183 – Miss Tic et ses pochoirs / François


J’ai bien connu Miss-tic, jadis,
Elle sortait dans la nuit profonde,
Avec ses pochoirs et sa bombe.
Pour peindre des dessins poétiques.


Au début, elle a eu des ennuis,
Mais sur la Butte-Aux-Cailles elle fut appréciée,
Ses œuvres sur les murs étaient réclamées avec envie.
C’était la poétesse de rue de grande notoriété.


La femme y était représentée,
Avec sa chevelure noire et rouge,
Défendant la cause féminine avec volonté.
Et son émancipation pour que tout bouge.


La critique sociale elle pratiquait. Cynique
Elle parlait des jeux de l’amour,
Le Calembour s’inscrivait dans sa pratique.


Très forte est l’œuvre que nous a laissée Miss-tic
Elle demeure dans tous nos souvenirs.
Dans le fond d’art de la ville de Paris,
Et au Victoria Albert Muséum aussi.


Effectivement, elle est partie pour rester.
En disant,
Je ne veux pas laisser de traces et ne fais que passer.
Maintenant,
On peut voir, sur ses pochoirs.
L’émergence d’un street-art qu’il ne faut pas laisser choir.

183 – Son cheval s’est enfui / François


Il avançait sous son chapeau,
Triste, touché par le chagrin, le cœur gros,
Il avait un lien charnel avec son cheval,
Lequel s’est enfui, ce n’était pas banal.

Il s’adressa alors à des chasseurs,
Du chaouvre, ils dégustaient
En buvant du champagne de bon cœur,
Un peu chavirés, ils ne voulaient pas être dérangés.

La démarche qui chaloupe, en deux mots
L’un lui dit tout haut esprit chafouin
Il est allé ailleurs manger du foin,
En faisant griller sa viande au chalumeau.

182 – Salvador Dali, un génie / François –

Le Grand Salvador Dali,
Du haut de ses moustaches rocambolesques,
Avec ses pinceaux, il décrivait la folie.
Dans toute son œuvre picaresque,
En faisant de lui un génie.

Il a su dépasser le mouvement,
Révolutionnaire du surréalisme,
En pratiquant l’outrance posément.
Avec du réel et une vision rarissime.

Chez lui, tout relève d’une énigme,
Qui peut dépasser le personnage qu’il est,
Le fou c’est l’autre, il en voit les signes.
Ainsi, sa paranoïa est affirmée.

Ici, comme dans toutes ses œuvres,
Il a la maîtrise de la perfection onirique,
Avec des visions déformées toutes neuves,
Son pinceau est guidé par une étonnante technique.

Dans ses peintures ses fantasmes ont trouvé place,
Qui ne demande qu’à vos yeux de trouver grâce.

181 – La buveuse d’absinthe/ François –

Elle connaît une grande solitude,
Bercé par la mélancolie,
Qui révèle son attitude,
Perdue dans ses rêveries.

C’est la buveuse d’Absinthe,
D’armoise amère ou l’herbe au vert*,
Qui a su la rendre si éteinte,
Égaré dans son triste univers.

Elle est là, devant son verre,
Absente du monde réel,
Perdue dans ses mystères.
Dans son imaginaire artificiel.

180 – Un cadeau d’anniversaire/ François –

L’hiver vient de partir.
A l’exception de grand-mère,
Deux piétons ont pu se dévêtir,
Sans pour autant que leur tenue soit légère.

Avec son fils, la grand-mère,
Vient d’acheter un cadeau,
Pour fêter l’anniversaire,
Du petit fils Arnaud.

Il est en âge de jouer aux petites autos,
En espérant qu’il appréciera,
L’an dernier il avait eu un château,
Après avoir peu joué, il le délaissa.

Ce n’est pas facile de choisir pour des parents,
Il faut comprendre ce que veut l’enfant

179 – Dans un coin oublié/ François –

Je suis monté dans mon grenier,
Et là, dans un coin oublié,
Recouvert de poussières.
J’ai retrouvé le livre de ma mère.

