173 – Si j’étais une femme préhistorique – Lilou

Si j’étais une femme préhistorique…

Si j’étais une femme préhistorique,
on dirait sans doute que je reste près du feu.

C’est vrai.
Le feu chauffe, éclaire, rassemble.
C’est un endroit stratégique.

Pendant que certains partent raconter leur courage au-delà des collines,
moi j’apprends à connaître la terre.
Je sais laquelle se fissure, laquelle résiste.
Je sais combien de temps laisser sécher une jarre pour qu’elle survive à l’hiver.

Si j’étais une femme préhistorique,
je ne brandirais peut-être pas une lance.
Mais je saurais combien de graines garder pour la saison froide.
Je reconnaîtrais les plantes qui soignent et celles qu’il vaut mieux éviter.

On me verrait assise, concentrée.
On penserait peut-être que je fais quelque chose de simple.

C’est souvent ce que l’on pense des choses essentielles.

Si j’étais une femme préhistorique,
je n’aurais pas besoin de graver mon nom sur la pierre.
Chaque pot rempli, chaque hiver traversé,
serait une signature discrète.

Et peut-être qu’un jour,
quelqu’un comprendrait que survivre
demande autant d’intelligence
que de bravoure.

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6 commentaires sur « 173 – Si j’étais une femme préhistorique – Lilou »

  1. Ma chère Lilou

    Un immense merci pour ce texte d’une grande justesse et pour toute l’énergie que tu insuffles à cet atelier.
    C’est toujours un bonheur de te suivre chaque semaine.

    J’ai été très touchée par ta vision de cette femme préhistorique.
    Tu as su mettre en lumière cette ‘intelligence de la survie’ qui est souvent éclipsée par les récits de chasse.
    J’aime énormément l’idée que chaque pot et chaque Hiver traversé constituent une ‘signature discrète’.
    C’est une magnifique façon de rappeler que l’essentiel réside souvent dans ces gestes quotidiens et patients.

    Encore merci pour ce défi qui nous permet de faire voyager nos plumes dans le temps !
    Bien amicalement, Marie Sylvie

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    1. Comme je l’ai dit à Vegas j’ai travaille plusieurs mois sur le sujet. j’ai fait une conférence et la documentation que j’ai cherchée pour l’occasion m’a enchanté. Les clichés sont définitivement passés aux oubliettes. C’était passionnant et maintenant je travaille sur Aliénor d’Aquitaine encore des clichés auxquels il faut tordre le cou.
      Avec le sourire

      Aimé par 1 personne

  2. On n’opposera jamais le muscle à la matière grise ni la bravoure à l’intelligence. Tu parles comme le ferait le vieux sage au milieu du village avec cette touche de féminité qu’il n’aura jamais 🙂
    Jolie dissertation, Lilou … avec le sourire

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    1. Merci Vegas. J’ai fait une conférence justement sur la femme préhistorique et j’ai appris tellement de choses qu’en deux heures je n’ai pas réussi à résumer tant de millénaires.
      Contente de pouvoir te lire de nouveau.
      Avec le sourire

      J’aime

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