190 – Trou noir américain – Lothar

Nous suivions une latitude comme on suit une étoile,
sans savoir si elle nous guidait
ou si nous inventions simplement sa lumière.

Le Canada derrière nous sentait encore
le sapin, le Saint‑Laurent,
les couleurs du Mont Tremblant,
et cette façon qu’ont les traversiers
de nous apprendre à voyager
en laissant derrière soi
un sillage qui ne se retourne pas.

Puis vint le désir d’aller plus loin,
de pousser la carte au-delà de son pli,
comme si la liberté
avait besoin d’un détour pour respirer.
Les cartes aiment les plans.
Les hommes préfèrent parfois les accidents.

Nous avons franchi la frontière
avec cette ivresse discrète
des départs improvisés,
celle qui ressemble à un trésor
quand il n’a pas encore de nom.
Un trésor sans coffre,
juste une vibration dans la paume.

L’autoroute filait droit
entre ciel immense et forêts sans fin.
Chaque borne annonçait un changement,
chaque kilomètre ouvrait une porte invisible.
Le monde semblait tenir debout
sur une simple ligne d’horizon.

Puis la voiture bleue.
Le gyrophare.
L’arrêt.

La représentante locale
des points cardinaux
et de la paperasse réglementaire
nous demanda d’où nous venions.

  • Du Canada.
    Elle fronça les sourcils.
  • Impossible.

Le mot tomba
comme un météore administratif.

  • Il n’y a rien au-dessus des États-Unis.

Nous pensions à une plaisanterie.
Mais déjà, elle dépliait sur le capot
une carte froissée,
trésor national certifié,
où son doigt traçait les frontières
comme on suit une veine de lumière.

Et soudain, le monde se vida.
Au nord : plus de provinces,
plus de lacs, plus d’érables.
Rien.
Un grand blanc.
Un équateur remonté jusqu’au ciel,
tirant les pôles derrière lui,
comme si l’univers avait oublié
de dessiner la suite.

Le vent se tut.
Même l’oiseau de la carte céleste
suspendit son vol.
Nous observions ce trou noir géographique
engloutissant des millions de kilomètres carrés
avec une efficacité remarquable.

Conquérir l’espace,
calculer la trajectoire des sondes,
rêver de galaxies,
produire une énergie
capable d’éclairer des continents…
et pourtant perdre le Canada
entre deux plis de papier.

Nous avons repris la route.
Au-dessus de nous, les constellations
continuaient leur travail silencieux.
Elles savaient, elles,
qu’au nord comme au sud,
à l’est comme à l’ouest,
les frontières ne sont que
de petites coutures
sur le manteau immense de la Terre.

Et quelque part,
sur une carte froissée,
le Canada demeure encore disparu.
Les étoiles, heureusement,
n’ont jamais demandé leur visa.

Elles continuent simplement
de passer les frontières
sans même s’apercevoir
qu’elles existent.

190 – Voyage en liberté – Aquarella

A la recherche du pouvoir
Les hommes ont brisé des barrières
Puis élargi leurs territoires
Dans le sang et dans la poussière

De l’est à l’ouest, du sud au nord
Et en traversant l’équateur,
En quête de nouveaux trésors,
Grands explorateurs, ou voleurs…

Dans les conditions les plus rudes
Ont parcouru toutes les mers, …
Sur de multiples latitudes
Ils ont fait le tour de la terre

Mais, sur ma carte universelle
Pas besoin de point cardinal
Ni de plans tracés à l’échelle
Pour conquérir le monde astral

Car je voyage en liberté
Quand je regarde les étoiles
Attirée par la voie lactée
Et l’immensité sidérale

Mon âme plane dans l’éther
Et se laisse parfois porter
Sur les ailes de la lumière
Espérant mon cœur éclairer

Les seuls changements opérés
Se font en douceur et respect
D’un mental un peu plus léger
Baignant dans la joie et la paix

Et chaque fois que je reviens,
Mon esprit rempli d’énergie,
Je vais arpenter les chemins
Harmonieux de la poésie

190 – Voyage, voyage – J.Libert

Quitter le port guidé par une étoile
Le vent de la liberté dans les voiles
Briser la routine et les certitudes
Là bas, sous une autre latitude.

Franchir l’équateur, ligne imaginaire
Voyager longtemps au-delà des mers
Non pour conquérir des temples de pierres
Mais aborder des rives sans frontières

Le point cardinal est à l’horizon
Et la boussole en perd la raison
Une intense énergie défie le vent
pousse alors le navire en avant.

