chanson de geste

En la saison où l’aube est claire,
Quand tint le coq sur la chaumière,
Vivait, près du vieux pont branlant,
Un homme gélasin mais plaisant.
Souvent, assis près du beffroi,
Il plamottait, grave et courtois,
Tenant un bout de pétoffe usée
Comme bannière mal raccommodée.
Or vint un jour, par doux matin,
Une bachelette au frais teint,
Guénuche au rire argentin,
Qui tanca fort le marmotin.
Car l’enfant, par folle science,
Commettait grande messéance :
Il cuisit pain si dur et fier
Qu’il rompit dent d’un vieux soudier.
Lors s’éleva grande patarafe,
Plus bruyante qu’orage en carafe,
Chacun cria, chacun jura,
Même le chat s’en offusqua.
Le bailli, d’allure malenchère,
Déclara d’une voix sévère :
« Ce crime offense nos brodequins,
Et trouble l’ordre du pain quotidien ! »
Alors le vieil homme, fin renard,
Vint embabouiner le regard
Des gens, des oies et du bedeau,
En saluant d’un geste beau :
« Bons gens, si le pain devient pierre,
Bâtissons tours et monastères !
Et si l’erreur vient nous quérir,
Offrons-lui vin avant de rire. »
Lors le vent chanta dans les branches,
La bachelette battit des hanches,
Et tout le bourg, joyeux et fou,
Dansa jusqu’au chant du hibou.
Chère Lilou
Une véritable chanson de geste moderne !
Ta plume redonne vie à ces mots oubliés avec un naturel désarmant.
J’imagine sans peine cette bachelette et ce vieux pont branlant.
Ta « patarafe » verbale est un pur délice pour l’esprit.
Bravo Lilou pour cette fantaisie médiévale si réussie !
Bien amicalement, Marie Sylvie
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Merci encore pour ce défi, Lilou !
J’ai admiré ceux qui ont réussi l’exploit de suivre l’ordre de ta liste.
De mon côté, je me suis laissée porter par le courant des mots.
Ils se sont installés là où ils voulaient, au gré de mon ‘plamottement’ intérieur.
C’était un vrai bonheur de dépoussiérer ces vieux termes !
Bien amicalement, Marie Sylvie
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je ne mets pas cette consigne en plus car je ne veux pas cumuler les difficultés. Certains ont même chercher le sens des mots et je les en félicite. Pour mon texte j’avoue m’être fait un peu aider par mon prof de Français maison.
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Tu as joint la rime au geste de belle manière, de ce fait le respect du sens des mots n’était pas indispensable.
Bel exercice Lilou
Bon dimanche avec le sourire
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