je vous donnerai le dernier sujet 195 de la saison le 11 juillet ; vous aurez un mois pour composer vos textes.
La reprise est prévue pour le 15 août avec le sujet 196 !

je vous donnerai le dernier sujet 195 de la saison le 11 juillet ; vous aurez un mois pour composer vos textes.
La reprise est prévue pour le 15 août avec le sujet 196 !

le mot facultatif : départ


À la terrasse du café,
À l’ombre du parasol,
Ils sont là pour se délasser,
Au café « le Bristol ».
Trois cacahuètes,
Posés dans une soucoupe,
Un amour pour conter fleurette,
Et des sentiments qui chaloupent,
Aidés par deux petits verres anisés
Où baigne des glaçons.
Ils boivent cette boisson prisée,
En partageant des émotions.
À quoi bon s’exposer à la chaleur,
Quand on s’aime à l’abri du soleil,
Devant un verre blond comme le miel
N’est-ce pas là le bonheur ?
Le dimanche est un drôle de jour. On l’attend toute la semaine et, une fois arrivé, on se demande ce qu’on va bien pouvoir en faire. Surtout lorsqu’il fait un soleil insolent et que personne n’a eu la bonne idée de vous inviter à déjeuner.
Première décision : s’habiller. Pas n’importe comment. Le dimanche mérite mieux que le vieux survêtement qui a connu trois confinements et deux couches de peinture. Non, aujourd’hui, c’est robe à bretelles. Bleue, de préférence. Le bleu fait des miracles : il donne bonne mine, inspire confiance et fait croire qu’on revient de vacances. La robe sera suffisamment courte pour laisser respirer les mollets, mais pas assez pour provoquer un embouteillage sur le trottoir. L’élégance, c’est l’art de laisser travailler l’imagination des autres.
Ensuite, il faut un chien. Le vôtre si vous avez eu la bonne idée d’en adopter un. Sinon, empruntez celui de votre vieille voisine. Elle vous bénira, le chien aussi. À défaut, poussez la porte de la SPA. Qui sait ? Vous y trouverez peut-être un compagnon à quatre pattes aussi esseulé que vous. Deux solitudes qui se rencontrent, c’est souvent le début d’une belle histoire. Et, entre nous, un chien vous regarde toujours avec davantage d’admiration qu’un être humain.
Vous voilà partis. Le chien devant, vous derrière. C’est lui qui décide de l’itinéraire ; inutile de lutter. Chaque réverbère mérite une expertise olfactive approfondie. Chaque platane raconte une histoire. Quant au pipi réglementaire, il se fera dans le caniveau. Nous sommes des gens civilisés.
Marchez sans but. Les dimanches n’aiment pas les programmes. Ils préfèrent les détours. Respirez les lilas, ou, s’il n’y en a pas, respirez quand même : l’imagination est un parfum gratuit.
Et puis, comme par enchantement, apparaît une terrasse de café. Il y en a toujours une qui vous attend. Les parasols font semblant de protéger du soleil, les habitués refont le monde pour la huit millième fois et un enfant tente d’escalader un lampadaire sous les protestations maternelles. C’est rassurant : certaines scènes résistent au temps.
Installez-vous. Un jus de pomme avec une paille. Oui, une paille. Parce qu’il n’y a pas d’âge pour boire en faisant des bulles, même si l’on évitera de le faire devant les voisins de table. Laissez le chien observer les pigeons avec des rêves de chasseur contrarié.
Et maintenant… attendez.
Le dimanche est le seul jour où il peut encore se passer quelque chose sans qu’on l’ait prévu. Un inconnu qui sourit. Une vieille chanson qui passe à la radio. Un bouquet de fleurs qu’on n’ose pas vous offrir. Une conversation qui commence par : « Il est gentil, votre chien ! »
Même si le chien n’est pas le vôtre.
Finalement, le dimanche, ce n’est peut-être pas le jour du Seigneur ; c’est celui des possibles.
