Cela faisait longtemps que Val boudait. Lui en avait assez de jouer tout seul ; frère et sœur, c’est fait pour s’entendre, pour faire des bêtises, et surtout des bêtises.
Un jour d’ennui, où les cartes n’avaient plus aucun intérêt, où les sept familles s’étaient brouillées, où tout l’argent du Monopoly était dépensé, où la pyramide de dominos s’était écroulée et où les rollers avaient un peu trop égratigné les genoux, les deux gamins cherchaient une nouvelle occupation.
Ben, après avoir taquiné le chat Grisou qui avait craché de colère, ouvrit la porte de la cage de Kiki, le canari de Val. D’abord hésitant, Kiki prit un envol vigoureux. Peu habitué, il parcourut la pièce dans tous les sens sans trop savoir où il allait, se posant un peu partout, même à la portée de Grisou qui, un œil ouvert, guettait son passage. Se rendant compte de la difficulté à rattraper l’oiseau, Ben, dans un trait de génie, ouvrit la fenêtre, et le canari s’envola vers d’autres cieux. Val pleura son Kiki. Plus jamais elle ne l’entendrait chanter, et la dispute éclata :
— Méchant ! cria-t-elle sans pouvoir retenir ses larmes.
Depuis, Val tournait le dos à son frère. Pas de rires à partager, pas de goûter à s’échanger ou à chiper ; seulement le silence et le regard triste de Val. Ben, après s’être fait proprement gronder, compta son argent de poche et présenta les quelques euros à sa sœur.
— Viens, lui dit-il en s’approchant timidement, allons chez le marchand acheter un autre Kiki.
Alors, Val prit son frère par le cou et lui claqua un gros baiser sonore sur la joue.

Quelle jolie et tendre histoire !
De ces histoires qui arrivent entre frères et sœurs, qui s’amusent, se chamaillent et se blessent parfois… Mais qui ne supportent pas très longtemps d’êtres fâchés.
Beaucoup de tendresse dans ce texte et une belle attitude du petit garçon par rapport à sa sœur.
Gros bisous