176 – Une sage jeune fille – J.Libert

Ses longs cheveux blonds épars sur une nuque gracile encadrent un fin visage sérieux de madone statufiée. Ses élégantes mains nacrées reposent, croisées, sur la robe de velours rubis sombre tandis qu’un corselet violine, placé sous la poitrine, enserre son buste jusqu’à la taille. Une large collerette de guipure blanche met en valeur un gracieux port de tête, éclaire et complète sa tenue sage et austère.


À quoi rêve donc cette douce jeune fille mélancolique au regard tourné vers l’intérieur et qui attend ?…


Elle s’évade de son carcan pour aller rejoindre la silhouette de sa belle nudité diaphane qui se reflète, au petit matin, dans sa psyché. Elle aimerait se fondre dans son image, y demeurer à jamais, sans aucun accessoire, hormis cette capeline fleurie pour la protéger du soleil trop ardent. Elle escendrait jusqu’à la mer, se laisserait caresser, porter par la chaleur et la douceur d’un ciel liquide. Puis, elle sécherait son corps nu, allongée à l’ombre de l’ olivier aux premières feuilles printanières agitées par une brise matinale.

Un commentaire sur « 176 – Une sage jeune fille – J.Libert »

  1. Quel beau regard tu portes sur ce tableau, Jacqueline !
    Ta plume est aussi élégante que la jeune fille que tu décris.

    Merci pour ce moment de poésie qui complète merveilleusement l’univers de Paul Delvaux.
    Bien amicalement, Marie Sylvie

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