198 – L’amour des animaux… / Annick


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Un quidam brun, un p’tit peu fou,
S’la joue vrai homme un peu partout.
Les mauvaises langues ne se gênent pas
D’le traiter d’fou à chaque pas.
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Vous n’l’entendrez jamais râler,
Sa tête est bien trop occupée :
Sa maison est le lieu rêvé
Pour animaux abandonnés.
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Des chiens, des chats et des poissons,
Des oiseaux, même des limaçons.
Chaque jour i en sort un ou deux,
Leur fait visiter de beaux lieux.
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Ce vendredi, jour du poisson,
Vêtu chaud’ment, n’aime pas frissons,
Sort Maurice dans son aquarium,
Même si ça fait rire bien des hommes !
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Ce jour s’promène dans la forêt.
Ici, tout le monde le connaît !
Parfois même certains lui font part
D’un animal seul quelque part.
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Suivant son instinct protecteur,
File le chercher quelle que soit l’heure.
Lui offre le gîte et le couvert
Pour qu’il ne soit plus solitaire..

197 – Bien sûr … Cela va sans dire / Lilou

Bien sûr… et cela va sans dire
Bien sûr, nous n’avons absolument pas perdu la tête.
Et cela va sans dire.
Tout a commencé lorsque Gérard a annoncé qu’il allait promener son poisson.
Nous avons d’abord cru à une plaisanterie. Mais Gérard ne plaisante jamais avec ses animaux. Il avait déjà promené son hamster dans une poussette, son perroquet en trottinette et sa belle-mère en fauteuil roulant. Alors, le poisson, finalement…
— Mais comment vas-tu faire ? lui avons-nous demandé.
— Comme tout le monde, a-t-il répondu.
C’est là que nous avons compris que Gérard ne fréquentait décidément pas les mêmes gens que nous.
Il est donc arrivé avec une ancienne poussette, sur laquelle il avait soigneusement installé un aquarium. À l’intérieur, Maurice, son carpeau, regardait le paysage avec l’enthousiasme caractéristique d’un poisson rouge — sauf que Maurice n’était pas rouge et qu’il faisait environ la taille d’un petit sanglier.
— Il a besoin de sortir, nous a expliqué Gérard.
— Bien sûr.
Et cela va sans dire.
Maurice avait donc besoin d’air frais.
Enfin… pas directement. Gérard avait quand même prévu un tuyau, un filtre, une pompe, une batterie et probablement le branchement de la centrale nucléaire la plus proche.
Nous nous sommes tous regroupés autour de la poussette, admiratifs.
Enfin, surtout prudents.
Car Maurice nous regardait.
Et, honnêtement, nous avions tous le sentiment que Maurice avait déjà mangé plus gros que nous.
— Il s’appelle comment ? demanda quelqu’un.
— Maurice.
— Pourquoi Maurice ?
— Parce que “Requin blanc” ne lui allait pas.
Bien sûr.
Et cela va sans dire.
Nous avons commencé la promenade.
Gérard poussait la poussette.
Maurice nageait.
Enfin… il faisait des longueurs.
À gauche.
À droite.
À gauche.
À droite.
Au bout de dix minutes, il avait parcouru environ quatre mètres, ce qui, rapporté à son aquarium, représentait probablement un marathon.
Les chiens que nous croisions devenaient hystériques.
Les enfants pleuraient.
Une vieille dame s’est signée.
Un cycliste a fait demi-tour.
Et un monsieur a demandé si nous tournions un documentaire pour Arte.
— Non, lui répondit Gérard. On sort juste le poisson.
Le monsieur est reparti sans poser d’autre question.
Ce qui était très sage.
À un moment, Maurice s’est arrêté.
Il nous a regardés.
Nous l’avons regardé.
Gérard a compris immédiatement.
— Il veut faire pipi.
Un silence.
— Dans l’aquarium ? ai-je demandé.
Gérard m’a regardée avec compassion.
— Mais enfin… bien sûr.
Et cela va sans dire.
Alors nous avons continué notre promenade.
Gérard poussait la poussette.
Maurice faisait des bulles.
Nous faisions semblant que tout était normal.
Et finalement, c’est peut-être cela, le bonheur : être entouré de gens assez fous pour promener un poisson dans une poussette, mais assez sérieux pour lui mettre un manteau de fourrure quand il fait froid.
Bien sûr.
Et cela va sans dire.

