sujet 176 – semaine du 28 février au 07 mars

avec le mot facultatif : silhouette

Paul Delvaux

Paul Delvaux, né le 23 septembre 1897 à Paul Delvaux, né le 23 septembre 1897 à Antheit (Belgique) et mort le 20 juillet 1994 à Furnes, est un peintre post-impressionniste, expressionniste puis surréaliste belge.

C’est en découvrant un tableau de Giorgio De Chirico que Delvaux a la « révélation » du surréalisme (1934). Sans jamais adhérer au mouvement, il commence une série d’œuvres d’une unité si profonde que n’importe lequel de ses tableaux se reconnait au premier coup d’œil.

Les thèmes récurrents de l’œuvre de Delvaux se caractérisent par la représentation de femmes dénudées, d’hommes habillés en costume et d’éphèbes dans une attitude hiératique et figée au sein d’un paysage ou d’un milieu urbain tout aussi figé. (Belgique) et mort le 20 juillet 1994 à Furnes, est un peintre post-impressionniste, expressionniste puis surréaliste belge.

C’est en découvrant un tableau de Giorgio De Chirico que Delvaux a la « révélation » du surréalisme (1934). Sans jamais adhérer au mouvement, il commence une série d’œuvres d’une unité si profonde que n’importe lequel de ses tableaux se reconnait au premier coup d’œil.

Les thèmes récurrents de l’œuvre de Delvaux se caractérisent par la représentation de femmes dénudées, d’hommes habillés en costume et d’éphèbes dans une attitude hiératique et figée au sein d’un paysage ou d’un milieu urbain tout aussi figé.

175 – Sur le banc… /Annick

Sur un banc…

Sur un banc je me suis posée
Quel grand bonheur que d’admirer
C’que Dame Nature dans sa bonté
Nous offre ici…tout en beauté

Au bord de l’eau…sur le chemin…
Au creux des bois…ici…au loin…
Elles s’offrent à nous elles nous sourient
Tout en couleurs ces fleurs jolies

Petits pétales en collerette
Sans oublier son grand coeur d’or
L’est toute simple la pâquerette
Mais si fidèle qu’elle plaît encore

D’un joli mauve tout en douceur
L’est bien jolie cett’ petite fleur
Quelques pétales tout juste ouverts
Sur un beau coeur tout grand offert

L’est toute jaune à peine éclose
Sous le soleil elle brille tant
Et sur nos coeurs elle dépose
Tout en douceur un beau moment

Sur un banc je me suis posée
Quel grand bonheur que d’admirer
C’que Dame Nature dans sa bonté
Nous offre ici…tout en beauté

Ses plumes blanches sont toute douces
Et savamment il les nettoie
Majestueux cygne les pousse
Pour que toujours elles chatoient

Au fil de l’eau elles se baladent
Belles bernaches en promenade
Déploient leurs ailes et batifolent
Avant qu’au loin elles ne s’envolent

Un petit moment de repos
Pour une monture couleur marron
Ce beau cheval fera cadeau
Au promeneur d’une excursion

Au bord de l’eau…sur mon chemin…
Au creux des bois…ici…ou loin…
Immobile je me suis posée
Pour un moment sérénité.

175 – Il a quitté son banc/ François –

On ne le verra plus immobile,
Pendant des heures, assis sur son banc,
Lui qui était peu volubile,
Il aimait regarder les poissons blancs.

Un jour, il s’est défilé habile,
Pour un autre lieu flamboyant,
En quittant cette pension de malvoyant,
Tant il était éloigné de son idylle.

Au bord du lac la banquette resta vide,
Quand il disparut, les pensionnaires livides.
Pensait au plus grand des malheurs.

Sans savoir qu’il avait rejoint sa belle aimée,
Pour le plus grand de ses bonheurs.
Qui aurait pu le blâmer ?

175 – la fable du ban et du lac – Lilou

Le Ban-cale et le Lac-tique

Au bord d’un pré tranquille reposait un ban-cale,
Un banc un peu penché, mais fier de sa morale.
Face à lui s’étendait un lac lisse, critique,
Si calme en apparence… mais souvent lac-tique.

« Je soutiens les passants », disait le ban-cale,
« Je porte leurs soupirs, leurs rêves en rafale.
Toi, tu restes immobile, étalé, dramatique. »

Le lac, miroir profond, répondit lac-tique :
« Immobile, dis-tu ? Je reflète le monde.
Sans moi, ta gloire sèche ne serait qu’ombre ronde.
Si tu penches un peu, si ton pied ban-cale,
C’est que tu crains mon œil clair et magistral. »

Piqué, le banc grinça : « Je ne suis pas bancal ! »
Mais déjà son reflet tremblait dans le canal.
Car au moindre frisson, au moindre vent qui tique,
Le fier ban-cale doutait devant le lac-tique.

Alors ils comprirent, dans le silence oblique :
L’un soutient les corps, l’autre soutient l’optique.
Et même immobile, chacun a son rôle unique.

