179- Les cartons que la vie n’a pas pu voler / Marie Sylvie

Dans la cave de ma vie
Il y avait des cartons lourds
Trop lourds pour quatre étages sans ascenseur
Trop précieux pour être ouverts à la hâte.
Je les avais déposés là
Comme on dépose un trésor dans un lieu sûr
En me disant :
《 Je les monterai plus tard. 》

Un jour pourtant
On a cambriolé mon appartement comme si quelqu’un savait
Que je n’avais pas encore défait mes cartons
Que ma vie tenait encore dans ces boîtes empilées entre deux murs neufs.
Ils ont pris ce qui était visible
Ce qui pouvait se revendre
Ce qui fait croire que l’on possède quelque chose.

Mais dans la cave il restait mes vrais trésors :
Mes écritures poétiques
Mes cahiers où j’avais rangé ma vie
Mes dessins faits au crayon lorsque je n’avais pas encore de téléphone
pour capturer le monde.
Là étaient mes albums
Mes photographies sans appareil
Mes mémoires écrites à la main
Pour ne pas disparaître.

Alors j’ai compris que les voleurs n’avaient pris que des objets.
Ils n’avaient pas touché à ce qui me tenait debout.
Ils n’avaient pas trouvé les cartons de la cave
Ceux qui battent encore doucement tel un cœur de papier
Car rien n’a vraiment été perdu.

Ce que j’ai écrit
Ce que j’ai rêvé
Ce que j’ai dessiné
Reste vivant dans les plis du temps.
Ils ont volé des choses
Mais ils n’ont pas pu voler ma vie.
Elle était déjà ailleurs :
Dans mes mots
Dans mes cartons intérieurs
Que personne ne pourra jamais ouvrir sans moi.

179 – Mot carton /Jak

C’est le grand chamboulement dans ma vie.

Mes ans ne me permettent plus de rester seule, aussi j’ai pris mes marques dans une jolie résidence senior où j’ai écrit pour retenir une place.
Il faut faire vite car il y a beaucoup de demandes Toutes ces années vécues avec passion ont accumulé beaucoup, beaucoup trop, de choses et d’objets. et il me faut faire mes cartons. Aujourd’hui, j’essaie d’attribuer le contenu de ma bibliothèque qui, il faut l’avouer, est en surcharge. Les étagères doivent souffrir en silence.

Comment répartir ?
Jeter ? Nenni, pas question.
Partager selon les affinités ?
Mais qui, comment ?
Alors je repasse un à un mes livres… et me voici plongée dans de nouvelles lectures.
Je gage que d’ici à ce que j’aie tout vérifié, il en sera passé du temps…
et le délai pour occuper mes nouveaux lieux de vie sera dépassé.

Qu’importe, je resterais, on, verra bien ! Et toujours le réveil bien ancré sur ses pieds me rappellera le temps qui passe

179 – Le carton des défis / Ecridelle

Ce samedi, je suis allé fouiller dans le grenier de Lilou ! Chut !!
Elle ne le sait pas.
J’ai trouvé un carton rempli de photos anciennes qu’elle garde jalousement
pour nous proposer ses défis !!
Celle çi est bien floue mais je me demande quel secret elle renferme donc !
Qui a déposé ce foulard clair et soyeux , sur ce tas de livres anciens, usés par le temps mais sentant si bien l’odeur du papier et de l’encre…
Impossible d’en lire les titres et c’est vraiment mystérieux !
Seule un réveil sur ses deux pieds révèle seize heures, ou bien quatre heures du matin, on ne sait pas en fait…
Je ne vois rien d’autre sur la photo ancienne.
Je ne vois pas du tout ce que sont ces cinq objets posés sur l’étagère devant le réveil ! Cela pourrait être des balles de tennis mais elles me paraissent grandes
Des boutons de porte, des escargots séchés !! Houlala, l’imagination travaille !
J’en profite pour jeter un œil sur les autres photos, mais dès que je les touche
hop hop elles deviennent transparentes !! J’ai compris !
La Lilouette, elle à le pouvoir d’escamotage !
Tu touches, tu disparais !! Vaindiou !!
Je ne m’attarde pas et vite je lui envoie ces mots.
Bien sur, elle saura que j’ai fouillé son carton des défis, mais tant pis
je ne tiens pas à disparaître de la liste des participants !!
Et puis je n’ai rien vu alors !!!

