184 – Le rose sur le gris / Lilou

Manifeste pour une passante

Je suis partie pour rester, car on ne s’efface jamais vraiment quand on a dessiné ses rêves sur les murs de la ville. On ne quitte pas Paris, on s’y infiltre, on devient le grain du crépi, l’ombre d’une porte cochère, le reflet dans une flaque après la pluie.
Longtemps, je ne croyais à rien, mais je n’y crois plus. Aujourd’hui, je ne crois qu’à l’instant, au rose qui claque sur le bitume et à cette liberté folle de n’appartenir à aucun dogme, pas même à celui du pessimisme. J’ai troqué mes doutes contre des bombes de peinture et mes silences contre des jeux de mots qui font mouche.
Mon absence n’est qu’une pirouette, un clin d’œil poétique laissé sur le grain de la pierre. Ne cherchez pas ma statue, cherchez mon sourire au détour d’une ruelle sombre ou sur l’affiche arrachée d’un vieux boulevard. Ne soyez pas tristes : je suis devenue une partie du décor, une note de musique sur un trottoir, une éternelle invitation à aimer, à oser et à ne jamais s’excuser d’être là.
Je suis partie, certes, mais avec la ferme intention de vous accompagner à chaque coin de rue. Je serai là pour murmurer à l’oreille des passants pressés que la vie est une œuvre d’art qui s’affiche sans permission. La fête continue, l’impertinence est un sport de combat, et ma trace, elle, ne connaît pas d’hiver.


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