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Il fait beau ce matin,
Vite debout, en chemin !
Le soleil est levé,
La grotte est éclairée.
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Dans sa tête une idée
D’puis longtemps a germé :
Sur les murs dessiner
Avec noir de fumée .
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Des mammouths, des rhinos,
Des cerfs et des chevaux,
Des aurochs, des bouqu’tins,
Des ours et des félins,
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Des symboles et des mains,
Des triangles pubiens,
Le dessin d’un volcan,
D’végétaux éléments.
.
Dessiner au grattoir,
Raconter leur histoire.
Laisser trace de la vie
Pour des temps infinis.
Catégorie : participations
190 – La grotte Chauvet – François
Découverte par trois spéléologues,
La grotte de Chauvet,
Sera une merveille pour archéologue,
En raison des découvertes révelées.
Située près du pont d’arc en Ardèche,
Dans ce site un millier de peintures,
Auxquels s’ajoutent des gravures,
Témoignent d’une vie rupestre,
Datant de plus de vingt-cinq mille ans,
Où s’entassent des os,
Et des dessins d’animaux,
Cet art préhistorique redevenait vivant.
Il était pratiqué au fusain par grattage,
Avec des restes de bois partis en fumée,
Les ombres relevaient d’estompages,
Habilement dessinées.
Pour la protéger des dégâts,
Dues aux immanquables visiteurs,
Il été construit à côté de sa petite sœur,
Une réplique parfaite à quelques pas.
191 – La grotte Chauvet – Laura
Pardonne-moi de ne pas être allée à la grotte Chauvet
Pardonne-moi de ne pas être allée à chaque fois dans l’Est
Pardonne-moi de ne pas être allée dans le Nord ceette-fois là
Pour la Grotte Chauvet
J’ai comme souvenir de ma défection: un marque-page
Bien peu pour moi qui aime l’art pariétal entre autres
L’est : mon est, leur est, notre est
J’y suis né, y ai vécu, je l’ai parcouru
Nous l’avons parcouru dont cet été là
Le nord: tu y es né, nous y avons vécu
Le nord-est: nous nous y sommes connus
Nous y avons vécu, l’avons parcouru
Pardonne-moi de ne pas être allée à la grotte Chauvet
Pardonne-moi de ne pas être allée à chaque fois dans l’Est
Pardonne-moi de ne pas être allée dans le Nord ceette-fois là
Les lieux, les paysages comme état de l’âme[1]
La souffrance dite mais pas entendue
La difficulté d’être avec les uns, l’amour des autres
Les uns ne donnent plus de nouvelles
Les autres continuent à sévir
Les plus aimant sont partis
Tu es mort parce que tu as parcouru
Tous ces lieux pour les autres
Y compris ceux qui te rendaient si mal
Pardonne-moi de ne pas être venue
Cette dernière fois, je n’ai pas entendu
Cru ta souffrance alors que j’écoutais
Celle de ceux qui m’aiment si mal
Pardonne-moi de t’avoir survécu
Pardonne-moi de ne pas être allée à la grotte Chauvet
191 – nuit de galère au Paléolithique Supérieur – Lilou

Trois heures que je suis accroupie dans la suie, et franchement, j’ai les genoux en miettes. Le chef m’avait dit : « Fais-nous un truc spirituel, qui claque, pour la cérémonie de demain. » Résultat ? Je me bats avec une paroi calcaire qui a décidé de boire tout mon charbon de bois.
Regardez-moi ce désastre. Le premier cheval à gauche a une tête de poney dépressif. Je voulais lui donner un air majestueux, il a juste l’air de se demander s’il a éteint le feu de camp avant de partir. Et les rhinocéros… Parlons en. J’ai complètement loupé la perspective du deuxième. On dirait qu’il essaie de doubler l’autre par la droite dans un embouteillage de mammouths. C’est lourd, c’est pataud, ça manque cruellement de finesse. Et puis, cette idée de génie de superposer dix lions au même endroit… Qu’est-ce qui m’a pris ? On dirait un tas de chats qui se disputent une place au soleil, l’agressivité en plus. Le clan va encore crier au génie mystique, s’extasier sur « l’énergie brute de la meute » alors que j’ai juste essayé de cacher un raté sur une corne de bison.
Le pire, c’est la lumière. Avec cette satanée lampe à graisse qui fume, j’ai l’impression de peindre avec des moufles. Si ça se trouve, dans vingt mille ans, des types vont analyser ça avec des technologies de pointe en se demandant quel rituel chamanique se cache derrière mon coup de pinceau. Si seulement ils savaient que j’avais juste hâte de finir pour aller manger mon steak de renne et me coucher… Une chose est sûre, demain, je signe de ma main droite en bas de la fresque, et je pose un congé sabbatique.
