La chaussure est là.
Seule.
Lacet ouvert, pointe tournée vers les statues immobiles.
Un souffle de jaune orangé couvre les pavés.
On dirait une lumière renversée.
Ou la trace d’un passage trop large pour être raconté.
Le téléphone clignote encore, face contre terre.
Un battement.
Puis rien.
Puis un autre battement.
L’écharpe, elle, flotte très haut.
Trop haut.
Les pigeons picorent autour des socles.
Ils ne semblent pas surpris.
Les passants, si.
Un fragment roule.
Un autre.
Les agents municipaux remplissent des sacs sans comprendre ce qu’ils ramassent.
La place paraît plus grande qu’hier.
Plus vide aussi.
La verdure retient son souffle
comme si quelque chose avait respiré très fort avant de disparaître.
Et les objets – la chaussure, le téléphone et l’écharpe –
semblent attendre qu’on admette enfin
que les statues ont dansé.
