173 – Gare au loup – Vegas sur Sarthe

Gare au loup


Ah qu’elle était jolie – une fleur de cytise aux dents – avec ses yeux doux et ses mignons sabots noirs.
Et puis docile et caressante avec cet air débonnaire, un amour de bachelette comme il n’en avait jamais rencontrée dans le canton.
Faisant fi des commérages il l’avait prise toute jeune pour qu’elle s’habitue mieux à demeurer avec lui.
Ceux qui la voyaient n’avaient qu’une envie, celle de lui plamotter le visage comme pour faire tomber ces grains de son qui ornaient ses fossettes gélasines.
Tout allait si bien jusqu’au jour sombre où se présenta une abominable guénuche, une femme de mauvaise vie qui respirait la messéance et les pétoffes par tous les pores de sa vilaine peau.
Elle eut tôt fait d’embabouiner notre jouvencelle et de la convaincre d’apposer sa patarafe hésitante au bas d’un contrat perfide et malveillant.
Il eut beau les tancer toutes les deux – prenant à témoin la beauté des montagnes, la fraîcheur des torrents et la douceur des prairies – et la mort dans l’âme, mesurant sa malenchère il dut la laisser partir vers son destin.
Depuis ce jour funeste il n’a de cesse de narrer son infortune – les soirs au coin de l’âtre – usant de ces mots dont seuls les anciens ont le secret, des mots d’un autre temps, du temps où les filles étaient raisonnables et le monde moins cruel

173 – Les deux tableaux – J.Libert

LES DEUX TABLEAUX

Cette aile de manoir Renaissance, hérité à la mort de son père, n’avait pas encore été restaurée, était
restée en l’état du vivant du Comte de Malvoisin.
Les tableaux peints de son père et de sa mère accrochés sur l’un des murs de l’immense salle de billard,
désormais plongée dans l’obscurité, auraient laissé indifférent un œil étranger. Aujourd’hui, Pauline, elle, s’attardait sur chacun avec un regard tout neuf. Ses souvenirs d’enfant et de jeunesse lui revenaient soudain en mémoire.
Elle se posta d’abord devant le tableau représentant son père. Peint à l’approche de la quarantaine, il se
tenait digne dans son costume trois pièces de notable, petite moustache et nœud papillon. Ses yeux rieurs exprimaient ce côté débonnaire qu’elle avait tant aimé.
Il l’avait longtemps protégée de sa mère qui, représentée sur le tableau voisin, avait l’air d’une guénuche parée de bijoux extravagants. Jalouse de sa fille qui devenait, de jour en jour, une gentille bachelette au sourire gelasin, elle la tançait vertement et lui cherchait pétoffe pour un oui, pour un non.
Malgré des patarafes et de la mésséance, elle parvint à embabouiner son comte de mari pour envoyer
Pauline dans un pensionnat très éloigné d’où elle ne sortait que deux fois par an.
Mais, surcroît de malenchère pour la marâtre, elle ne survécut que peu de temps à une brutale crise
cardiaque et, ni Pauline, ni son père ne la plaignirent !