179 – Adieu l’aïeul / Jill Bill

Sur la cheminée
De marbre couleur deuil
Une pile de bouquins, usés,
Un réveil de même,
Cinq escargots, énigmatique…

L’aïeul centenaire est mort
Sa vie ira au carton
A quoi bon
Nul n’en veut, je le déplore…

Demain, on le porte en terre
Lui et le reste, enfin
On ne crachera pas
Sur ses liasses, dignes d’intérêt ;
N’est-ce pas sieur son notaire… !

Et si, dans cette pile enrubannée
Se cachait, un, trésor ;
Lui, si secret…

Nul n’en veut, j’emporte
Bouquins, réveil, escargots !

sujet 179 – Coté Écrivains



178 – forger la fuite des mots / Lothar

Si vous êtes cartésiennes cartésiens, trop, il vaut mieux passer votre chemin ! Cette fois-ci. Car là, je vois les dix mots mis bien au chaud, comme dans une cage, sous un bel oiseau, bien serrés sages en bas de ma page de traitement de texte : Notes Samsung.

Il suffit juste d’aller les chercher un à un et de les coller en une jolie phrase rallye. En haut de l’écran noir, non de mes nuits blanches, mais de ma tablette. Voilà. Sympa.

Je commence par cette très belle interjection « Saperlipopette ». Je la colle au bout d’argile de mon stylo pour mes tableaux de perles – peintures diamants. Et je la dépose ici en haut de mon post. Elle dégage déjà un joli souffle sur ma phrase future.

Je vais ensuite chercher « Forgeron » avec ma pince à épiler. Car il bouge un peu, lui. Le bougre. Hectic, il est en mouvement. Toujours. Je le colle à la suite de l’autre en laissant un peu d’espace. Attention aux doigts avec la glue instantanée car il se trémousse. Il veut s’envoler.

Quant pour « Livreur » et « Pluie », collés ensemble par l’humidité, je prends deux épingles à tête ronde colorées et je les picadore rapidement, fortement. Je les ramène tout chauds, tout brûlants. À la suite des autres. Je les consolide avec deux autres épingles.

« Renouveau » je ne le vois plus. Mince. Versatile. Je cherche un peu, et le découvre caché derrière un escargot. Quoicoubeh … Il est lent en fait. Je le prends directement avec les doigts et le colle ici. Là, je n’échappe pas aux doigts plein de glue. Vous savez toutes et tous comme c’est énervant. Vraiment. Allez, eau chaude et savonneuse ! Allez !

Il m’en reste encore cinq. Pour calculer bien, mon bagage scientifique me sert, voyez. « Contrôle», lui est d’un calme olympien. Mortel. Comme son binôme « Miroir » qui lui est dans l’urgence. Donc je me dépêche d’aller les chercher, avec mon stylo d’argile, tant qu’ils sont encore en vie.

Le trinôme restant se cache l’un derrière l’autre, j’envoie mon border collie, et rapidement je complète le tout par « Ornithologue » « Danse » et « Mosaïque ».

On vit dangereusement. Ici. Mon montage rallye est terminé. Pensez ! Il ne restera qu’à relier les dix mots par d’autres mots. Et le tour est joué, déjoué, surjoué.

Donc le résultat de la course, c’est :

***, murmure le *** *** de ***, en profitant du *** – si lent encore – pour prendre le *** et nous offrir mille enclumes de fer, cent ***s d’argent et dix pics d’airain. Cet *** du dimanche *** alors en *** d’hésitation et de douceur.

Aïe ! Mince les mots sont retournés vivre leurs belles vies sur des couvertures glacées de romans.

Vous me direz, il n’y a pas les mots écrits dans la phrase finale. La consigne n’est pas respectée. Eh bien non. Alors je serai disqualifié, voilà. Oui.

178- Pique et pêche / Annick

Il n’est pas forgeron dans l’âme,
Lui il ne travaille que le bois.
Saperlipopette quel programme!
Chaque jour, il est aux abois!

Le printemps c’est le renouveau,
Pas b’soin d’miroir, il est tout beau!
Le livreur de graines est passé,
Son ornithologue préféré!

Alors il danse avec sa belle,
Sur une mosaïque de sons!
Et même si la pluie s’en mêle,
Tous deux s’élancent à l’unisson!

