Bonne femme à la peau sombre
Qu’il est long le chemin
Aux chaînes de la vie :
Les chiens jaunes efflanqués
Et les lions opulents autour
Après ta jeunesse grandiose
L’astre de la vie
Pose ses ombres au cadran solaire
Le désert dit le couchant
Dans tes cheveux de bronze
Là où tu ne chantes pas
Là où ta jupe ne virevolte plus
Tu te souviens
De cette ribambelle d’enfants aux yeux immenses
Effarouchés
Les pull-overs,
les sarraus sales
Les tas d’ordure, la crasse informe
Tu te souviens
Puis de tes bras trop grands
À ne savoir qu’en faire
Vilain petit canard
Et un jour tu te fis belle
Tu devins princesse
Peignant tes cheveux corbeau
Telle une fleur au milieu des champs
Pleine de sang chaud et de feu
Ta voix rauque
Tes yeux d’un noir profond
Tsigane, gitane, plénitude
Douceur de la vigne
Au goût sucré des grappes
Tu jouais de la mandoline
Le soir près du feu
Tu as chanté, tu as dansé
Tu as aimé
Avec ceux qui pleurent dans leurs violons
Chemises blanches, manches plissées
Ton chez-toi c’était ta famille
Tu as vécu dans l’ailleurs
Aux endroits où il faisait bon vivre
Tu étais un éclat de miroir
Un parmi des milliers
Perdus sur la Terre
Aux roulottes…

Bravo pour ce récit, Lothar.
C’est une très belle évocation, à la fois dure et lumineuse.
J’ai été particulièrement touchée par les images de l’enfance qui contrastent avec cette « plénitude » finale.
C’est une belle pièce pleine d’humanité.
Bien amicalement, Marie Sylvie
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Que c’est beau et bien dit quand si souvent les tziganes ou gitans, quel que soit le nom qu’on leur donne, sont stigmatisés.
Pour ceux à qui le sujet parle, un très beau livre, « Grâce et dénuement » d’Alice Ferney.
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Bonjour
J’ai pris beaucoup d eplaisir à te lire…….. Il me plait bien ce poème !! Bravo
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Merci a vous toutes pour vos mots …

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