174 – Au musée/ François –

À Hong Kong, au musée de l’Histoire,
Vous pouvez découvrir,
Des reconstitutions à la gloire,
De scènes néolithiques, pour vous servir.
`
Elles sont le témoignage précis d’une époque,
Reconstituées de nos anciens ancêtres,
Avec leur manière de vivre sans équivoque,
A leur façon, ils savaient être.

À cette époque ils maîtrisaient le feu,
En l’argile faisait des contenants,
Cuite dans un four au mieux,
Pour transporter l’eau et les aliments.

La présence d’un four les clouait dans un lieu.
Dans ces sociétés matriarcales la femme régnait
Pendant que les hommes chassaient,
Pour permettre de manger un peu,

D’autres salles dans ce musée,
Sont des témoignages multiformes,
Qui par leurs figurines exposées.
Témoignent de certitudes conformes !

173 – Si j’étais une femme préhistorique – Lilou

Si j’étais une femme préhistorique…

Si j’étais une femme préhistorique,
on dirait sans doute que je reste près du feu.

C’est vrai.
Le feu chauffe, éclaire, rassemble.
C’est un endroit stratégique.

Pendant que certains partent raconter leur courage au-delà des collines,
moi j’apprends à connaître la terre.
Je sais laquelle se fissure, laquelle résiste.
Je sais combien de temps laisser sécher une jarre pour qu’elle survive à l’hiver.

Si j’étais une femme préhistorique,
je ne brandirais peut-être pas une lance.
Mais je saurais combien de graines garder pour la saison froide.
Je reconnaîtrais les plantes qui soignent et celles qu’il vaut mieux éviter.

On me verrait assise, concentrée.
On penserait peut-être que je fais quelque chose de simple.

C’est souvent ce que l’on pense des choses essentielles.

Si j’étais une femme préhistorique,
je n’aurais pas besoin de graver mon nom sur la pierre.
Chaque pot rempli, chaque hiver traversé,
serait une signature discrète.

Et peut-être qu’un jour,
quelqu’un comprendrait que survivre
demande autant d’intelligence
que de bravoure.

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174 – Drôle de tambouille – Vegas sur Sarthe


Le soleil était déjà haut dans le ciel quand Maïa rejoignit les femmes affairées à
leur tambouille.
Elle ignora les regards de reproches et les murmures.
Toujours à rêvasser celle-là. C’est pas comme ça que les siens allaient manger
chaud.
Son homme était parti tôt à la chasse – son Tartarin comme elle l’appelait
souvent – et il allait bientôt rentrer, fier d’exhiber sa besace garnie d’un
pangolin chétif ou de quelques bécasses suicidaires.
Maïa allait devoir agrémenter ce festin d’une sauce bien épicée et d’un reste de
purée de patates douces.


Cette nuit elle avait fait le même rêve éveillé.
Il ne manquait pas de grandes surfaces incultes autour du village.
Elle y construirait un commerce pour y proposer viande de bison, fruits, baies
et colifichets.


Son projet qu’elle imaginait immense s’appellerait Aux Champs ou bien
Mammouth et tout le village s’y précipiterait dès l’ouverture …
Et pourquoi pas des outres de cuir, des calebasses de bois, des écuelles et des
gourdes ?


Sous la table les gamines se chamaillaient sans cesse. La fille de Maïa ne
cessait de lui réclamer une tablette pour y graver des LOL à destination de ses
copines … une tablette !


On n’avait pas encore inventé la roue mais le monde tournait déjà trop vite et
Maïa ne pouvait pas être en reste même si son Tartarin – fantasque et menteur –
freinait toutes ses initiatives.
En cuisine les femmes avaient fini leurs tâches et la fusillaient du regard.


Demain Maïa irait trouver le vieux sage qui ne s’exprimait que par paraboles.
Le seul mot de parabole était une énigme pour tous mais chacun tentait pour soi
d’y trouver une vérité.
Il leur parlait d’une étrange menace climatique au prétexte que cette année le
marigot était à sec bien avant l’heure.
Il saurait la conseiller quand elle lui aurait avoué son rêve insensé.

