192 – Au temps de la 4CV / Lilou

Il fut un temps où nos plus grands projets immobiliers se réalisaient avec trois planches, quelques clous de travers et une imagination sans permis de construire. On se croyait architectes, aventuriers et parfois même rois du quartier.
À cette époque, les parents n’avaient ni application de géolocalisation ni casque de sécurité à nous imposer. Notre seule consigne était : « Rentre avant la nuit ! » Et, miraculeusement, nous revenions entiers… ou presque ; genoux écorchés que l’on couronnait généreusement avec du « rouge ». Nos genoux alors ressemblaient à des coquelicots ceux là même que nous cueillons pour nos mamans qui se fanaient dès que nous arrivions à la maisn.
Et puis il y avait l’emblématique 4CV, fidèle compagne de nos jeunes années. Elle ne roulait pas seulement sur les routes, elle transportait aussi nos rêves. À nos yeux, elle avait l’élégance des grandes voitures et le charme des souvenirs qui ne vieillissent jamais.
C’était l’âge où un après-midi ordinaire devenait une expédition extraordinaire, où les secrets étaient bien gardés et où les grandes décisions se prenaient autour d’un paquet de biscuits et d’une limonade tiède.

Aujourd’hui, on sourit en repensant à ces moments. Quel ado construit des cabanes dans les arbres ? Nous avions peu de choses, mais nous possédions des trésors inestimables : du temps, de la liberté, une vieille guimbarde dans le décor, et cette incroyable capacité à transformer n’importe quelle idée un peu folle en souvenir impérissable.
Et si l’enfance avait un superpouvoir, ce serait sans doute celui-ci : nous faire croire que nous étions invincibles… et nous laisser des histoires à raconter pendant toute une vie.


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