J’étais à côté d’un carton,
Qui contenait un caneton,
Un bateau en villégiature.
Et de vieilles voitures.

Les ouvrages étaient érodés,
Et surtout bien fatigués.
Peut-être mangés par quelques champignons,
C’étaient de très vieilles éditions.

Sur la tranche, je pouvais lire,
Quelques lettres d’un titre que je ne peux vous dire,
Le temps ayant fait son office,
Peu lisibles, étaient les polices.

Face à ce savoir, je me suis gardé,
D’essayer de le toucher,
Cela m’a fait beaucoup de peine,
Peu protégé, j’ai respecté des règles d’hygiène.

178 – Comment devenir ornithologue/ François –

Un très vieux forgeron,
Qui joue sur son enclume,
Regarde un oiseau au brun ailerons.
Qui frappe de son bec, une grume.
Ils se dit saperlipopette,
Cela ressemble à un Pic-vert,
Le printemps, avec son renouveau, est en fête
Nous voilà sortis de l’hiver.
Quand il vit arriver dans son miroir,
Le gros camion du livreur.
Portant livre, « Devenir ornithologue en un soir ».
Ce qui le fit danser de bonheur.

Des photos d’oiseaux comme des mosaïques
Y étaient reproduites par centaines.
La représentation du sien était stoïque,
Il l’a vite reconnue sans peine.

Alors, profitant d’un jour de pluie,
Il lit l’ouvrage acheté pour deux-pistoles,
Pratiquement jusqu’à la nuit.

177 – Prendre son temps/ François –

Les jolies vacances,
Passées dans des roulottes,
Et les voilà en partance
En ce temps de Pentecôte.

Avec un train de sénateur,
Ils avancent sur la route,
Les chevaux font office de tracteur,
Formant des bouchons à la chaine sans doute.

Ils ont un regard sur la plage,
En profitant du beau temps,
Ainsi va leur attelage,
Mais les automobilistes sont mécontents.

Ils ne peuvent pas les doubler,
Ils perdent beaucoup de temps.
Les moteurs commencent à chauffer,
Dans leur esprit naissent des tourments.

Il n’est pas loin le temps,
Où l’on verra la colère exploser,
Les vacances c’est prendre son temps,
Sans prendre le temps des autres d’un air blasé.

176 – La femme et l’éphèbe/ François –

Dans un décor gris bleuté,
Une rue s’ouvre sur la ligne d’horizon,
Les ombres portées signent une séparation,
L’ambiance s’impose comme feutrée.

Un éphèbe vraisemblablement,
Y est présent en toute nudité,
La solitude semble être à sa portée,
Sa silhouette est une beauté visiblement.

L’ombre d’un arbre passe par un miroir,
Au pied d’un portemanteau,
Qui vous laisse entrevoir,
Un féminin, très beau chapeau.

Pour l’éphèbe ce couvre-chef,
Est le symbole restant de la féminité,
Pour lequel il n’a pas un regard bref,
Pour la femme au bout de l’ombre portée.

Magnifique, figé devant une table,
Elle le sait qu’elle n’a rien à attendre,
De ce jeune homme rien n’est concevable,
Renfermée, frustrée elle peut comprendre.

Ainsi, Paul Delvaux avec ses œuvres,
S’affirme comme un peintre surréaliste,
Ses sujets sont dans un décor minimaliste,
Où le non-dit fait partie du chef-d’œuvre.

175 – Il a quitté son banc/ François –

On ne le verra plus immobile,
Pendant des heures, assis sur son banc,
Lui qui était peu volubile,
Il aimait regarder les poissons blancs.

Un jour, il s’est défilé habile,
Pour un autre lieu flamboyant,
En quittant cette pension de malvoyant,
Tant il était éloigné de son idylle.

Au bord du lac la banquette resta vide,
Quand il disparut, les pensionnaires livides.
Pensait au plus grand des malheurs.

Sans savoir qu’il avait rejoint sa belle aimée,
Pour le plus grand de ses bonheurs.
Qui aurait pu le blâmer ?