Dans la cave de ma vie
Il y avait des cartons lourds
Trop lourds pour quatre étages sans ascenseur
Trop précieux pour être ouverts à la hâte.
Je les avais déposés là
Comme on dépose un trésor dans un lieu sûr
En me disant :
《 Je les monterai plus tard. 》
Un jour pourtant
On a cambriolé mon appartement comme si quelqu’un savait
Que je n’avais pas encore défait mes cartons
Que ma vie tenait encore dans ces boîtes empilées entre deux murs neufs.
Ils ont pris ce qui était visible
Ce qui pouvait se revendre
Ce qui fait croire que l’on possède quelque chose.
Mais dans la cave il restait mes vrais trésors :
Mes écritures poétiques
Mes cahiers où j’avais rangé ma vie
Mes dessins faits au crayon lorsque je n’avais pas encore de téléphone
pour capturer le monde.
Là étaient mes albums
Mes photographies sans appareil
Mes mémoires écrites à la main
Pour ne pas disparaître.
Alors j’ai compris que les voleurs n’avaient pris que des objets.
Ils n’avaient pas touché à ce qui me tenait debout.
Ils n’avaient pas trouvé les cartons de la cave
Ceux qui battent encore doucement tel un cœur de papier
Car rien n’a vraiment été perdu.
Ce que j’ai écrit
Ce que j’ai rêvé
Ce que j’ai dessiné
Reste vivant dans les plis du temps.
Ils ont volé des choses
Mais ils n’ont pas pu voler ma vie.
Elle était déjà ailleurs :
Dans mes mots
Dans mes cartons intérieurs
Que personne ne pourra jamais ouvrir sans moi.

Marie-Sylvie,
Chaque semaine, tes mots sonnent et résonnent
Bien souvent, ils me verser quelques larmes
Oh, rien de grave, juste les émotions qui débordent
Et ma foi, les émotions, quand elles s’expriment, font plutôt du bien
Alors, cette semaine encore, merci !
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