196 – ton absence – Laura

Dans le salon où nous lisions ensemble
Dans le bureau où nous nous relayions
Pour écrire nos œuvres complètes
Les tiennes me narguent dans notre
Bibliothèque ; ton blaireau
T’attend près du lavabo.
Dans le lit, mon corps cherche
En vain le tien.


Toi qui te disait veuf, inconsolé
Es parti en me laissant, moi
Ta femme de feu au bois
De Mortefontaine. Ta chimère
Se promène parfois au jardin
Du Luxembourg ; je t’y cherche,
Mon voyageur oriental.

Dans cette forêt
Où un homme promène
Un poisson dans un aquarium
Dans un caddie ; des spectateurs
Sont promenés par des chiens.
Une marque est là comme partout.
Comme eux, je chronomètre
Le temps que je passe


Sans toi qui promenait
Notre homard au bout
D’une laisse dans le
Paris romantique
Mon Gérard Labrunie
Dit de Nerval qu’on disait
Fou et poète mineur
Moi ton Aurélia
A la démence majeure

2 commentaires sur « 196 – ton absence – Laura »

  1. Bonjour Laura,
    Je vois que tu as fais le choix de raconter l’apparition de ce promeneur de poisson comme une anecdote au milieu de tes pensées. Il fallait y penser !
    Bravo !

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