180 – cadeau / Lothar

Ce n’est pas le pain
ni le sac qui bruisse contre la hanche,
ni même la main qui aide
sans faire de bruit.

Le cadeau tient ailleurs,
dans l’équilibre fragile
entre deux pas hésitants,
dans ce bras prêté
comme on prête du temps
sans facture ni reçu.

Le temps s’est défait,
un peu d’écume,
un peu de poussière,
où quelque chose reste
sans nom.

Elle avance,
chaque pas pris au sol
sur un chemin défait,
comme on prend appui sur rien,
et elle, à côté,
porte un peu plus que ses courses.

Le chemin cède par endroits,
presque sans prévenir,
dans des équerres faussées,
et cela suffit.

Le monde, lui, continue
à ne rien remarquer –
il laisse passer les miracles.

Alors oui, cadeau :
pas donné,
pas reçu,
mais tenu,
comme on tient debout
sur un chemin brisé.

2 commentaires sur « 180 – cadeau / Lothar »

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