Au loin s’élevait une clameur.
Maïa soupira, son Tartarin était de retour au village et déjà les curieux
l’entouraient.
Les plus excités prenaient les devants à qui serait le premier à annoncer aux
femmes le dernier exploit du chasseur.


Cette fois il avait vu des petits hommes verts dans la forêt, des nains
fluorescents venus du ciel dans une immense écuelle …


Devant sa case le vieux sage se grattait la tête. Il allait devoir trouver une parabole pour ça.

174 – Façonner la vie /An Maï

Les femmes d’autrefois, entre leurs mains habiles
Façonnaient avec soin les récipients d’argile
Qui allaient leur servir pour faire leur tambouille.
On en retrouve encore aujourd’hui dans les fouilles.
Éclats d’un temps lointain qu’on nomme préhistoire
Ces morceaux du passé sont un peu leur mémoire.
J’essaie d’imaginer leur vie si difficile.
Qu’auraient-elles pensé de nos rues, de nos villes,
De nos fours programmables, de nos casseroles
Qui cuisent nos repas à une allure folle ?
Nous vivons plus longtemps, nous croyons vivre mieux
Mais si nous regardions le Monde avec leurs yeux,
Nous verrions que courir sans cesse est inutle !
Le Temps se moque bien de nos courses futiles.
Façonnons chaque jour, sagement, avec soin
Comme disait ma mère : »Doucement va loin ! »

174 – La tambouille des premiers jours – Marie Sylvie

On raconte qu’au bord de cette rivière Bien avant les mots
Les humains parlaient avec leurs mains.
Chaque matin
La brume s’accrochait aux arbres
Telle une peau légère
Et les potiers sortaient de l’abri de pierre pour reprendre leur ouvrage.
La terre encore fraîche de la nuit attendait d’être réveillée.

Aru le plus jeune s’asseyait toujours le premier.
Il aimait ce moment où l’argile cédait sous ses doigts
Où la forme naissait sans qu’il sache encore ce qu’elle deviendrait.
À côté de lui la grande jarre de pigments chauffait doucement près du feu.
Ils appelaient ça la *Tambouille
Un mélange d’ocre
De cendre
Et d’eau de rivière qui sentait la pluie et le bois brûlé.

Ce matin-là Nara la doyenne
Observait Aru en silence.
Elle tenait dans ses mains un vase presque terminé
Lisse tel un galet.

《Tu vois》 dit-elle enfin
《Ce que tu fais là ce n’est pas seulement un pot.
C’est une trace.
Une façon de dire que nous sommes passés par ici.》

Aru leva les yeux.
Il n’avait jamais pensé à ça.
Pour lui c’était juste de la terre qu’on apprivoise.

Mais autour d’eux tout semblait confirmer les mots de Nara :
Les empreintes de pas dans la poussière
Les outils taillés
Les paniers tressés
Les poteries alignées telle une petite armée silencieuse.
Chaque objet racontait un morceau de leur vie
De leurs peurs
De leurs espoirs.

Alors Aru plongea ses doigts dans la Tambouille
Traça une ligne
Puis une autre
Hésita
Recommença.
Le vase prit une voix.
La voix devint histoire.
Et l’histoire doucement trouva sa place parmi les autres.

Lorsque le soleil monta plus haut Nara sourit.

《Voilà.
Maintenant tu sais.
Nous ne façonnons pas seulement la terre.
Nous façonnons le temps.》

Et la rivière
Comme pour approuver
Fit scintiller ses écailles de lumière.

Chaque geste raconte
Avant même
Que les mots n’existent. 

174 – Je suis l’argile – J.Libert

Je suis l’argile

Toi qui me piétines ici
Sais tu bien qui je suis ?
Quand, lourde et grasse à tes bottes,
Dans les matins mouillés de printemps,
Tu me retournes en collantes mottes.
De te le dire, il n’est pas encore temps.