Cannelle peut se souvenir
Du paysage de la terrasse familiale, où elle ne se souvient pas d’avoir mangé ni bu quoique ce soit
Du paysage de la terrasse de la ville de naissance. où elle guettait la venue du beau brun qui ressemblait à Étienne Daho
Nombreuses terrasses
Avec son défunt mari
Sa première terrasse, se sa première fois au bord de la méditerranée
La terrasse de la brasserie Georges à Lyon, où ils se donnaient rendez-vous.
La terrasse d’où il virent le feu d’artifice de la nouvelle année sur le Bosphore
La terrasse du café, hors de prix à Venise
La terrasse des Deux Garçons à Aix-en-Provence.
Des terrasses de café à deux.
Le partage dans un lieu
Deux regards. Deux mains.
Ça lui manque oui
Mais elle sait être seule. Sur leurs paysages de terrasses ou sur de nouveaux paysages de terrasse. Se souvenir oui, mais en vivre d’autres. Comme celle d’ Eduardo Ungar que nous propose Mil et une encore cette semaine.
Mil et une encore n’est-il pas une terrasse de café où on parle d’écriture en mangeant des mots et en buvant des silences.
Le verre est encore tiède sur le bord de la table.
Il garde le souvenir brillant du soleil, obstiné, alors que tout le reste a déjà compris que quelque chose a mal tourné.
Une paire de lunettes noires gît à côté, retournée, comme si elle refusait de regarder la scène.
Sous les parasols verts et jaunes, la lumière s’est figée : un instant suspendu, presque poli par le silence.
Et sous les « Attends. Pas ça. Trop tard. »
La chaise bascule lentement, figée dans un angle impossible.
La nappe respire encore sous l’effet d’un mouvement qui n’existe plus.
En mode activé : gauche sur nappe, droite sur destin.
Quelques feuilles de salade collent au tissu comme des confettis verts mal élevés.
Une serviette roulée en boule a glissé au sol, gardant une forme de dignité disproportionnée pour un objet textile témoin d’un chaos domestique.
BAM.
Table.
Collision.
Dieu que ce monde est instable.
Un ventre pense très fort.
L’air sent la vinaigrette, mais pas celle qu’on annonce sur les cartes.
Une odeur trop honnête, trop insistante, comme si quelque chose avait décidé de s’exprimer sans demander la permission.
Sans aucun plan.
Juste à l’instinct.
Les lunettes de soleil reposent au centre de la table, parfaitement inutiles dans cette lumière devenue nerveuse.
Elles reflètent un monde légèrement déformé, à la manière de Sunshades (1992) d’Eduardo Ungar – sauf qu’ici, le soleil a perdu le sens de l’humour.
Une assiette vide raconte une histoire qui ne tient plus dans ses bords.
Il reste juste quelques traces de vert, comme une preuve mal effacée.
Le serveur, immobile, tient encore le carnet vide – comme si la commande s’était effacée du monde.
Stylo suspendu.
Cerveau mode reboot.
Et puis le silence, satisfait, s’assoit enfin correctement sur la scène…
juste après que le chien a terminé.
Les vacanciers étaient venus chercher un refuge ombragé sur la terrasse du café « Les Voiliers ». C’était un après midi d’été parfait, de ceux où la chaleur enveloppe tout dans une douce torpeur, incitant à la paresse, à la décontraction totale.
Au-dessus des petites tables rondes où ils s’étaient installés, seul ou par groupe de deux ou trois, claquaient doucement de larges parasols enveloppants, à rayures jaunes et vertes. Sous l’effet d’une brise marine salvatrice, ils ne laissaient passer qu’une clarté tamisée et fraîche.
Ce décor aux couleurs vives, hardiment tranchées, aux personnages ronds et potelés, respirait une bonhomie naïve. Presque tous tournaient le dos à la mer dont le scintillement trop vif aurait blessé la vue. On entendait ou plutôt on devinait seulement le murmure régulier, lancinant, des vagues venant s’échouer le long de la jetée.
À une table, au premier plan, une femme seule, en robe bleue, courte et légère, porte cigarettes entre les doigts, ébauchait une conversation avec l’homme au pull orange qui cachait un bouquet surprise derrière son dos.
