178 – forger la fuite des mots / Lothar

Si vous êtes cartésiennes cartésiens, trop, il vaut mieux passer votre chemin ! Cette fois-ci. Car là, je vois les dix mots mis bien au chaud, comme dans une cage, sous un bel oiseau, bien serrés sages en bas de ma page de traitement de texte : Notes Samsung.

Il suffit juste d’aller les chercher un à un et de les coller en une jolie phrase rallye. En haut de l’écran noir, non de mes nuits blanches, mais de ma tablette. Voilà. Sympa.

Je commence par cette très belle interjection « Saperlipopette ». Je la colle au bout d’argile de mon stylo pour mes tableaux de perles – peintures diamants. Et je la dépose ici en haut de mon post. Elle dégage déjà un joli souffle sur ma phrase future.

Je vais ensuite chercher « Forgeron » avec ma pince à épiler. Car il bouge un peu, lui. Le bougre. Hectic, il est en mouvement. Toujours. Je le colle à la suite de l’autre en laissant un peu d’espace. Attention aux doigts avec la glue instantanée car il se trémousse. Il veut s’envoler.

Quant pour « Livreur » et « Pluie », collés ensemble par l’humidité, je prends deux épingles à tête ronde colorées et je les picadore rapidement, fortement. Je les ramène tout chauds, tout brûlants. À la suite des autres. Je les consolide avec deux autres épingles.

« Renouveau » je ne le vois plus. Mince. Versatile. Je cherche un peu, et le découvre caché derrière un escargot. Quoicoubeh … Il est lent en fait. Je le prends directement avec les doigts et le colle ici. Là, je n’échappe pas aux doigts plein de glue. Vous savez toutes et tous comme c’est énervant. Vraiment. Allez, eau chaude et savonneuse ! Allez !

Il m’en reste encore cinq. Pour calculer bien, mon bagage scientifique me sert, voyez. « Contrôle», lui est d’un calme olympien. Mortel. Comme son binôme « Miroir » qui lui est dans l’urgence. Donc je me dépêche d’aller les chercher, avec mon stylo d’argile, tant qu’ils sont encore en vie.

Le trinôme restant se cache l’un derrière l’autre, j’envoie mon border collie, et rapidement je complète le tout par « Ornithologue » « Danse » et « Mosaïque ».

On vit dangereusement. Ici. Mon montage rallye est terminé. Pensez ! Il ne restera qu’à relier les dix mots par d’autres mots. Et le tour est joué, déjoué, surjoué.

Donc le résultat de la course, c’est :

***, murmure le *** *** de ***, en profitant du *** – si lent encore – pour prendre le *** et nous offrir mille enclumes de fer, cent ***s d’argent et dix pics d’airain. Cet *** du dimanche *** alors en *** d’hésitation et de douceur.

Aïe ! Mince les mots sont retournés vivre leurs belles vies sur des couvertures glacées de romans.

Vous me direz, il n’y a pas les mots écrits dans la phrase finale. La consigne n’est pas respectée. Eh bien non. Alors je serai disqualifié, voilà. Oui.

8 commentaires sur « 178 – forger la fuite des mots / Lothar »

  1. Bravo Lothar !
    Réussir à intégrer tous les mots imposés en une seule phrase, c’est déjà fort mais le faire avec une telle mise en scène est brillant.
    J’ai aussi tenté l’exercice mais je me suis heurtée à la difficulté de les garder dans l’ordre imposé… un vrai casse-tête !
    Chez toi, tout semble couler de source, même avec des doigts pleins de colle.

    Une belle leçon de « forge » littéraire !
    Bien amicalement, Marie Sylvie

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      1. Ah, me voilà rassurée, Lilou !
        J’avoue que je m’étais mis une pression supplémentaire pour rien
        mais cela rend la prouesse de Lothar encore plus impressionnante à mes yeux ! Merci pour cette précision, je saurai pour la prochaine fois.
        Au plaisir de te lire !
        Bien amicalement, Marie Sylvie

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  2. Alors moi, il ne m’est pas venu à l’idée qu’il pousse y avoir un ordre imposé des mots, trop révèle pour ça 😉
    Ceci dit, j’ai adoré le style et cette idée de « mise en scène » des mots. Merci cher Lothar pour ce festival.

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