrubanner de dentelle ces vieux bouquins ?
Qu’est-ce que tu leur trouves ? As-tu l’intention de les relire ? Plus personne ne lit Paul Morand, Pierre Benoit, Martin du Gard ! Le gros Dumas passe encore, mais le traité de cosmographie de l’antiquité à nos jours, édition 1912, Maman !
Si tu veux je te cherche une édition plus belle de tous ces titres… »
-« Ma chérie, je ne veux pas de livre neuf. Ceux-là, pas d’autres. Qu’importe
qu’ils soient sales et dépiautés ! Je n’ai pas besoin de les ouvrir pour entendre Antinéa et Milady me parler avec la voix de mon père qui aimait tant ces livres.  
La cosmographie… c’est étrange, je ne sais pas ce qu’elle fait là… mais le vieux réveil, ma chérie, un réveil qui ne réveille pas, n’est-ce pas infiniment reposant ?
-« Ta mère est à la pointe de l’art », intervient Marc. Elle fait des INSTALLATIONS ! Comme celles que nous avons vues au musée d’art moderne. C’est épatant !
Mère, il faudra qu’on vous y emmène, ça vous donnera des idées ! Tu te rappelles, Sylvie ? Ce caddie débordant de bouteilles et de paquets de lessive, follement exotique! Et le billard rempli de boue dans laquelle dormaient des gnomes en plastique, qui se mettaient à copuler frénétiquement dès qu’un visiteur passait devant ?
Géant !!! Ah Ah Ah !!! »
Mais Sylvie ne rit pas. Sa mère l’inquiète.
Elle a toujours été fantasque, mais depuis quelque temps, elle multiplie les installations incongrues un peu partout dans la maison. Et elle interdit qu’on y touche !
La pire, qui broie le cœur de Sylvie, est qu’elle a posé les vieilles pantoufles de son père en plein milieu du vestibule, pour le cas où « il se déciderait à rentrer ».
-« Maman, s’il te plaît, ce sont des folies, tu le sais bien, pourquoi fais-tu tout
cela? »
-« Mais, ma chérie », dit Isabelle avec l’air malicieux qu’elle avait autrefois quand elle leur avait préparé un bon gâteau ou concocté une surprise, « je fais mes
bagages, tu vois bien »…

179 – Le carton des défis / Ecridelle

Ce samedi, je suis allé fouiller dans le grenier de Lilou ! Chut !!
Elle ne le sait pas.
J’ai trouvé un carton rempli de photos anciennes qu’elle garde jalousement
pour nous proposer ses défis !!
Celle çi est bien floue mais je me demande quel secret elle renferme donc !
Qui a déposé ce foulard clair et soyeux , sur ce tas de livres anciens, usés par le temps mais sentant si bien l’odeur du papier et de l’encre…
Impossible d’en lire les titres et c’est vraiment mystérieux !
Seule un réveil sur ses deux pieds révèle seize heures, ou bien quatre heures du matin, on ne sait pas en fait…
Je ne vois rien d’autre sur la photo ancienne.
Je ne vois pas du tout ce que sont ces cinq objets posés sur l’étagère devant le réveil ! Cela pourrait être des balles de tennis mais elles me paraissent grandes
Des boutons de porte, des escargots séchés !! Houlala, l’imagination travaille !
J’en profite pour jeter un œil sur les autres photos, mais dès que je les touche
hop hop elles deviennent transparentes !! J’ai compris !
La Lilouette, elle à le pouvoir d’escamotage !
Tu touches, tu disparais !! Vaindiou !!
Je ne m’attarde pas et vite je lui envoie ces mots.
Bien sur, elle saura que j’ai fouillé son carton des défis, mais tant pis
je ne tiens pas à disparaître de la liste des participants !!
Et puis je n’ai rien vu alors !!!