À sa gauche, un couple restait coi devant les exploits de leur fils qui prenait le réverbère pour une corde lisse tandis que, derrière elle, plusieurs randonneurs, les yeux rivés sur une carte de la région, préparaient une prochaine excursion.
Enfin, au loin, au niveau d’un bassin d’eau, deux femmes, en maillot de bain, allongées sur le dos, se doraient au soleil.
Le serveur zigzaguait, avec agilité, entre les tables, portant un plateau chargé de glaces multicolores et de boissons pétillantes.
Le temps semblait suspendu. Dans l’air, flottait un parfum d’iode et de café chaud. Sur cette terrasse, il n’y avait plus que le présent, le bruit du ressac, la fraîcheur de l’ombre et le goût sucré des vacances.
Sous les parasols de la toile
Il y a cette manière étrange qu’ont les couleurs de retenir le temps.
Le vert et le jaune s’y étalent comme des promesses de chaleur
Des promesses de lenteur.
Les silhouettes
Rondes et pleines
Semblent faites de la même matière que les après‑midi d’Été :
Un mélange de soleil
De paresse
De conversations qui tournent en rond sans jamais s’épuiser.
On dirait que le peintre a voulu capturer l’instant juste avant qu’il ne glisse
Juste avant qu’il ne s’efface.
Un monde où rien ne presse
Où même le serveur
Figé dans son pas de côté
Devient un personnage de théâtre
Un acteur immobile dans une pièce sans fin.
Et chaque fois que je regarde cette toile
Je revois mes trajets en tramway
Place de la République.
Le Mans défilait derrière la vitre
Mais la place
Elle
Semblait toujours m’attendre.
Toujours la même lumière
Toujours les mêmes ombres sous les parasols des cafetiers.
Et surtout
Toujours les mêmes étudiants de Technopole Université
Échappés de leur quartier trop sage
Trop silencieux
Trop neuf pour offrir autre chose que des salles de cours et des trottoirs vides.
Ils disaient s’ennuyer là‑bas
Dans ce morceau de ville qui ressemblait à une parenthèse sans phrase.
Alors ils prenaient leurs voitures
Ou le tramway
Et venaient s’installer place de la République comme on s’installe dans une histoire qui ne demande rien.
Je les aurais imaginés à la Médiathèque
Penchés sur des livres
Ou flânant dans les librairies
Cherchant des pages à ouvrir
Des mondes à explorer.
Mais non …
Ils préféraient la terrasse
Ce refuge de lumière où l’on peut exister sans effort
Où l’on peut se laisser porter par le simple fait d’être là.
À chacun de mes passages quotidiens
J’avais l’impression d’un arrêt sur image.
Le tramway avançait
Mais eux restaient.
Toujours aux mêmes tables
Toujours dans les mêmes vêtements
Toujours avec les mêmes consommations.
Un café crème
Un soda
Un verre d’eau
Un sourire qui ne change pas.
Comme si la ville les avait peints
Comme si elle avait décidé de les garder dans une boucle de jeunesse immobile.
Ils étaient les personnages d’un tableau que je traversais sans jamais y entrer
Une scène répétée à l’infini
Un morceau de vie qui ne vieillissait pas.
Et moi
Dans le tramway
Je devenais spectatrice.
Je voyais le bouquet derrière le dos d’un garçon
Prêt à être offert
Ou peut‑être jamais donné.
Je voyais le petit chien attaché à son pot de fleurs
Fidèle gardien d’un instant qui ne bouge pas.
Je voyais les tables rondes
Comme des îlots de chaleur
Des cercles où l’on se raconte des choses qui n’ont pas besoin d’être importantes pour exister.
Aujourd’hui
En regardant cette toile de Eduardo Ungar
Je comprends que ce ●souvenir n’était pas seulement une scène répétée.
C’était une manière pour la ville de me dire que certains instants ne cherchent pas à avancer.
Ils se contentent d’être là
Posés comme des couleurs épaisses
Comme des parasols immobiles.
Et moi je les ai traversés sans les déranger
Comme on traverse un tableau sans y laisser d’ombre.
