190 – Le navigateur – François

Calculer sa latitude,
Par rapport aux étoiles,
Calculer sa longitude,
Pour positionner sa voile,
C’est naviguer en toute sûreté
En rendant possible le changement,
Et ce, en toute liberté.

C’est un cardinal mouvement,
Qui libère tant d’énergie,
Vers des espaces à conquérir,
En dehors de toutes léthargie.

Voyager devient un trésor en devenir,
Peut-être avez-vous passé l’Équateur,
Si oui, c’est un baptême pour vous, navigateur.

190 – Désespoir d’opprimé – Ecridelle

Il avait cessé de regarder les cartes depuis longtemps.
La latitude ne lui disait plus rien, pas plus que les points cardinaux qu’on lui avait appris à suivre.
Tout ça appartenait à un monde qu’il avait quitté sans se retourner.
La nuit, seule une étoile persistait. Il ne savait même pas si elle existait vraiment ou si son esprit l’avait inventée pour ne pas sombrer. Mais c’était suffisant pour continuer à voyager, avancer, fuir peut-être.
L’énergie qui le portait n’avait plus rien de lumineux. C’était une tension sourde, presque violente, qui grondait sous sa peau. Quelque chose qu’il ne contrôlait plus. Il avait cru pouvoir conquérir sa vie, la plier à ses choix, mais il s’était trompé. On ne conquiert rien. On survit, au mieux.
Il avait traversé l’équateur comme on franchit une ligne invisible, en espérant que tout changerait de l’autre côté. Mais rien n’avait changé. Ou plutôt, si : lui.
Le trésor qu’il cherchait n’existait pas.
Ou pire… il existait, et il savait maintenant qu’il n’y aurait jamais accès.
Alors il continua d’avancer, sans direction, sans liberté réelle,
avec pour seule certitude ce changement silencieux qui l’éloignait
chaque jour un peu plus de ce qu’il avait été.
Ainsi vit il toujours dans ce peuple opprimé, et l’espoir s’est envolé,
il a baissé les bras, il n’en peut plus de se battre contre des moulins à vent.

190 – La vie des mots / Annick

Les mots sont tendres ou anodins,
Ils sont douceur ou baratin.
Les mots se cachent et font courir,
Il faut alors les conquérir.
.
Parfois épris de liberté,
Donnent le frisson, font voyager,
De longitude en latitude
Et de l’équateur jusqu’au sud.
.
Les mots entourent, nous impressionnent,
Ils viennent de loin, en nous résonnent.
Parfois s’envolent ou se renversent,
Ou bien s’inscrivent et nous transpercent.
.
Sont inestimables trésor,
Mettent des étoiles aux yeux, pléthore.
Point cardinal d’un écrivain,
Ne se dévoilent jamais en vain.
.
Offrent changement, donnent énergie,
Ils sont alors vraie thérapie.
Soignent le cœur, ouvrent la vie,
Ils sont l’En~Vie, ils sont la Vie !

190 – Le pélerinage – Marie Sylvie

Il marcha longtemps sans savoir vraiment où il allait.
La ●latitude importait peu :
Ce n’était pas une question de géographie
Mais de cœur qui s’ajuste.

Au-dessus de lui une ●étoile veillait.
Pas une étoile brillante
Non
Une étoile discrète
Patiente
Celle qui n’éclaire que ceux qui acceptent de lever les yeux.

Il avait décidé de ●voyager
Non pour accumuler des paysages
Mais pour apprendre à écouter ce qui
En lui
Demandait la ●liberté.

Chaque pas lui donnait une ●énergie nouvelle
Comme si la terre elle-même lui soufflait :
《 Continue. Tu es sur ton axe. 》

Il découvrit alors qu’il existe en chacun un point ●cardinal
Un nord intérieur qui ne trompe jamais.
Ce nord-là ne montre pas une direction
Il montre une vérité.

Sur le chemin il trouva un ●trésor.
Pas un objet
Pas une richesse
Mais un battement.
Un souffle.
Une présence.
Un trésor vivant
Qui ne se possède pas
Qui se reçoit.

Il traversa son propre ●équateur
Cette ligne invisible où l’on cesse d’être celui d’hier
Pour devenir celui qui ose.

Il comprit alors qu’il n’y avait rien à ●conquérir
Sinon la paix de marcher à son propre rythme.