173 – Le plamottement du monde – Marie Sylvie

    LE PLAMOTTEMENT DU MONDE 

Il y avait au bord du chemin un sourire discret
Un *gélasin qui fendait l’ombre telle une promesse.
Je marchais sans hâte
Dans une humeur *débonnaire
Laissant le monde *plamoter autour de moi
Car oui l’aube parfois plamotte.
Elle bavarde en lumière
Elle hésite
Elle papillonne.
Sur le chemin une vieille *bachelette
Ni tout à fait jeune
Ni tout à fait vieille
M’arrêta d’un geste doux.
Elle tenait entre ses doigts une *patarafe
Un papier froissé
Griffonné d’une écriture qui semblait vouloir fuir sa propre encre.
《 Ne te laisse pas *embabouiner par les jours trop pressés.》 Me dit-elle.
Sa voix avait la texture d’une pétoffe
Un tissu un peu solide
Un peu rèche
Mais réconfortant.
Je repris ma route
Son avertissement battant dans ma poitrine
Car je savais combien le monde aime *tancer ceux qui s’attardent
Ceux qui rêvent
Ceux qui s’écartent des lignes droites.
Et pourtant quelle *messéance ce serait de vivre sans lenteur
Sans ces pauses
Où l’on écoute son propre souffre tel un animal timide.
Plus loin un marchand criait ses prix
Mais ses mots sonnaient faux
Presque cruels.
Une *malenchère vibrait dans l’air
Une offre injuste
Une valeur dévoyée.
Je passais mon chemin
Refusant de troquer mon calme contre ses cris.
Au détour d’un sentier
Je tombais sur une *guénuche
Une petite chose fragile
Un être ou un objet
Nul ne sait vraiment
Mais qui semblait réclamer un peu d’attention.
Je la ramassai
La posai dans ma paume.
Elle tremblait comme si le monde entier lui pesait dessus.
Alors je lui offris mon gélasin
Ce sourire premier
Celui qui ne coûte rien
Et pourtant répare.

173 – Au zoo / Jill Bill

Au zoo

Un sourire gélasin
A la débonnaire
Tu ne vas pas tancer
Cette guénuche tout de même….
Quelle malenchère tu as
Elle te kiffe…. Lol !
Si elle pouvait écrire
Elle te filerait une patarafe.

Oh ça va hein Lilou
C’est d’une messéance ton propos
Va donc plamotter !

Je plaisante, juste une pétoffe ! Entre nous, trois……
Va plutôt embabouiner sa gardienne, tiens !
Elle est toute bachelette……

Quittons ce zoo
Je sens qu’il va pourrir notre relation !

Oh guenon, lol…

Oh que si…..

173 – L’Emberlificoteuse /Ecridelle

L’emberlificoteuse

La Guénuche avait plus d’un tour dans son sac, et malgré son sourire Gelasin, elle n’avait pas peur de se faire Tancer quand elle pratiquait la Pétoffe sans aucune vergogne !
Les bachelettes la fuyait , soupçonnant toujours la donzelle de Messéance !
D’ailleurs elle provoquait souvent les Malenchères !
On lui connaissait la facilité de commettre des Patarafes mais cela n’empêchait
pas les Débonnaires de tomber dans ses filets.
Elle les conviait chez elle, leur faisait ses scènes de séduction, puis à coups de déhanchements subtiles sous sa jupe courte à volants aériens, elle se baissait pour sortir le gâteau du four qu’elle Plamottait devant eux avant de leur offrir !
Ce qu’il ne savait pas ces bons Messieurs, c’est qu’elle y glissait un philtre magique et qu’après l’avoir goûté ce fameux gâteau, ils avaient la signature facile sur leur carnet de chèque ou la main leste dans leur portefeuille…
Deux ou trois lui léguèrent d’ailleurs quelques patrimoines appréciables.
Bien sur aucun d’eux ne s’en plaignit, bien trop honteux de leur comportement.
Voilà bien qui prouve qu’être une Guénuche vaut son pesant d’or quand on sait y faire, mais tous ces bons messieurs vous diront qu’elle avait des atouts certains.

Dans un recoin obscur / François –

Une musique discrète,

Avec pour instrument un piano,

Accompagné d’une clarinette,

Égrainent un adagio.

Une table contre un mur,

Dans une salle de bistrot,

Dans un recoin obscur.

Des bols sont mis en dépôt.

Il y a du café pour vous ravitailler,

Du lait chocolaté.

Des contenants sont ainsi posés,

Pour que vous puissiez déjeuner.

Ici, l’on vous sert, ces liquides,

Accompagnés d’ une paille.

C’est la patronne qui décide,

Ce que vous mangez sans faire ripaille.

Quatre bols, quatre bouts de pain,

Un peu de confiture d’abricots.

Votre ventre ne sera pas rempli, c’est certain.

Allant au labeur, après avoir déjeuné au bistrot.

Le petit déjeuner/Tarval

Quatre bols de chocolat chaud,

De la confiture, du nutella, de la brioche, du pain,

De quoi régaler les papilles de ses enfants,

Qui tardent à se lever, en ce dimanche matin.

