Image pour la déco et les mots d’un logo-rallye
Forgeron
Saperlipopette
renouveau
Miroir
Livreur
Ornithologue
Danse
Mosaïque
Pluie
Contrôle


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Les jolies vacances,
Passées dans des roulottes,
Et les voilà en partance
En ce temps de Pentecôte.
Avec un train de sénateur,
Ils avancent sur la route,
Les chevaux font office de tracteur,
Formant des bouchons à la chaine sans doute.
Ils ont un regard sur la plage,
En profitant du beau temps,
Ainsi va leur attelage,
Mais les automobilistes sont mécontents.
Ils ne peuvent pas les doubler,
Ils perdent beaucoup de temps.
Les moteurs commencent à chauffer,
Dans leur esprit naissent des tourments.
Il n’est pas loin le temps,
Où l’on verra la colère exploser,
Les vacances c’est prendre son temps,
Sans prendre le temps des autres d’un air blasé.
Je me souviens, quand j’étais petite, nous les gosses, nous attendions leur venue avec impatience. Avec eux, c’est un peu de rêve qui arrivait au village porté par ce vent de liberté qui pousse celles et ceux qui ont brisé les chaînes d’une société policée, établie, convenable. Leurs roulottes aux couleurs vives, tirées par des chevaux, attiraient nos regards. Nous les appelions les romanichels, les romanos comme on disait de façon péjorative. S’ils faisaient rêver les gamins, ils faisaient peur à la plupart des adultes Pour eux, les romanos étaient des pouilleux, des voleurs de poules, des pas grand chose qui n’amènent que des ennuis là où ils se pointent. Ahhh on allait la surveiller de près la maison tout le temps qu’ils seraient là ! Certains avaient des chaussures mais beaucoup allaient pieds nus, surtout leurs enfants qui étaient beaux comme des soleils mais qui faisaient presque aussi peur que leurs parents !
Et bla bla bla et bla bla bla… Le pire soûlot du village faisait figure de saint homme face à » Ces étrangers venus d’on ne sait où monsieur le maire ! Faut faire quelque chose ! »
Oh oui je me souviens de ce temps là ! Le soir nous allions en douce les voir installer leur campement.
Ça riait, ça parlait fort avec un accent indéfinissable, ça chantait au son du violon et de l’accordéon. Les femmes et les petites filles dansaient autour du feu en faisant tournoyer leur longue jupe…
Je me souviens aussi que peu de villageois manquaient à l’appel quand les romanichels exécrés, se
transformaient en saltimbanques pour donner leur spectacle sur la place, entre l’église et la mairie. -C’est qu’on a si peu de distraction ici, m’âme Michel !
Une chèvre, un chien savant, un cheval et sa jolie écuyère virevoltant au son du violon, quelques
acrobaties et le tour était joué. On oubliait jusqu’à la prochaine fois les méchancetés prononcées à leur arrivée. On applaudissait et on mettait sa petite pièce quand le panier passait parmi les spectateurs. Pour un soir, ils devenaient les comédiens de la chanson d’Aznavour. Le lendemain, il repartaient comme ils étaient venus dans leurs roulottes colorées.
Lui qu’avait toujours la bougeotte,
Menait une vie peu rigolote,
Un jour a cassé sa cagnotte
Et s’est ach’té jolie roulotte.
.
Sur les routes mène sa p’tite roulotte.
Trouve un endroit où l’eau clapote.
C’t’endroit pour lui s’ra le jackpot,
Même si fait froid, a l’antidote.
.
Il peut y vivre, danser le fox-trot,
Sur feu d’bois, cuire des papillotes,
Grignoter quelques bergamotes…
Plus rien n’le gêne, toujours sifflote.
.
Son doux amour près d’lui tricote.
Le chat joue avec une pelote.
Leur Petit Bout dans l’eau barbote.
De sa vie est dev’nu l’pilote.
.