Morale :
Quand le ban-cale s’obstine et que le lac-tique critique,
Le reflet rappelle à tous qu’un peu d’équilibre s’impose…
Sinon le banc cale, et le lac tique.

175 – Tirade – Vegas sur Sarthe

Réflexions
Trop longtemps sur la berge planté, pensif et viellissant, on pourrait dire bien
des choses en somme… Tenez, par exemple


Poétique:
Ô combien d’amoureux, de rencontres d’un soir
sur mes commodités ont su se laisser choir


Cornélien:
Nous partîmes cinq cent du dépôt Ikea
(mais par un coup du sort)
je suis seul rescapé au pied des nymphéas


Aviné:
Ai-je trop abusé du kir, du blanc-cassis ?
Non, ça n’est qu’un reflet nommé l’effet Narcisse


Bergeraquien:
Que dis-je, c’est un trône, un lieu cérémonial
où fier comme Artaban siège un fessier royal


Pieux:
Quand sonne l’angelus priant sur l’accoudoir
le bedeau fatigué balance l’encensoir


Amoureux:
A grands coups de canif, à la postérité
il a gravé leurs noms: Eugène et Maïté


Latiniste:
A force d’accueillir tant de culs malveillants
C’est «A posteriori» que je deviens payant.

175- Le banc solitaire – An Maï

Le banc solitaire


Il est seul, immobile devant son reflet
Il attend le passant qui viendra se poser
Le simple promeneur ou l’amoureux transi,
Le vieillard fatigué par le temps qui s’enfuit…


C’est un vieux banc usé, tristement solitaire
Q’on vienne s’y asseoir, voilà ce qu’il espère,
Mais il ne peut rien faire qu’attendre et attendre…
C’est un vieux banc de bois qui sent son cœur se fendre…


Et son reflet dans l’eau, aussi triste que lui
Ne le console pas de son mortel ennui !
Pas plus que ne le fait le murmure du vent
Qui ne ride que peu le miroir de l’étang.


Or voilà que soudain un joyeux bruit l’enchante
Des cris, des voix d’enfant… C’est la fin de l’attente
Heureux il tend les bras. « Venez ! » Semble-t-il dire.
Tandis que son reflet de joie tremble et s’étire

175 – L’évasion mobile – Marie Sylvie

Je regarde ce banc comme on regarde un seuil.
Il ne mène nulle part et pourtant il ouvre.
Il est posé là
Fragile
Un peu de travers
Comme si le monde l’avait sculpté sans vraiment y penser.
Et moi immobile depuis tant d’années
Je sens en lui une invitation silencieuse.

Je ne marche plus mais je contemple.
Et dans cette contemplation quelque chose se déplace.
L’eau devant moi ne bouge presque pas.
Elle retient la lumière
La retourne
La transforme.
Elle me montre un paysage que je ne peux plus atteindre
Mais que je peux encore habiter.

Je laisse mon regard glisser sur la surface
Comme on laisse une main suivre le grain du bois.
Je sens la lenteur du monde
Sa respiration profonde
Sa manière de continuer sans bruit.
Et dans cette lenteur je me reconnais.

Je ne suis pas sortie depuis des années
Mais je n’ai jamais cessé d’être traversée par le dehors.
Il entre par les images
Par les souvenirs
Par cette soif intacte de sentir la terre
Même de loin.

Je m’assieds en pensée sur ce banc.
Je sens son équilibre précaire
Sa force discrète
Sa fidélité au lieu.
Il ne promet rien.
Il ne demande rien.
Il est là simplement.
Et moi aussi je suis là.

Dans cette immobilité partagée
Je découvre une forme de paix.
Une paix qui ne ressemble pas à la résignation
Mais à une écoute.
Une paix qui me dit que je peux encore être présente
Même sans mouvement.

Je reste un moment
À regarder l’eau
À écouter le silence
À laisser le monde venir jusqu’à moi.
Et je comprends que l’évasion n’est pas toujours un départ.
Parfois elle est une ouverture.
Un espace intérieur qui s’élargit
Telle une fenêtre qu’on entrouvre pour laisser entrer un peu d’air.

Je ne marche plus
Mais je contemple.
Et dans cette contemplation
Je me sens vivante.

175 – Le vieux banc de bois – J.Libert

Après le repas, les soirs d’été, Séverine descendait dans le champ d’à côté. Elle allait s’asseoir sur le vieux banc de fortune qui se reflétait dans les eaux d’une grande mare irisée par le soleil couchant.
Pendant de longues minutes, elle restait là, immobile, paisible, comme en contemplation, se reposant
des travaux du jour, à la ferme.
Le soleil déclinait à l’horizon et les bruits de la vie s’estompaient. Bêtes et gens s’apprêtaient au repos
de la nuit tandis que les vents tièdes transportaient des odeurs de foin coupé.
Séverine semblait s’assoupir. Ses mains jointes sur sa robe noire à fleurettes, son chapeau de paille à larges bords dissimulant la moitié de son visage, lui donnaient un air de nonne en prière ou en adoration.
Mais il ne fallait pas s’y tromper. Séverine veillait. Quand 22 heures sonnait à la vieille église du village, elle relevait la tête, ôtait son chapeau en attendant de le suspendre, en rentrant, au crochet, placé près de la porte de la salle commune.
Aujourd’hui, le banc de bois déserté, est resté en place. Tous les ans, à la date anniversaire de Séverine,
un ou une anonyme y dépose un bouquet de marguerites…