191 – de très lointains ancêtres – J.Libert
À la lueur vacillante de leur torche
De très lointains ancêtres ont inscrit dans la roche
Non pas leur nom car ils ne savaient pas écrire
Mais nombre de dessins à nommer sans faillir
Des troupeaux de chevaux galopent sur les murs
Tandis que les lions cachent leur proie en lieu sûr
Les lourds rhinocéros et les mammouths laineux
Affrontent leurs rivaux en un combat haineux.
Un jour, la nature ferma l’entrée de la grotte
Et plus possible de retrouver la porte
Sous la montagne, les dessins protégés du vent
De la pluie et des humains, demeurèrent vivants.
Pendant des millénaires, elle resta cachée
Avec ses trésors, aux yeux de l’humanité
Découverte par des scientifiques passionnés
La nouvelle émerveillera le monde entier.
Alors, pour ne pas risquer de les abîmer
Une réplique de la grotte sera crée
Ces œuvres, les plus anciennes de l’humanité
sans crainte, par les visiteurs, sont admirées.
191 – La petite fille des temps anciens / An Maï
Étendue sur sa couche d’herbe sèche, couverte d’une fourrure d’auroch,Ehi Sha se détend un peu en
repensant à tout ce qu’elle a appris aujourd’hui :
cueillir les baies comestibles dans les buissons piquants, remplir une outre d’eau et la ramener sans en renverser une goutte, tanner les peaux que les anciennes assembleront pour en faire des vêtements… Tout cela en guettant le moindre bruit furtif annonçant l’approche d’une bête sauvage assoiffée de sang. Oubliant un instant ses craintes, elle sent le sommeil la gagner.
Près d’elle, Sha Rah, sa mère, respire mieux. La toux qui lui déchire la poitrine jour et nuit, semble vouloir se calmer. La bouche grande ouverte, elle ronfle si fort que c’en est rassurant. Elle n’est pas la seule à faire du bruit. Il y a aussi ceux qui parlent en rêvant, ceux qui se tournent et se retournent en grognant sur leur couche parce qu’ils ne peuvent dormir à cause de ceux qui s’accouplent bruyamment. Il y a Ouhm Rah, la plus ancienne du clan, qui psalmodie en veillant sur le feu. Il y a les nourrissons qui geignent contre leur mère…Tous ces sons autour d’elle, c’est la vie !
Avant de fermer les yeux, elle regarde les parois sombres de la caverne faiblement éclairées par les braises rougeoyantes du foyer dans lequel Ouhm Rah remet du bois de temps à autre. Les dessins qui l’ornent sont si beaux ! Ils racontent les chasses qui ont vu périr tant d’hommes vaillants, jeunes et moins jeunes. Elle reconnaît le renne, le cheval, le bison ou l’auroch. Il y a d’autres animaux dont elle ne sait pas le nom. Il y a aussi des traces de mains.
Beaucoup sont celles des chasseurs. Combien de ces empreintes sont celles de disparus ?
Dans un petit coin connu d’elle seule, il y a les siennes. En voyant faire les grands, elle aussi a voulu laisser une trace pour se souvenir de l’avènement de son septième cycle. Nées du reflet des flammes, des ombres mouvantes dansent sur les sombres rochers redonnant la vie à ces animaux tués et mangés depuis longtemps.
Apaisée, Ehi Sha s’endort enfin.
(Un court extrait de mon roman «Les rêves d’Élisa», remanié pour la circonstance)
191 – Le cri de la grotte – Marie Sylvie
Je suis entrée dans la grotte comme on entre dans un rappel à l’ordre.
Un rappel venu de plus de 35 000 ans en arrière
D’un temps où l’être humain savait encore marcher sans détruire ce qu’il touchait.
Ici
Les lions
Les chevaux
Les bisons ne sont pas des trophées :
Ils sont des maîtres.
Et l’homme lui n’était qu’un invité.
Dans cette obscurité vibrante
J’ai senti une vérité brutale :
La préhistoire n’était pas primitive …
C’est nous qui le sommes devenus.
Eux vivaient avec la terre
Pas contre elle.
Ils prenaient
Oui
Mais seulement ce qu’ils pouvaient rendre.
Ils gravaient la pierre pour remercier
Pas pour posséder.
Ils savaient que la survie dépendait de l’équilibre
Pas de la conquête.
Et pourtant cette humanité-là a disparu.
