Silencieux et peu amical,
Assis à l’ombre d’un platane,
Bernard a ouvert son journal
Ignorant les passants qui flânent
Pour lui c’est une certitude
Les nouvelles ne sont pas bonnes
Il le sait, il a l’habitude,
Il n’y a plus rien qui l’étonne
Les faits divers, la politique,
Les événements dramatiques,
Les problèmes économiques, …
Et parfois un acte héroïque
Il ne croit plus en l’avenir
Les hommes sont devenus fous
Ils ne savent pas se conduire
Autrement que des loups garous ?
Pourtant s’il lâchait son journal
Et regardait autour de lui
Il verrait que tout n’est pas mal
Et douce peut être la vie
Au soleil, le chien fait la sieste
Les orangers ont refleuri
Les oiseaux ne sont pas en reste
Sifflotant une mélodie
Sous le ciel d’azur, ce matin
Il ne subit pas d’injustice,
Tous les jours il mange à sa faim,
Personne ici n’est au supplice…
Mais il n’a pas encor compris
Que le bonheur ça se mérite
Et qu’il ne peut être accueilli
Avec la mine déconfite
Nécessaire est l’information
Mais en prenant des précautions
Car vivre par procuration
N’est pas la bonne solution
Alors il ne tient qu’à Bernard
De faire tout simplement le choix
De mieux orienter son regard
Pour ressentir un peu de joie









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