180 – Un cadeau d’anniversaire/ François –

L’hiver vient de partir.
A l’exception de grand-mère,
Deux piétons ont pu se dévêtir,
Sans pour autant que leur tenue soit légère.

Avec son fils, la grand-mère,
Vient d’acheter un cadeau,
Pour fêter l’anniversaire,
Du petit fils Arnaud.

Il est en âge de jouer aux petites autos,
En espérant qu’il appréciera,
L’an dernier il avait eu un château,
Après avoir peu joué, il le délaissa.

Ce n’est pas facile de choisir pour des parents,
Il faut comprendre ce que veut l’enfant

179 – Dans un coin oublié/ François –

Je suis monté dans mon grenier,
Et là, dans un coin oublié,
Recouvert de poussières.
J’ai retrouvé le livre de ma mère.

J’étais à côté d’un carton,
Qui contenait un caneton,
Un bateau en villégiature.
Et de vieilles voitures.

Les ouvrages étaient érodés,
Et surtout bien fatigués.
Peut-être mangés par quelques champignons,
C’étaient de très vieilles éditions.

Sur la tranche, je pouvais lire,
Quelques lettres d’un titre que je ne peux vous dire,
Le temps ayant fait son office,
Peu lisibles, étaient les polices.

Face à ce savoir, je me suis gardé,
D’essayer de le toucher,
Cela m’a fait beaucoup de peine,
Peu protégé, j’ai respecté des règles d’hygiène.

178 – Comment devenir ornithologue/ François –

Un très vieux forgeron,
Qui joue sur son enclume,
Regarde un oiseau au brun ailerons.
Qui frappe de son bec, une grume.
Ils se dit saperlipopette,
Cela ressemble à un Pic-vert,
Le printemps, avec son renouveau, est en fête
Nous voilà sortis de l’hiver.
Quand il vit arriver dans son miroir,
Le gros camion du livreur.
Portant livre, « Devenir ornithologue en un soir ».
Ce qui le fit danser de bonheur.

Des photos d’oiseaux comme des mosaïques
Y étaient reproduites par centaines.
La représentation du sien était stoïque,
Il l’a vite reconnue sans peine.

Alors, profitant d’un jour de pluie,
Il lit l’ouvrage acheté pour deux-pistoles,
Pratiquement jusqu’à la nuit.

177 – Prendre son temps/ François –

Les jolies vacances,
Passées dans des roulottes,
Et les voilà en partance
En ce temps de Pentecôte.

Avec un train de sénateur,
Ils avancent sur la route,
Les chevaux font office de tracteur,
Formant des bouchons à la chaine sans doute.

Ils ont un regard sur la plage,
En profitant du beau temps,
Ainsi va leur attelage,
Mais les automobilistes sont mécontents.

Ils ne peuvent pas les doubler,
Ils perdent beaucoup de temps.
Les moteurs commencent à chauffer,
Dans leur esprit naissent des tourments.

Il n’est pas loin le temps,
Où l’on verra la colère exploser,
Les vacances c’est prendre son temps,
Sans prendre le temps des autres d’un air blasé.

176 – La femme et l’éphèbe/ François –

Dans un décor gris bleuté,
Une rue s’ouvre sur la ligne d’horizon,
Les ombres portées signent une séparation,
L’ambiance s’impose comme feutrée.

Un éphèbe vraisemblablement,
Y est présent en toute nudité,
La solitude semble être à sa portée,
Sa silhouette est une beauté visiblement.

L’ombre d’un arbre passe par un miroir,
Au pied d’un portemanteau,
Qui vous laisse entrevoir,
Un féminin, très beau chapeau.

Pour l’éphèbe ce couvre-chef,
Est le symbole restant de la féminité,
Pour lequel il n’a pas un regard bref,
Pour la femme au bout de l’ombre portée.

Magnifique, figé devant une table,
Elle le sait qu’elle n’a rien à attendre,
De ce jeune homme rien n’est concevable,
Renfermée, frustrée elle peut comprendre.

Ainsi, Paul Delvaux avec ses œuvres,
S’affirme comme un peintre surréaliste,
Ses sujets sont dans un décor minimaliste,
Où le non-dit fait partie du chef-d’œuvre.

175 – Il a quitté son banc/ François –

On ne le verra plus immobile,
Pendant des heures, assis sur son banc,
Lui qui était peu volubile,
Il aimait regarder les poissons blancs.

Un jour, il s’est défilé habile,
Pour un autre lieu flamboyant,
En quittant cette pension de malvoyant,
Tant il était éloigné de son idylle.

Au bord du lac la banquette resta vide,
Quand il disparut, les pensionnaires livides.
Pensait au plus grand des malheurs.

Sans savoir qu’il avait rejoint sa belle aimée,
Pour le plus grand de ses bonheurs.
Qui aurait pu le blâmer ?

174 – Au musée/ François –

À Hong Kong, au musée de l’Histoire,
Vous pouvez découvrir,
Des reconstitutions à la gloire,
De scènes néolithiques, pour vous servir.
`
Elles sont le témoignage précis d’une époque,
Reconstituées de nos anciens ancêtres,
Avec leur manière de vivre sans équivoque,
A leur façon, ils savaient être.

À cette époque ils maîtrisaient le feu,
En l’argile faisait des contenants,
Cuite dans un four au mieux,
Pour transporter l’eau et les aliments.

La présence d’un four les clouait dans un lieu.
Dans ces sociétés matriarcales la femme régnait
Pendant que les hommes chassaient,
Pour permettre de manger un peu,

D’autres salles dans ce musée,
Sont des témoignages multiformes,
Qui par leurs figurines exposées.
Témoignent de certitudes conformes !

173 le pain de sucre de lisette / François –

Il esquissa un gélasin,
Le pauvre débonnaire,
Il s’était fait tancer, enfin,
Comme guénuche qui avait cessée de plaire.

La mélenchère le poursuivait,
Il reçu un mot doux patarafe,
Messéance ce qu’il avait fait,
Plamotter est-ce une gaffe ?

Plutôt pétoffe était son action,
Il s’est fait embabouiner, c’est bête,
En déposant sur la blachette,
Le pain de sucre de Lisette.

Dans un recoin obscur / François –

Une musique discrète,

Avec pour instrument un piano,

Accompagné d’une clarinette,

Égrainent un adagio.

Une table contre un mur,

Dans une salle de bistrot,

Dans un recoin obscur.

Des bols sont mis en dépôt.

Il y a du café pour vous ravitailler,

Du lait chocolaté.

Des contenants sont ainsi posés,

Pour que vous puissiez déjeuner.

Ici, l’on vous sert, ces liquides,

Accompagnés d’ une paille.

C’est la patronne qui décide,

Ce que vous mangez sans faire ripaille.

Quatre bols, quatre bouts de pain,

Un peu de confiture d’abricots.

Votre ventre ne sera pas rempli, c’est certain.

Allant au labeur, après avoir déjeuné au bistrot.