Comme il est dit dans la chanson
« Chaque jour je prends du bon temps »
Et quand arrive la saison
Les vacanciers en font autant
Sûr, ils profitent du soleil
Mais recherchent aussi le frais
Qui favorise leur sommeil,
En quête de l’accord parfait
Alors ils oublient les soucis
Et tentent de se faire plaisir
Pour un extra, à petits prix,
Qui leur donnera le sourire
À l’abri sous des parasols
Qui éclatent sur les terrasses
Tels des bouquets de tournesols
Ils viennent savourer des glaces
Puis à la pêche aux souvenirs
Ils admirent les paysages
Flemmardent, bronzent à loisir
En lézardant le long des plages
Les enfants font châteaux de sable
Que les marées de l’océan
Vont balayer, impitoyables,
Par la force de leurs courants
Ils construisent alors des remparts
Luttant très courageusement
Mais les vagu’s ruinent leurs espoirs
Qui deviennent sable mouvant
Les grands-parents, à la retraite,
Les regardent en souriant
Les pieds nus dans les vaguelettes
Marchant sur les rives du temps
Et moi je flâne au bord de l’eau
Observant tous ces vacanciers
L’esprit joyeux sous mon chapeau
Au cœur de ce nouvel été
Je me dis que j’ai de la chance
De vivre ici toute l’année
Que chaque jour j’ai du bon temps
Et m’efforce de l’apprécier
Rappelle toi mon ami, mon vieux copain d’enfance, de ce baiser sur ta joue déjà ronde. Nous avions passé l’après midi à jouer au Monopoly avec mon frère et ta sœur. Tu guignais l’Avenue des Champs-Élysées et la Rue de la Paix. Je tes les avais soufflées sous le nez. Tu m’en avais tellement voulu que ça avait fait rire les autres ! Énervé plus que de raison, tu avais balayé cartes et pions d’un revers de main rageur avant de quitter la table et d’aller bouder tout seul dans ton coin. Nous n’étions que des gosses mais ce souvenir reste gravé dans ma mémoire, tout comme celui de notre réconciliation avec ce baiser sur ta joue et ces mots de consolation que je t’avais murmurés à l’oreille :« Promis Jacquou, la prochaine partie je te les laisse !»
Nous avons grandi Jacques ! Les rondeurs toi et moi, nous les avons prises de partout. Mais qu’importe que les années nous aient changés, jusqu’à aujourd’hui, nous sommes parvenus à rester les meilleurs amis du monde. Oh ! Comme je voudrais que rien ne change ! Assise à la terrasse du Grand Café, sous l’un des parasols jaune et vert qui la fleurissent, je t’ai vu arriver, ton bouquet de fleurs caché dans le dos. Je sais ce que tu mijotes mon vieux pote ! Je sais que tu crèves d’envie d’entamer avec moi une partie d’un tout autre genre que celles qui nous rassemblaient autour d’une carte de Monopoly.
Depuis bien des jours, crois-moi, j’ai capté tous les signaux que tu m’envoies ! Déjà, quand tu étais môme, tu ne savais pas dissimuler tes sentiments !
Mon cher Jacquou, comment te dire sans te blesser que ce que tu rêves d’emporter et qui est pour toi tellement plus important que l’Avenue des Champs-Élysées et la Rue de la Paix réunies, tu ne l’obtiendras pas. Notre amitié m’est précieuse, la perdre me ferait énormément souffrir ! Pourtant, je crains que cette fois, aucun baiser sur ta joue ronde, ne puisse en recoller les morceaux quand je t’aurai dit ce qu’assurément, tu ne souhaites pas entendre. Cigarette à la main, assise à cette table devant le verre que je m’apprêtais à siroter, je t’observe du coin de l’œil. Tu es si prévisible mon vieil ami, que j’entends déjà ce que tu veux me dire ! Et je vais t’arrêter avant que tu ne le fasses ! Je le dois au souvenir sacré de notre amitié d’enfance. J’ai quelqu’un dans ma vie alors Jaques, même si ça doit te briser le cœur, il faut que tu acceptes le fait que nous ne serons jamais rien d’autre que de vieux amis.
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