174 – Je suis l’argile – J.Libert

Je suis l’argile

Toi qui me piétines ici
Sais tu bien qui je suis ?
Quand, lourde et grasse à tes bottes,
Dans les matins mouillés de printemps,
Tu me retournes en collantes mottes.
De te le dire, il n’est pas encore temps.

Je me transforme en tambouille immonde
Au pied des maisons que la marée inonde.
Ce n’est pas vraiment ma faute
Si l’eau me pénètre et me gonfle ;
Mais je la retiens en un riche limon
Sur lequel poussent jonquilles et chardons.

La main de l’artiste fait de moi ce qu’elle veut.
Tendre et malléable, je me prête à ses vœux.
Elle me façonne à sa guise, je ne suis que son jeu.
Elle me modèle, me lisse et me polit.
Dans ses doigts, je danse une valse gracieuse.
Je suis l’argile : mouvante et précieuse.

174 – Légende de la tambouille /Ecridelle

Légende de la tambouille

Ta terre rouge entre mes mains patientes,
Au bord de la rivière où fume le matinal feu,
Marmites d’argile devant moi, comme des trésors,
Braises rougies, gardiennes des secrets anciens,
Oubliés des plus jeunes veillant sur la clairière.
Ustensiles façonnés dans la pierre et l’importance.
Instinct et partage mêlés dans les jarres sacrées.
Lentement mijote la vie autour du foyer,
Légende murmurée au rythme des flammes,
En chaque tambouille renaît la mémoire des anciens.

174 – D’hier à aujourd’hui / Jill Bill

D’hier à aujourd’hui

C’était au temps
On l’on faisait sa tambouille
Mac Machin Chose et autres, inconnus !
On faisait même sa vaisselle
Je parle poterie… bien sûr.
Et, ça pêchait, chassait, cueillait !!

Mouais, en mode bio éco m’sieur quoi….
Autar quelque chose…. hein !

Autarcie, au tar cie Kévin !

Et on voudrait nous y faire retourner
Aaaah !! J’me marre m’sieur !
Fini aussi la griffe des marques
Qui se font la guerre commerciale.
Hop à poil ! Ou presque ! Tous pareil quoi……
Quant au reste, smart et compagnie
Nada, ben sans moi !

J’préfère encore être sur le Titanic m’sieur
Et couler les mains pleines !

Ca vient Kévin, ça vient !! !
La leçon préhistorique est terminée,
Bonne cantine scolaire à tous……

Il est ouf lui, on va au Quick nous !!

Petite info

Plusieurs d’entre vous m’ont signalé que la photo était enregistrée sous un fichier Web. après vérification chez moi elle est bien en jpeg. mais pas d’inquiétude si vous n’arrivez pas à la capter car j’ai bien sûr l’originale.

Si vous souhaitez la mettre dans vos archives je peux vous l’envoyer par mail.

Bonne écriture

Lilou

173 – Pfft du qu’en dira-t-on… /Annick

Avec ses fossettes gélasines
Et son petit air débonnaire,
Personne ne songe à la tancer
Ni à la traiter de guenuche.
.
Souvent poursuivie d’malenchère,
Signait parfois d’un patarafe,
Frisant ainsi la mésséance
Sur son contrat de plamoteuse.
.
Se moquait bien des p’tits pétoffes!
Au loin ceux qui l’embabouinaient!
Elle se savait bachelette en diable
Vivant sa vie intensément!

173 – chanson de geste – Lilou

chanson de geste

En la saison où l’aube est claire,
Quand tint le coq sur la chaumière,
Vivait, près du vieux pont branlant,
Un homme gélasin mais plaisant.

Souvent, assis près du beffroi,
Il plamottait, grave et courtois,
Tenant un bout de pétoffe usée
Comme bannière mal raccommodée.

Or vint un jour, par doux matin,
Une bachelette au frais teint,
Guénuche au rire argentin,
Qui tanca fort le marmotin.

Car l’enfant, par folle science,
Commettait grande messéance :
Il cuisit pain si dur et fier
Qu’il rompit dent d’un vieux soudier.

Lors s’éleva grande patarafe,
Plus bruyante qu’orage en carafe,
Chacun cria, chacun jura,
Même le chat s’en offusqua.

Le bailli, d’allure malenchère,
Déclara d’une voix sévère :
« Ce crime offense nos brodequins,
Et trouble l’ordre du pain quotidien ! »

Alors le vieil homme, fin renard,
Vint embabouiner le regard
Des gens, des oies et du bedeau,
En saluant d’un geste beau :

« Bons gens, si le pain devient pierre,
Bâtissons tours et monastères !
Et si l’erreur vient nous quérir,
Offrons-lui vin avant de rire. »

Lors le vent chanta dans les branches,
La bachelette battit des hanches,
Et tout le bourg, joyeux et fou,
Dansa jusqu’au chant du hibou.


173 le pain de sucre de lisette / François –

Il esquissa un gélasin,
Le pauvre débonnaire,
Il s’était fait tancer, enfin,
Comme guénuche qui avait cessée de plaire.

La mélenchère le poursuivait,
Il reçu un mot doux patarafe,
Messéance ce qu’il avait fait,
Plamotter est-ce une gaffe ?

Plutôt pétoffe était son action,
Il s’est fait embabouiner, c’est bête,
En déposant sur la blachette,
Le pain de sucre de Lisette.

173 – Gare au loup – Vegas sur Sarthe

Gare au loup


Ah qu’elle était jolie – une fleur de cytise aux dents – avec ses yeux doux et ses mignons sabots noirs.
Et puis docile et caressante avec cet air débonnaire, un amour de bachelette comme il n’en avait jamais rencontrée dans le canton.
Faisant fi des commérages il l’avait prise toute jeune pour qu’elle s’habitue mieux à demeurer avec lui.
Ceux qui la voyaient n’avaient qu’une envie, celle de lui plamotter le visage comme pour faire tomber ces grains de son qui ornaient ses fossettes gélasines.
Tout allait si bien jusqu’au jour sombre où se présenta une abominable guénuche, une femme de mauvaise vie qui respirait la messéance et les pétoffes par tous les pores de sa vilaine peau.
Elle eut tôt fait d’embabouiner notre jouvencelle et de la convaincre d’apposer sa patarafe hésitante au bas d’un contrat perfide et malveillant.
Il eut beau les tancer toutes les deux – prenant à témoin la beauté des montagnes, la fraîcheur des torrents et la douceur des prairies – et la mort dans l’âme, mesurant sa malenchère il dut la laisser partir vers son destin.
Depuis ce jour funeste il n’a de cesse de narrer son infortune – les soirs au coin de l’âtre – usant de ces mots dont seuls les anciens ont le secret, des mots d’un autre temps, du temps où les filles étaient raisonnables et le monde moins cruel