Le voyage commence au bout d’un doigt,
là où l’horizon se plie comme une montre fatiguée.
Je trace une ligne dans le ciel,
et le ciel saigne une lumière lente,
épaisse comme du miel oublié.
Les nuages fondent sans demander pardon,
ils deviennent des animaux sans nom,
qui traversent mes pensées à pas de sable.
Chaque pas est une illusion,
chaque illusion un pays sans carte.
Je marche sans bouger,
dans une mer suspendue entre deux silences,
où les bateaux sont des souvenirs
et les souvenirs des portes entrouvertes
sur des paysages qui respirent à l’envers.
Le soleil, énorme fruit,
tombe sans tomber dans ma main tremblante.
Je le presse,
et de sa pulpe s’écoule le temps —
doré, irréversible, absurde.
Voyager, c’est oublier son propre contour,
devenir liquide dans un monde solide,
ou solide dans un rêve qui s’effrite.
C’est accepter que la route
n’existe que parce qu’on la rêve.
Alors je ferme les yeux
et je pars plus loin encore —
là où même l’absence a une ombre,
et où le retour
n’a jamais été inventé.

J’ai perdu pied dans ton evocation des oeuvres de cet artiste surréaliste. Je dirai que c’est bien joué puisque beaucoup d’entre nous perdent pied à observer ses toiles. Alors bravo Lilou
J’aimeAimé par 1 personne
Joli texte comme un voyage dans une toile.
Les deux dernières strophes m’ont bouleversée.
Merci Lilou
J’aimeJ’aime
Quel magnifique poème Lilou ! On y sent de la tristesse, de la désillusion…
Il est si vrai que :
« Voyager, c’est oublier son propre contour,
devenir liquide dans un monde solide,
ou solide dans un rêve qui s’effrite.
C’est accepter que la route
n’existe que parce qu’on la rêve. »
Bisous d’An’Maï
J’aimeJ’aime