Et quand la danse est terminée,
Sur le tronc retourne piquer.
Et pique et pique, plus de contrôle!
En mâle, il retrouve son rôle.

Et chaque jour, il pique et pêche
Graines ou vers dans l’herbe fraîche,
Et tambourine sur les troncs,
Pour dire « Suis là ! C’est ma maison ! »

© Annick 210326

178 – Comment devenir ornithologue/ François –

Un très vieux forgeron,
Qui joue sur son enclume,
Regarde un oiseau au brun ailerons.
Qui frappe de son bec, une grume.
Ils se dit saperlipopette,
Cela ressemble à un Pic-vert,
Le printemps, avec son renouveau, est en fête
Nous voilà sortis de l’hiver.
Quand il vit arriver dans son miroir,
Le gros camion du livreur.
Portant livre, « Devenir ornithologue en un soir ».
Ce qui le fit danser de bonheur.

Des photos d’oiseaux comme des mosaïques
Y étaient reproduites par centaines.
La représentation du sien était stoïque,
Il l’a vite reconnue sans peine.

Alors, profitant d’un jour de pluie,
Il lit l’ouvrage acheté pour deux-pistoles,
Pratiquement jusqu’à la nuit.

178 – Forger la fuite des mots / Lothar

Fabricando fit faber

Si vous êtes cartésiennes cartésiens, trop, il vaut mieux passer votre chemin ! Cette fois-ci. Car là, je vois les dix mots mis bien au chaud, comme dans une cage, sous un bel oiseau, bien serrés sages en bas de ma page de traitement de texte : Notes Samsung.

Il suffit juste d’aller les chercher un à un et de les coller en une jolie phrase rallye. En haut de l’écran noir, non de mes nuits blanches, mais de ma tablette. Voilà. Sympa.

Je commence par cette très belle interjection « Saperlipopette ». Je la colle au bout d’argile de mon stylo pour mes tableaux de perles – peintures diamants. Et je la dépose ici en haut de mon post. Elle dégage déjà un joli souffle sur ma phrase future.

Je vais ensuite chercher « Forgeron » avec ma pince à épiler. Car il bouge un peu, lui. Le bougre. Hectic, il est en mouvement. Toujours. Je le colle à la suite de l’autre en laissant un peu d’espace. Attention aux doigts avec la glue instantanée car il se trémousse. Il veut s’envoler.

Quant pour « Livreur » et « Pluie », collés ensemble par l’humidité, je prends deux épingles à tête ronde colorées et je les picadore rapidement, fortement. Je les ramène tout chauds, tout brûlants. À la suite des autres. Je les consolide avec deux autres épingles.

« Renouveau » je ne le vois plus. Mince. Versatile. Je cherche un peu, et le découvre caché derrière un escargot. Quoicoubeh … Il est lent en fait. Je le prends directement avec les doigts et le colle ici. Là, je n’échappe pas aux doigts plein de glue. Vous savez toutes et tous comme c’est énervant. Vraiment. Allez, eau chaude et savonneuse ! Allez !

Il m’en reste encore cinq. Pour calculer bien, mon bagage scientifique me sert, voyez. « Contrôle», lui est d’un calme olympien. Mortel. Comme son binôme « Miroir » qui lui est dans l’urgence. Donc je me dépêche d’aller les chercher, avec mon stylo d’argile, tant qu’ils sont encore en vie.

Le trinôme restant se cache l’un derrière l’autre, j’envoie mon border collie, et rapidement je complète le tout par « Ornithologue » « Danse » et « Mosaïque ».

On vit dangereusement. Ici. Mon montage rallye est terminé. Pensez ! Il ne restera qu’à relier les dix mots par d’autres mots. Et le tour est joué, déjoué, surjoué.

Donc le résultat de la course, c’est :

***, murmure le *** *** de ***, en profitant du *** – si lent encore – pour prendre le *** et nous offrir mille enclumes de fer, cent ***s d’argent et dix pics d’airain. Cet *** du dimanche *** alors en *** d’hésitation et de douceur.

Aïe ! Mince les mots sont retournés vivre leurs belles vies sur des couvertures glacées de romans.

Vous me direz, il n’y a pas les mots écrits dans la phrase finale. La consigne n’est pas respectée. Eh bien non. Alors je serai disqualifié, voilà. Oui.