Saisir le changement comme une chance
Et vivre l’inconnu comme une danse
Le plus beau trésor n’est pas d’or brillant
Mais d’ouvrir en nous des horizons plus grands.

190 – La Question Majuscule – Jill Bill

Qu’importe la latitude
L’étoile que nous suivrons
Où j’irai iras tu….. !?

Ah voyager, avec toi
En toute liberté…
En naturiste même
Avec l’énergie de nos envies
A faire rougir un cardinal
Peu catholiques, tant pis
A chacun son trésor
Son mode de vie
De l’équateur à………. l’infini
Apprivoiser plutôt que conquérir
Prête pour ce changement………. !?

Bon, tu veux ou tu veux pas
Si tu veux pas j’en f’rai pas une maladie
Mais réponds-moi non ou bien oui….

A l’aventure elle a choisi un banquier !

J’irai seul sur la banquise, na !

sujet 190 – Coté Écrivains

J’en profite pour vous faire part de mon étonnement car il n’y a aucun commentaire sur les textes qui nous sont proposés. Je me demande si le Webmaster n’a pas fait une erreur ! Alors si vous avez deux minutes laissez moi un petit mot.

Glowing globe with latitude and longitude lines surrounded by stars, a blue phoenix, and a bright compass rose emitting light


La question majuscule – Jill Bill
La solitude – Laura
Voyage, Voyage – J.Libert
Voyage en liberté – Aquarella
Trou noir américain – Lothar
Le pèlerinage – Marie -Sylvie
La vie des mots – Annick
Désespoir d’opprimé – Ecrisdelle
le navigateur – François
Cap au grand large – Lilou







189 – Le bal du rond-point – François

C’est le bal du village,
Ils dansent sur le rond-point,
La musique est bien sage,
Un slow arrive à point.

Dans leurs étranges habits,
Ils sont là, collé, collé,
Dans de bizarres acabits
Grandement bien accolés.

Autour d’eux, point de verdure,
Que des façades de maisons,
Ils n’ont que des voitures,
Pour seul et unique horizon.

Le public est absent,
Qu’importe, ils sont figés,
Ils n’ont rien d’indécent,
Immobiles et enlacés.

Alors, au lieu de tourner sur eux-mêmes,
On tourne autour du rond-point,
Pour se dire tout de même,
Ces statues, on les voit de loin.

187 – Le Chœur des Trajectoires / Lilou


Ils sont nés de la terre et du silence, plantés là où le monde court. Autour d’eux, la ville gronde, virevolte et s’impatiente dans le ressac incessant des moteurs. Le bitume tourne en rond, les vies défilent à la hâte, mais au centre du manège, le temps a perdu sa course.

On l’a baptisé le carrefour des chemins, mais leur secret est plus grand : ils sont les gardiens des élans suspendus.

Là où tout passe, eux demeurent. Ils célèbgent l’instant rare où deux solitudes s’interrompent. Il y a la ferveur des mains tendues vers le ciel, comme un appel ou une prière partagée. Il y a la douceur d’un visage qui trouve son refuge dans le creux d’une épaule, et ce tête-à-tête immobile, si dense qu’il efface le gris des façades et le tumulte des boulevards.

Chaque jour, des milliers de regards glissent sur leurs silhouettes d’argile sans vraiment les voir. Pourtant, ils offrent à la ville son plus beau miroir. Ils murmurent aux passants pressés que derrière chaque pare-brise, derrière chaque destin en transit, bat le même besoin viscéral : celui de s’arrêter, enfin, et de trouver son port d’attache dans les bras d’un autre.

189- Alors ils dansent… / Annick

Là, sur chaque jour ordinaire,
Trois amies et leur partenaire,
Sur un rond point d’verdure couvert,
Dansent en rond pour nous satisfaire.

Dans leur regard, intensité,
Par la danse ils sont envoûtés.
Une passion, la nuit, le jour,
Qui les enflamme depuis toujours.

Trois couples, trois styles,
Mais une unité modern-style !
Lors, dans un délire d’arabesques,
Offrent un spectacle gigantesque.

La danse vit, ils vivent la danse,
Ils semblent être en état de transe !
Un spectacle à couper le souffle
Qui vient nous happer, nous essouffle.

Un moment extraordinaire
Que chacun vit à sa manière,
Un moment fort, riche d’émotions,
Qui, de nos sens, prend possession.