J. Libert

175 – Le banc des souvenirs – Tarval

Assise sur un banc, immobile, une vieille femme,
Le regard perdu, le visage triste,
M’aborde gentiment alors que je passe devant elle,
Me demandant si je peux l’aider à retrouver son chemin.
Je m’asseye près d’elle, et lui propose de la raccompagner,
Mais elle ne sait plus où elle habite,
Et elle commence alors à me raconter l’histoire de ce banc,
Où elle a rencontré son mari il y a de cela soixante ans.
Elle avait alors vingt ans, et elle aimait flâner dans les parcs,
S’installer sur un banc et observer les oiseaux, le paysage,
Et emmenait souvent un livre, qu’elle dévorait le temps d’un après-midi,
En profitant du soleil et de la nature.
Un jour, assise sur ce banc, un homme passe et la regarde,
Il continue son chemin puis revient sur ses pas,
Et ose lui demander s’il peut s’asseoir près d’elle.
Perplexe, elle finit par accepter. C’est un jeune homme, avec un charme certain,
Il doit avoir dans les vingt-cinq ans et il est grand et athlétique,
Ce qui ne lui déplaît pas.
Ils commencent à discuter, et se découvrent beaucoup de points communs,
Il est très intéressant, agréable et malgré son physique, d’une grande humilité.
L’après-midi se passe, il est temps de rentrer.
Il lui propose de la raccompagner, et elle accepte.
Ils se reverront sur ce banc pendant de nombreux jours,
Avant qu’il ne l’invite à dîner,
Et suite à cette superbe soirée, il lui avoua qu’il voulait partager sa vie avec elle,
Qu’elle était celle qu’il attendait, qu’il envisageait de l’épouser.
Il lui fit cette déclaration sur ce banc,
Et sans hésiter, elle lui dit oui,
Deux mois plus tard ils étaient mariés.
Elle n’a jamais regretté cette décision, elle a aimé son mari d’un amour fort,
A eu trois beaux enfants et a vécu heureuse.
Malheureusement, il a été emporté par un cancer il y a trois mois,

Et depuis, le vide l’habite, et rien n’y fait, il lui manque.
Soixante ans de vie commune, c’est la meilleure preuve d’amour qu’il soit.
Je l’ai écouté avec attention, son histoire m’a ému,
Et maintenant je dois trouver un moyen de la ramener chez elle.
Heureusement, elle a un téléphone, avec lequel je peux appeler un de ses enfants,
Qui va venir la chercher, il sait où elle est, et il l’héberge chez lui depuis le départ de son père.
Je suis rassurée, elle est bien entourée, et j’attends avec elle sur ce banc,
Qui lui rappelle tant de souvenirs.

175 – Reflets – Fredaine

Je m’y assois encore, j’y rêve encore, là immobile, comme absente à ce qui se déroule autour de moi. Tant de temps s’est écoulé depuis les premières fois, celles où j’étais encore trop petite pour juste m’y asseoir et où j’employais toute mon énergie, toute ma volonté pour y grimper.
Une fois installée là-haut, j’avais le sentiment d’être sur le toit du monde ; je voyais loin, de l’autre côté du lac, je suivais sur l’onde le voyage des nuages me racontant tant d’histoires que je pourrais aujourd’hui en faire un livre. Les enfants aiment se raconter des histoires. Je m’agenouillais pour essayer d’apercevoir mon reflet dans l’eau, l’opération était risquée mais l’insouciance de mon jeune âge me donnait toute l’inconscience nécessaire pour une telle opération. Là, penchée sur l’eau, ce n’est pas la fillette que j’étais dont j’apercevais le reflet ; ce reflet était celui d’une héroïne de contes de fées et, bien sûr, j’étais une fée.


Aujourd’hui, plus demi-siècle s’est écoulé. Je viens encore m’y asseoir même s’il manque quelques rondins au banc de mon enfance. Je n’ai plus besoin de m’agenouiller ni de mepencher pour apercevoir mon reflet. Je sais que je ne suis pas sur le toit du monde, je sais aussi que je ne suis pas une fée. Je ne suis plus le voyage des nuages et je crains même d’avoir du mal à me raconter des histoires. Quand je me penche, j’aperçois la petite fille que j’étais, celle aussi qui a grandi et qui venait s’asseoir là avec son père toujours à veiller à ce que rien de grave n’arrive à l’oisillon téméraire que j’étais. J’aperçois aussi leur reflet des années
plus tard quand devenue adulte, c’est moi qui lui prenais la main pour qu’il ne tombe pas.