Il y a le temps du vélo au moment du tour de France. Il y a aussi le temps du ballon avec le mondial de football.
Sans conviction, mais histoire d’occuper un temps de vacances, les trois enfants : Victor, Lison et Pierre shootaient dans le ballon. Il alla bientôt se coincer dans les branches hautes du grand chêne au fond de la prairie proche de la ferme du père de Victor. Celui ci agile comme un écureuil, s’apprêtait à grimper dans l’arbre quand il interpella ses copains : « Et si on construisait une cabane dans cet arbre ? » dit-il, des étincelles plein les yeux.
Ni une, ni deux, il n’en fallut pas plus pour passer de l’ennui à l’enthousiasme ; alors, de réunir des planches déchets de scierie voisine, des clous, des marteaux, des cordes, des bâches, enfin tout un attirail de construction récupéré, pour un habitat précaire mais qui aurait le mérite de sortir de leurs mains.
Sous la permission et l’œil discret des adultes, ils se mirent à scier, clouer, assembler.
En une semaine, la cabane tenait debout ; même si l’ensemble était légèrement de guingois, il s’avéra assez solide pour y grimper à plusieurs à l’intérieur. De là haut, ils avaient une vue imprenable sur tous les arbres de la campagne environnante avec jumelles, pique nique ou provision de biscuits au chocolat.
Cette année là, la construction de la cabane du chêne fut, pour eux, le début d’une grande aventure.
Avec la rentrée des classes, les devoirs, les entraînements de sport, les visites à la cabane se firent plus rares mais l’histoire n’était pas terminée.
Après quelques émotions pendant l’hiver à cause du mauvais temps, ils retrouvèrent leur cabane en meilleur état que prévu. Deux ou trois planches détachées, vite reclouées, lui redonnèrent son état initial. Les trois enfants y apportèrent alors plusieurs idées pour en améliorer le confort : une planche assez lisse posée sur quatre r ondins fit office de table basse tandis que deux casiers en plastic permirent l’un, de ranger la vaisselle du pique nique, l’autre, de stocker les bandes dessinées.
Au fil des années, la couleur des planches de la cabane pâlit au soleil tandis que les enfants devenus adolescents y montaient moins souvent pour jouer. Elle restait cependant leur refuge favori pour réviser leurs examens au calme ou simplement pour refaire le monde à discuter des heures durant.
