201 – sous les orangers – François

Les arbres de l’orangerie sont sortis,
Après avoir passé l’hiver au chaud,
Ils sont dans le parc où il fait beau.
La chaleur est ainsi amortie.

Un homme est plongé dans sa lecture,
A l’ombre, une femme s’occupe,
Profitant de cette nature,
L’ambiance est calme et sans dispute.

Pas besoin d’être une héroïne,
Pour vivre dans ce décor,
Où une ambiance douce, sublime,
Se détache sans désaccord.

Caillebotte a mis sa famille en scène,
Au premier plan son frère,
Zoé sa nièce se détache sans peine,
L’artiste a fixé un moment éphémère.

200 – en attendant l’amourette – François

Dans une main un panier,
Pour assurer les accrochages.
Massifs et réguliers,
De graines, de boulettes avant leurs largages.

Elles sont toutes les deux assises,
Sur un rocher au bord de l’étang,
La canne et l’éprouvette étant de mise,
Pour cette pêche qu’elles aiment tant.

Elles cherchent à ferrer l’amour blanc,
Cette carpe herbeuse asiatique,
Dont le format peut être grand,
Qui exige force et technique.

Non, elles n’attendent pas les violons de l’amour,
Une rencontre, une amourette !
Mais elles viennent pêcher comme toujours,
L’amour blanc, leur conquête.

199 – filatures en crise – François

Si j’en crois mes aïeux,
Ils me disaient toujours dans le temps :
« Les hivers étaient froids et neigeux,
Il fallait bien se couvrir tout le temps.

On n’était pas riche pour acheter des vêtements,
On se couvrait pour se réchauffer.
Il fallait bien envelopper nos corps sûrement,
Si on ne voulait pas geler sur pied ».

Et puis, les décennies passant,
Sous le double effet de l’industrialisation,
De la chaleur, du coût des vêtements,
Ont fait rétrécir leurs évolutions

Aujourd’hui, on se demande,
Pourquoi porter des vêtements ?
La canicule freinant la demande
Le nudisme peut altérer les mœurs du temps.

Regardez dans les filatures,
On peut constater depuis longtemps,
Une profonde crise qui dure,
Rapport au changement climatique, évidemment !

198 – Ma machine à laver – François

Lorsque j’étais célibataire,
Égaré dans la capitale,
Elle m’avait dit, ma mère,
« Je te conseille, en bonne provinciale,
D’acheter une petite machine à laver,
Il y a eu une qui est épatante,
Ton porte-monnaie n’en sera pas percé,
Et tu feras des lessives triomphantes ».

Je l’ai achetée, elle était toute bleue,
Mes vêtements étaient correctement lavés.
Mais son bruit dérangeait un peu
Mes voisins, qui en avaient assez.

Qu’importe, elle m’avait rendu service,
Ils n’allaient pas pour autant appeler la police.

Près de trente ans, je l’ai gardée,
En vacances, on l’utilisait,
Une prise électrique nous suffisait.

Un jour, la cuve s’est fêlée,
Et partout où l’eau ne pouvait que couler.
Alors je m’en suis débarrassé.
Mais ma petite Calor, je l’ai bien aimée.

194 – A la terrasse du café – François

À la terrasse du café,
À l’ombre du parasol,
Ils sont là pour se délasser,
Au café « le Bristol ».

Trois cacahuètes,
Posés dans une soucoupe,
Un amour pour conter fleurette,
Et des sentiments qui chaloupent,

Aidés par deux petits verres anisés
Où baigne des glaçons.
Ils boivent cette boisson prisée,
En partageant des émotions.

À quoi bon s’exposer à la chaleur,
Quand on s’aime à l’abri du soleil,
Devant un verre blond comme le miel
N’est-ce pas là le bonheur ?

193 – les enfants au parapluie – François

Après avoir traversé Annemasse
Avant de rejoindre la Suisse,
Elle se sentit un peu lasse.
Attirée par un magnifique édifice,
Elle fit étape à Ville la Grand.

L’Église Mammès et son campanile.
Furent à ses yeux très surprenants.
Du village, du haut de ses talons aiguilles,
Elle n’était pas indifférente.

Le jardin des amours fit son bonheur,
Pour une statue en bronze de deux enfants.
Elle eut un véritable coup de cœur.

Elle s’appelait « Les enfants au parapluie ».
Était-ce des frères et des sœurs,
Qui semblaient enlacés pour se protéger de la pluie ?
Son sculpteur ne nous l’a pas dit,
Christian Maas, il s’appelle.

Ce bronze était là, pour défier la pluie,
Avec ses beaux aplombs la statue était belle.
Elle témoignait du climat,
Qui règne en Haute Savoie.
Après l’avoir vu, elle fera quelque pas,
Et vers, la Suisse tracera sa voie.

192 – Tu n’y monteras pas – François

Dans ma cabane, tu ne monteras pas,
Parce qu’elle n’a pas d’escalier,
Autour d’un arbre, elle est attachée,
Sa corde pour monter, tu ne l’auras pas.

À mes pieds au ballon, tu peux jouer,
Avec plaisir, je te le renverrai.
Si dans mon arbre, il vient se percher,
Après l’avoir décroché.

Moi, j’adore rester perché,
De mon abri. En planche,
Surtout, ne viens pas me chercher,
Je veux être seul le dimanche.

Le dimanche, comme tu le sais,
Je le passe dans ma cabane,
Je ne cesse de te le ressasser,
Inutile que tu me chicanes.

Alors dès le samedi soir, j’y vais,
Pour passer la nuit, c’est là mon défi,
Et au matin bien réveillé
De ta présence, je fais fi.

190 – La grotte Chauvet – François

Découverte par trois spéléologues,
La grotte de Chauvet,
Sera une merveille pour archéologue,
En raison des découvertes révelées.

Située près du pont d’arc en Ardèche,
Dans ce site un millier de peintures,
Auxquels s’ajoutent des gravures,
Témoignent d’une vie rupestre,

Datant de plus de vingt-cinq mille ans,
Où s’entassent des os,
Et des dessins d’animaux,
Cet art préhistorique redevenait vivant.

Il était pratiqué au fusain par grattage,
Avec des restes de bois partis en fumée,
Les ombres relevaient d’estompages,
Habilement dessinées.

Pour la protéger des dégâts,
Dues aux immanquables visiteurs,
Il été construit à côté de sa petite sœur,
Une réplique parfaite à quelques pas.

190 – Le navigateur – François

Calculer sa latitude,
Par rapport aux étoiles,
Calculer sa longitude,
Pour positionner sa voile,
C’est naviguer en toute sûreté
En rendant possible le changement,
Et ce, en toute liberté.

C’est un cardinal mouvement,
Qui libère tant d’énergie,
Vers des espaces à conquérir,
En dehors de toutes léthargie.

Voyager devient un trésor en devenir,
Peut-être avez-vous passé l’Équateur,
Si oui, c’est un baptême pour vous, navigateur.

189 – Le bal du rond-point – François

C’est le bal du village,
Ils dansent sur le rond-point,
La musique est bien sage,
Un slow arrive à point.

Dans leurs étranges habits,
Ils sont là, collé, collé,
Dans de bizarres acabits
Grandement bien accolés.

Autour d’eux, point de verdure,
Que des façades de maisons,
Ils n’ont que des voitures,
Pour seul et unique horizon.

Le public est absent,
Qu’importe, ils sont figés,
Ils n’ont rien d’indécent,
Immobiles et enlacés.

Alors, au lieu de tourner sur eux-mêmes,
On tourne autour du rond-point,
Pour se dire tout de même,
Ces statues, on les voit de loin.