Je me transforme en tambouille immonde
Au pied des maisons que la marée inonde.
Ce n’est pas vraiment ma faute
Si l’eau me pénètre et me gonfle ;
Mais je la retiens en un riche limon
Sur lequel poussent jonquilles et chardons.

La main de l’artiste fait de moi ce qu’elle veut.
Tendre et malléable, je me prête à ses vœux.
Elle me façonne à sa guise, je ne suis que son jeu.
Elle me modèle, me lisse et me polit.
Dans ses doigts, je danse une valse gracieuse.
Je suis l’argile : mouvante et précieuse.

174 – Légende de la tambouille /Ecridelle

Légende de la tambouille

Ta terre rouge entre mes mains patientes,
Au bord de la rivière où fume le matinal feu,
Marmites d’argile devant moi, comme des trésors,
Braises rougies, gardiennes des secrets anciens,
Oubliés des plus jeunes veillant sur la clairière.
Ustensiles façonnés dans la pierre et l’importance.
Instinct et partage mêlés dans les jarres sacrées.
Lentement mijote la vie autour du foyer,
Légende murmurée au rythme des flammes,
En chaque tambouille renaît la mémoire des anciens.

174 – D’hier à aujourd’hui / Jill Bill

D’hier à aujourd’hui

C’était au temps
On l’on faisait sa tambouille
Mac Machin Chose et autres, inconnus !
On faisait même sa vaisselle
Je parle poterie… bien sûr.
Et, ça pêchait, chassait, cueillait !!

Mouais, en mode bio éco m’sieur quoi….
Autar quelque chose…. hein !

Autarcie, au tar cie Kévin !

Et on voudrait nous y faire retourner
Aaaah !! J’me marre m’sieur !
Fini aussi la griffe des marques
Qui se font la guerre commerciale.
Hop à poil ! Ou presque ! Tous pareil quoi……
Quant au reste, smart et compagnie
Nada, ben sans moi !

J’préfère encore être sur le Titanic m’sieur
Et couler les mains pleines !

Ca vient Kévin, ça vient !! !
La leçon préhistorique est terminée,
Bonne cantine scolaire à tous……

Il est ouf lui, on va au Quick nous !!

173 – chanson de geste – Lilou

chanson de geste

En la saison où l’aube est claire,
Quand tint le coq sur la chaumière,
Vivait, près du vieux pont branlant,
Un homme gélasin mais plaisant.

Souvent, assis près du beffroi,
Il plamottait, grave et courtois,
Tenant un bout de pétoffe usée
Comme bannière mal raccommodée.

Or vint un jour, par doux matin,
Une bachelette au frais teint,
Guénuche au rire argentin,
Qui tanca fort le marmotin.

Car l’enfant, par folle science,
Commettait grande messéance :
Il cuisit pain si dur et fier
Qu’il rompit dent d’un vieux soudier.

Lors s’éleva grande patarafe,
Plus bruyante qu’orage en carafe,
Chacun cria, chacun jura,
Même le chat s’en offusqua.

Le bailli, d’allure malenchère,
Déclara d’une voix sévère :
« Ce crime offense nos brodequins,
Et trouble l’ordre du pain quotidien ! »

Alors le vieil homme, fin renard,
Vint embabouiner le regard
Des gens, des oies et du bedeau,
En saluant d’un geste beau :

« Bons gens, si le pain devient pierre,
Bâtissons tours et monastères !
Et si l’erreur vient nous quérir,
Offrons-lui vin avant de rire. »

Lors le vent chanta dans les branches,
La bachelette battit des hanches,
Et tout le bourg, joyeux et fou,
Dansa jusqu’au chant du hibou.


173 – Pfft du qu’en dira-t-on… /Annick

Avec ses fossettes gélasines
Et son petit air débonnaire,
Personne ne songe à la tancer
Ni à la traiter de guenuche.
.
Souvent poursuivie d’malenchère,
Signait parfois d’un patarafe,
Frisant ainsi la mésséance
Sur son contrat de plamoteuse.
.
Se moquait bien des p’tits pétoffes!
Au loin ceux qui l’embabouinaient!
Elle se savait bachelette en diable
Vivant sa vie intensément!