Panique au shooting et « Vague à l’âme et perte de froc »
Rien ne va plus sur le plateau de la nouvelle collection « Néo-Renaissance-Plage ».
Au premier plan, Clotilde prend son rôle très au sérieux. Elle nous offre son plus beau regard de « poisson mort-vivant », figée dans un corset tellement serré qu’elle n’a plus respiré depuis 1973. Elle attend désespérément que le photographe arrive, sans réaliser qu’elle est assise sur un tabouret invisible au milieu d’un courant d’air monumental.
Pendant ce temps, à gauche, c’est le drame. Carla, la stagiaire, a pris l’expression « tenue légère pour la plage » un peu trop au pied de la lettre. Elle vient de réaliser qu’elle a oublié non seulement sa robe, mais aussi sa dignité, et elle tente de se fondre dans le mur en espérant qu’on la confonde avec une statue grecque un peu pâle.
Et le jeu des miroirs c’est le clou du spectacle : celui du milieu refuse catégoriquement de refléter la mer, trop de vagues, ça donne le mal de mer, et préfère afficher mystérieusement, un chapeau flottant qui n’a visiblement trouvé aucune tête prête à le porter et celui de droite, lui, fait de la résistance et montre un arbre, juste pour contredire le paysage de sable.
C’est officiel : entre la fille qui attend son Uber-carrosse, la silhouette pudique qui cherche sa culotte, et le chapeau fantôme, cette « retraite » ressemble surtout à un lendemain de soirée très difficile dans une école d’architecture.

Ma chère Lilou
Entre la stagiaire qui se prend pour une statue grecque et les miroirs qui font de la résistance, ton récit est un pur régal.
Tu as su dompter l’univers mystérieux de Delvaux avec un humour irrésistible.
Un grand bravo pour cette chronique décalée !
Bien amicalement, Marie Sylvie
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Je partage ton analyse d’une scène qui m’a laissé dubitatif. Le surréalisme ne m’a pas inspiré et j’apprécie d’autant plus celles et ceux qui y ont répondu
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