Alors à l’oreille vous chuchote
Que si des chaînes vous emmenottent,
Suffit parfois d’un peu d’jugeote
Pour qu’dans l’air parfum d’ bonheur flotte.
Aux environs des années cinquante
Lorsqu’on redécouvrait l’hippomobile
Une hippo-stoppeuse souriante
Guettait un providentiel coupe-file
en chantonnant cet air connu :
Je t’attendrai à l’aire de covoiturage
Tu paraîtras dans ta superbe hippo
Il fera nuit, mais avec le péage
On pourra voir jusqu’au flanc du coteau
Nous partirons sur la route de Narbonne
Toute la nuit le cheval crottera
Et derrière nous direction Carcassonne
Un gros bouchon klaxonnera
Customisée à la manouche
Ta roulotte au teint chatoyant
Fera dire aux gens, la voyant
Passons notre chemin… pas touche !
Pied au plancher de ta roulotte
Tu cabreras le percheron
qui trottera des paturons
une vraie course à l’échalote
A ce furieux train-train d’enfer
Pour qu’il survive priant l’essieu
Les roues de bois cerclées de fer
Lanceront des éclairs aux cieux
Le lendemain ces randonnées
Nous conduiront à Montauban
Suivis d’une horde effrénée
Qui nous traitera de talibans !
Pour terminer ce délire de poète
Et pour fêter ce retour au passé
D’aucuns nous suivront à bicyclette
En freinant bien pour ne pas nous dépasser
En freinant bien pour ne pas nous dépasser
Aux dernières nouvelles l’hippo-stoppeuse – moins souriante – attend
toujours
Cet insolite équipage chemine , à son rythme, sur les routes du bord de mer.
C’est l’été, un ciel tout bleu se confond avec une mer tranquille sur laquelle souffle un léger vent iodé.
Le soleil brille dans un azur purifié, ne ménage pas sa chaleur et met en valeur les deux roulottes hardiment colorées, montées, chacune, sur leurs quatre roues. Des chevaux à la robe dorée, solidement harnachés pour entraîner un attelage nomade, sillonnent, pas à pas, les routes de campagne ou les artères
qui longent la côte.
Sylvio, assis à l’avant de la première roulotte, tient les rênes de main de maître et donne le tempo tandis
que sa sœur Anita ouvre la marche, s’émerveille de ce nouveau paysage. A quelques pas, Ficelle, leur chien noir, compagnon de tous les instants, jappe de plaisir de se dégourdir les pattes.
Derrière ce lent défilé ensoleillé, bariolé, les véhicules forment une longue file à la queue leu leu, patiente et amusée.
Depuis plusieurs années, maintenant, quand vient l’été, le frère et la sœur partent à l’aventure, sur les chemins de France. Tel l’escargot, ils emportent leur maison sur leur dos, s’arrêtent quand ils le souhaitent. Généralement bien accueillis par les mairies, les habitants, les touristes, ils s’efforcent de les distraire avec des tours de magie, du mime, du contorsionnisme. Leur but premier reste cependant la découverte des plus beaux paysages, sans attache et sans chaîne. Encore très jeunes, ils se proposent de
partir à l’étranger pour un prochain périple.
Tout lâcher pour enfin revenir à l’essentiel, elle en rêvait. Abandonner ce rythme de dingue qu’elle avait pour se reconnecter à elle-même, à ses valeurs, à ses envies. Se retrouver seule à son âge, qui plus est à la retraite, c’était maintenant ou jamais. Les paroles d’une femme qu’elle avait connue il y a quelques années, une gitane, lui revenaient en mémoire. Un lendemain d’orage où elle lui avait demandé si la nuit n’avait pas été trop dure, la femme lui avait répondu, « tant que tu n’as pas vécu une nuit d’orage dans une caravane, tu n’as rien vécu ». Cette femme lui avait aussi dit un jour alors qu’elles échangeaient sur leurs modes de vie respectifs qu’elle ne saurait vivre autrement, qu’ils avaient la liberté de changer de ciel quand ils le voulaient, « et tu sais, avoir la possibilité de se réveiller chaque matin sous un ciel différent, ça n’a pas de prix. Je me sentirais prisonnière dans une maison ou un appartement ».
