177 – Sur un air de Charles Trenet /Vegas sur Sarthe

Aux environs des années cinquante
Lorsqu’on redécouvrait l’hippomobile
Une hippo-stoppeuse souriante
Guettait un providentiel coupe-file
en chantonnant cet air connu :

Je t’attendrai à l’aire de covoiturage
Tu paraîtras dans ta superbe hippo
Il fera nuit, mais avec le péage
On pourra voir jusqu’au flanc du coteau
Nous partirons sur la route de Narbonne
Toute la nuit le cheval crottera
Et derrière nous direction Carcassonne
Un gros bouchon klaxonnera
Customisée à la manouche
Ta roulotte au teint chatoyant
Fera dire aux gens, la voyant
Passons notre chemin… pas touche !
Pied au plancher de ta roulotte
Tu cabreras le percheron
qui trottera des paturons
une vraie course à l’échalote

A ce furieux train-train d’enfer
Pour qu’il survive priant l’essieu
Les roues de bois cerclées de fer
Lanceront des éclairs aux cieux

Le lendemain ces randonnées
Nous conduiront à Montauban

Suivis d’une horde effrénée
Qui nous traitera de talibans !
Pour terminer ce délire de poète
Et pour fêter ce retour au passé
D’aucuns nous suivront à bicyclette
En freinant bien pour ne pas nous dépasser
En freinant bien pour ne pas nous dépasser

Aux dernières nouvelles l’hippo-stoppeuse – moins souriante – attend
toujours

4 commentaires sur « 177 – Sur un air de Charles Trenet /Vegas sur Sarthe »

  1. Quelle belle surprise que cette nouvelle participation, Vegas sur Sarthe !
    J’adore ton univers et la manière dont tu t’amuses avec les références à Charles Trenet tout en glissant ce regard décalé sur notre époque.
    C’est toujours un régal de te lire, ton esprit vif et ton humour sont vraiment communicatifs.
    Bravo pour ce petit bijou de poésie moderne !
    Bien amicalement, Marie Sylvie

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    1. Merci Marie Sylvie de m’avoir cerné. Je crois avoir trouvé ma marque de fabrique… du décalage avec des clins d’oeil au passé et une dose d’humour.
      J’essaie d’être original dans ma manière d’aborder les thèmes.
      Merci de m’y encourager
      Cordialement

      Aimé par 1 personne

  2. Ta chanson façon le grand Charles Trénet, résonne dans ma tête ! Un délicieux hippo délire dans lequel je me suis laissé entraîner sans rechigner ! Dans ce monde où tout va si vite, trop vite même, que ça fait du bien !
    Bises

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