Balayée par le climat
Par les bêtes
Par la fragilité même de la vie.
Mais jamais par sa propre arrogance.
Nous en revanche…
Nous avançons comme si la catastrophe était un fantasme.
Nous creusons
Nous brûlons
Nous plastifions
Nous bétonnons
Jusqu’à ce que la terre elle-même se perde derrière un voile de ●fumée.
Nous vivons comme si la planète était un décor de théâtre que l’on peut changer entre deux actes
Comme si la terre nous appartenait
Alors que nous ne sommes même pas capables de la respecter.
En sortant de la grotte j’ai eu honte.
Honte de nos villes qui étouffent le ciel.
Honte de nos océans qui étouffent sous nos déchets.
Honte de cette civilisation qui se croit supérieure alors qu’elle a oublié l’essentiel :
La vie n’est pas un droit
C’est un prêt.
La Grotte Chauvet n’est pas un musée :
C’est un avertissement.
Un message laissé par ceux qui savaient encore écouter le monde.
Un message que nous refusons d’entendre
Trop occupés à courir vers notre propre effondrement.
Alors j’ai murmuré dans le silence :
《 Nous avons trahi la terre.
Mais il n’est pas trop tard pour redevenir humains. 》
191 – Après mures réflexions – Jakpit
Bien assise dans mon fauteuil moelleux, je fais face à mon ordinateur comme une héroïne face à son destin.
Aujourd’hui, je pinaille, je ratiocine, je calcule, je peste…
Impossible de pondre un tableau. où je serais magistralement assise, le regard questionneur, les mains jointes :
Un simple tableau.
Je pourrais demander de l’aide à l’IA…
Mais non.
Fierté mal placée, orgueil ancestral,
Je veux y arriver seule,
Alors j’ouvre
Paint.NET.
Puis Gimp.
Puis Inskape.
Puis Photoshop.
Puis Photofiltre.
Puis… ma patience se désinstalle toute seule.
Toujours pas de Joconde à mon image.
À croire que même Léonard aurait tout laissé tomber en voyant ma souris trembler.
Pendant ce temps, mon ordinateur consomme de l’énergie, et émet du CO2 à chaque soupir que je pousse.
On dirait qu’on réchauffe la planète à deux, lui et moi, en parfaite complicité.
Je suis désabusée, dégoûtée, désespérée…
Ah… être au temps des Aurignaciens de la Grotte Chauvet ! Eux, au moins, pas de logiciels, pas de mises à jour, pas de “Erreur 404 : inspiration introuvable”.
Juste des mains, du charbon, et une envie furieuse de dessiner des lions qui n’existent plus.
Mais soudain je réfléchis.
S’ils maîtrisaient si bien la combustion du bois… N’est‐ce pas eux, finalement, qui ont lancé le premier barbecue planétaire, et ouvert la voie au réchauffement climatique ?
Il n’y a pas de fumée sans feu !
On accuse nos ordinateurs, mais peut‐être que tout a commencé avec un Aurignacien qui a soufflé un peu trop fort sur la braise.
191 – Un bond en arrière – Jill Bill
Si t’avais connu
L’homme de Chauvet…
C’était au temps où
Bruxelles brusselait…… !?
Oh bien bien loin de là mon ami
Au coeur de la préhistoire
Grotte pour logis
Et le dessin pour décor
Une mine d’or que l’art paléolithique,
Un musée sous-terrain
Au patrimoine mondial de l’Unesco !!
Chauvet et nos ancêtres artistes
Les animaux y sont rois
Point de Joconde et compagnie !
La préhistoire et son histoire
Gravée sur parois rocheuses
Preuves « vivantes »
De ce que fut leur quotidien
Chasseurs dans l’âme…
J’imagine ce qui cuisait dans la « marmite » ;
Viande d’auroch, de rhinocéros, de cervidé,
A se partager avec les lionnes……
Eh oui la loi du plus fort
Pour vivre, survivre !
2026, on se plaint de tout
No comment !
190 – Cap au grand large / Lilou
Une latitude oubliée sur un vieux planisphère,
Trois éclats d’énergie au fond d’une théière,
Un désir farouche de tout voyager,
Deux boussoles affolées qui ne savent plus chasser,
Un grand vent de changement qui décoiffe les idées,
Une étoile filante attrapée au filet,
Quatre points cardinaux qui se courent après,
Une immense liberté qui refuse d’être encagée,
Un équateur de soie pour ceindre la terre,
Des terres inconnues qu’il reste à conquérir, Un sourire secret en guise de trésor,
Et un raton laveur qui regarde le nord.


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