Alors voilà, ça durerait le temps que ça durerait, une semaine, un mois, peut-être plus, mais elle l’avait fait et peu lui importait le bruit des klaxons, elle était heureuse et se sentait enfin libre.
(Précision : je n’ai pas franchi le pas, mais la gitane était une mère d’élève rencontrée il y a une dizaine d’année et ses paroles nous les avons vraiment échangées. La maman d’Avril était une femme formidable)
Chaque départ en vacance est une aventure,
Choisir sa destination, décider du type d’hébergement,
Et faire plaisir à toute la famille.
Mais le vrai dépaysement c’est de vivre au plus près de la nature,
Et c’est pourquoi les roulottes avec chevaux sont de plus en plus sollicitées,
Avancer au rythme des animaux,
S’arrêter dans un pré, près d’un lac, dans une forêt,
Et prendre le temps de vivre et de profiter des multiples paysages.
C’est la liberté tant rêvée toute l’année,
La cuisine est simple, mais les repas sont frugaux,
Les enfants peuvent jouer à leur aise,
Ils découvrent l’univers des chevaux,
Comment s’en occuper, les nourrir, les brosser,
Afin qu’ils les conduisent toujours plus loin,
Les roulottes sont en général bien équipées,
Et permettent de subvenir aux besoins du quotidien,
Mais le plus important, c’est qu’enfin on prend le temps de vivre,
Pas de contraintes, juste profité de chaque instant,
Et faire de ces vacances un moment inoubliable.
Je marche sans moteur, et mon pouvoir indiscutable est
de savoir faire ralentir des dizaines de voitures.
Je n’ai ni feu rouge, ni barrière, ni clignotant, ni stop, mais je peux être colorée.
Je peux aussi vous créer un embouteillage monstre genre celui des vacances !
Devant moi, deux chevaux claquent leurs fers sur la chaussée tranquillement.
Parfois, ces chevaux lâchent des bouses odorantes bien grasses !
Derrière moi, les conducteurs soupirent pour certains, râlent pour beaucoup d’autres.
Je transforme une route censée être rapide
en promenade presque touristique.
Je peux vous former en un rien de temps une longue chaîne de voitures modernes tirées au ralenti par un mode de transport d’un autre siècle que dans le mien.
Qui suis-je ?
Bonne femme à la peau sombre
Qu’il est long le chemin
Aux chaînes de la vie :
Les chiens jaunes efflanqués
Et les lions opulents autour
Après ta jeunesse grandiose
L’astre de la vie
Pose ses ombres au cadran solaire
Le désert dit le couchant
Dans tes cheveux de bronze
Là où tu ne chantes pas
Là où ta jupe ne virevolte plus
Tu te souviens
De cette ribambelle d’enfants aux yeux immenses
Effarouchés
Les pull-overs,
les sarraus sales
Les tas d’ordure, la crasse informe
Tu te souviens
Puis de tes bras trop grands
À ne savoir qu’en faire
Vilain petit canard
Et un jour tu te fis belle
Tu devins princesse
Peignant tes cheveux corbeau
Telle une fleur au milieu des champs
Pleine de sang chaud et de feu
Ta voix rauque
Tes yeux d’un noir profond
Tsigane, gitane, plénitude
Douceur de la vigne
Au goût sucré des grappes
Tu jouais de la mandoline
Le soir près du feu
Tu as chanté, tu as dansé
Tu as aimé
Avec ceux qui pleurent dans leurs violons
Chemises blanches, manches plissées
Ton chez-toi c’était ta famille
Tu as vécu dans l’ailleurs
Aux endroits où il faisait bon vivre
Tu étais un éclat de miroir
Un parmi des milliers
Perdus sur la Terre
Aux roulottes…