Et le ●changement vint
Non comme un orage
Mais comme une lumière qui s’élargit.
Une lumière qui dit simplement :
《 Tu es arrivé.
Tu peux continuer.
Le chemin est en toi. 》

190 – Voyage, voyage – J.Libert

Quitter le port guidé par une étoile
Le vent de la liberté dans les voiles
Briser la routine et les certitudes
Là bas, sous une autre latitude.

Franchir l’équateur, ligne imaginaire
Voyager longtemps au-delà des mers
Non pour conquérir des temples de pierres
Mais aborder des rives sans frontières

Le point cardinal est à l’horizon
Et la boussole en perd la raison
Une intense énergie défie le vent
pousse alors le navire en avant.

Saisir le changement comme une chance
Et vivre l’inconnu comme une danse
Le plus beau trésor n’est pas d’or brillant
Mais d’ouvrir en nous des horizons plus grands.

190 – La Question Majuscule – Jill Bill

Qu’importe la latitude
L’étoile que nous suivrons
Où j’irai iras tu….. !?

Ah voyager, avec toi
En toute liberté…
En naturiste même
Avec l’énergie de nos envies
A faire rougir un cardinal
Peu catholiques, tant pis
A chacun son trésor
Son mode de vie
De l’équateur à………. l’infini
Apprivoiser plutôt que conquérir
Prête pour ce changement………. !?

Bon, tu veux ou tu veux pas
Si tu veux pas j’en f’rai pas une maladie
Mais réponds-moi non ou bien oui….

A l’aventure elle a choisi un banquier !

J’irai seul sur la banquise, na !

189 – Le bal du rond-point – François

C’est le bal du village,
Ils dansent sur le rond-point,
La musique est bien sage,
Un slow arrive à point.

Dans leurs étranges habits,
Ils sont là, collé, collé,
Dans de bizarres acabits
Grandement bien accolés.

Autour d’eux, point de verdure,
Que des façades de maisons,
Ils n’ont que des voitures,
Pour seul et unique horizon.

Le public est absent,
Qu’importe, ils sont figés,
Ils n’ont rien d’indécent,
Immobiles et enlacés.

Alors, au lieu de tourner sur eux-mêmes,
On tourne autour du rond-point,
Pour se dire tout de même,
Ces statues, on les voit de loin.

187 – Le Chœur des Trajectoires / Lilou


Ils sont nés de la terre et du silence, plantés là où le monde court. Autour d’eux, la ville gronde, virevolte et s’impatiente dans le ressac incessant des moteurs. Le bitume tourne en rond, les vies défilent à la hâte, mais au centre du manège, le temps a perdu sa course.

On l’a baptisé le carrefour des chemins, mais leur secret est plus grand : ils sont les gardiens des élans suspendus.

Là où tout passe, eux demeurent. Ils célèbgent l’instant rare où deux solitudes s’interrompent. Il y a la ferveur des mains tendues vers le ciel, comme un appel ou une prière partagée. Il y a la douceur d’un visage qui trouve son refuge dans le creux d’une épaule, et ce tête-à-tête immobile, si dense qu’il efface le gris des façades et le tumulte des boulevards.

Chaque jour, des milliers de regards glissent sur leurs silhouettes d’argile sans vraiment les voir. Pourtant, ils offrent à la ville son plus beau miroir. Ils murmurent aux passants pressés que derrière chaque pare-brise, derrière chaque destin en transit, bat le même besoin viscéral : celui de s’arrêter, enfin, et de trouver son port d’attache dans les bras d’un autre.

189- Alors ils dansent… / Annick

Là, sur chaque jour ordinaire,
Trois amies et leur partenaire,
Sur un rond point d’verdure couvert,
Dansent en rond pour nous satisfaire.

Dans leur regard, intensité,
Par la danse ils sont envoûtés.
Une passion, la nuit, le jour,
Qui les enflamme depuis toujours.

Trois couples, trois styles,
Mais une unité modern-style !
Lors, dans un délire d’arabesques,
Offrent un spectacle gigantesque.

La danse vit, ils vivent la danse,
Ils semblent être en état de transe !
Un spectacle à couper le souffle
Qui vient nous happer, nous essouffle.

Un moment extraordinaire
Que chacun vit à sa manière,
Un moment fort, riche d’émotions,
Qui, de nos sens, prend possession.