La semaine, ils n’ont pas le temps de prendre le petit-déjeuner en famille,

Son mari part tôt au travail, et elle avale un café vite fait,

Avant d’emmener ses filles à l’école.

Mais le week-end, ils partagent ce repas tous les quatre,

Prennent leur temps, discutent du programme de la journée,

Selon les envies de chacun, et apprécient ce moment de complicité.

Ça y est, tout le monde se lève, s’installe à table,

Sandra, la cadette, est toute excitée,

Elle aimerait aller au zoo, il y en a un pas très loin,

Elle aime beaucoup les animaux, et sa sœur Albane est d’accord avec elle.

Anna et son mari pensent que c’est une bonne idée,

De plus le temps est clément, pas trop chaud en ce mois de printemps,

Ils emmèneraient des sandwichs, du pop-corn pour les chèvres,

Et profiteraient de leur journée au grand air.

Le petit-déjeuner est terminé,

Chacun débarrasse son bol et va se préparer pour aller au zoo.

Passer du temps en famille, c’est l’instrument du bonheur,

Il faut savourer ces instants précieux,

Car les enfants grandissent vite, 

Et dans quelques années, Sandra et Albane passeront plus de temps avec leurs amis qu’avec leurs parents.

Mais c’est la vie, alors Anna et Henri profitent de l’instant présent,

Et ils sont fiers de leur famille.

Petit déj’/An Maï

Petit déj’, quatre bols

Pour les quatre petits trolls…

Il est tard maman s’affole

Pour les conduire à l’école

C’est toujours ell’ qui s’y colle

L’instrument de torture

Pour elle c’est la voiture.

Caser sa progéniture

Puis filer à toute amure

Ce n’est pas un’ sinécure

Le papa lui, travaille

Que ça chauffe ou que ça caille

Pour gagner vaille que vaille

Des sous pour la boustifaille

Qui nourrira sa marmaille.

Et ce soir plus que las

Bougonnant il rentrera

Les quatre trolls seront là

Maman ouvrira les bras

Et lui taira ses tracas.

Ce sont-là les moments

D’une famille d’antan

Aujourd’hui, bien des parents

Bossent tous deux à plein temps,

Qui s’occupe des enfants ?

Quatre bols… Souvenir

Ne pourrait-on revenir

En arrière et réunir

Même le temps d’un soupir

Autour de la table et des bols

Maman, papa et les trolls ?

Révélation – J.Libert

Révélation

Elle fixe d’un œil encore endormi son réveil qui n’a pas fini de sonner. Impatiente, elle enfonce le bouton pour arrêter son bruit de crécelle mais il continue son agaçante musique. Alors, elle répète son geste de façon plus précise puis, elle se lève, traverse la chambre, pieds nus, sur le parquet tiédi et ouvre les deux battants des volets en bois. Une bourrasque de vent s’engouffre dans la pièce, disperse les dernières feuilles volantes, écrites à la main, laissées sur le bureau.

    Jeannette s’est mis en tête d’écrire son premier roman policier. Jusque là, elle y travaillait activement mais, depuis quelques jours, elle se sent en panne d’inspiration. C’est à peine si elle parvient à terminer ce sixième chapitre. L’enquête piétine. Voilà qu’elle se demande si elle va poursuivre l’aventure.

    D’ailleurs, dans l’air de la maison, flotte une odeur sucré de pain grillé, de café, de chocolat chaud, de quoi l’inciter à une douce procrastination. Sa tante, chez qui elle est descendue passer une semaine, lui a préparé des marmelades avec des fruits d’un immense jardin potager cultivé par son fidèle jardinier : de la rhubarbe, de la fraise, de la framboise, de l’abricot. C’est trop tentant ! Jeannette a bien l’intention de goûter à chacune d’elles.

    Tout en dégustant sa dernière « enconfiturée », elle vient d’avoir une révélation : Pourquoi le criminel ne serait pas un jardinier sans histoire, insoupçonnable, aimant cultiver les fraises, les framboises, la rhubarbe ?