197 – Ronchonchon a fait un rêve – Nana Fofo

Doc, l’autre jour je me suis réveillé avec un malaise de taille…

J’ai rêvé que j’allais me promener au parc, c’était moi et c’était pas moi, on aurait dit que j’étais devenu un homme,

mais avec des goûts vestimentaires douteux…
Vous me voyez avec veste léopard !

C’est n’importe quoi, et pourquoi pas en girafe tant qu’on y est à essayer le bestiaire.

Bref, je promenais une poussette-aquarium avec un gros poisson à l’intérieur, fier comme un coq… Et vous savez

combien je ne souhaite pas ressembler à Bruno.

Autour de moi des gens avec un chien interloqué me regardaient, c’était extrêmement gênant. A leur place si je
m’étais vu, j’aurais réagi pareil… Qui promène son animal de compagnie dans une poussette ?

Vous en pensez quoi Doc ?

Le Doc : Que vous devriez peut-être promener votre poisson en laisse ?
Ronchonchon : Doc, si vous continuez à me chercher je vais briller par mon absence.

196 – ton absence – Laura

Dans le salon où nous lisions ensemble
Dans le bureau où nous nous relayions
Pour écrire nos œuvres complètes
Les tiennes me narguent dans notre
Bibliothèque ; ton blaireau
T’attend près du lavabo.
Dans le lit, mon corps cherche
En vain le tien.


Toi qui te disait veuf, inconsolé
Es parti en me laissant, moi
Ta femme de feu au bois
De Mortefontaine. Ta chimère
Se promène parfois au jardin
Du Luxembourg ; je t’y cherche,
Mon voyageur oriental.

Dans cette forêt
Où un homme promène
Un poisson dans un aquarium
Dans un caddie ; des spectateurs
Sont promenés par des chiens.
Une marque est là comme partout.
Comme eux, je chronomètre
Le temps que je passe


Sans toi qui promenait
Notre homard au bout
D’une laisse dans le
Paris romantique
Mon Gérard Labrunie
Dit de Nerval qu’on disait
Fou et poète mineur
Moi ton Aurélia
A la démence majeure

197 – Une idée de génie – Aquarella

Une idée de génie
Je connais un drôl’ de bonhomme
Un peu spécial et sans complexes
Richard, c’est ainsi qu’il se nomme,
Peut parfois vous laisser perplexe…

C’est un garçon très surprenant
Avec des idées fantaisistes
Dont l’étrange comportement
Est cependant loin d’être triste

Sachez qu’il a un bon ami
Qui ne le contrarie jamais
Très souvent il parle avec lui
Et lui confie tous ses secrets

Cet ami est un gros poisson,
Une carpe dans le bassin
Situé derrière sa maison
Dans un joli coin du jardin

En l’absence d’occupation
Autre que fair’ des ronds dans l’eau
Richard eut un jour l’impression
Que s’ennuyait l’ami Momo

Alors voulant y remédier
Fit la promesse à son poisson
De lui offrir une échappée
Et de lui montrer la région

Mais c’était un sacré défi
De sortir Momo du bassin !
Alors une idée de génie
Surgit de sa tête un matin…

Dès lors, le lendemain très tôt
On vit marcher notre bonhomme
Poussant sur les roues d’un landau
La caisse d’un gros aquarium

Indifférent que l’on s’étonne
De cet attelage bizarre
En ce tout début de l’automne
Ainsi déambulait Richard

197 -Nicodème : le poisson – J.Libert

Ce matin là, tout était calme sur le chemin forestier, hormis le chant de quelques oiseaux célébrant le début d’une matinée ensoleillée. Bientôt vint s’y mêler une sorte de grincement métallique répétitif qui n’avait rien de mélodieux et qui fit se retourner les premiers promeneurs intrigués.
Au milieu des chênes, un homme avançait à pas comptés, poussant avec précaution une carcasse de landau rouillée. À la place du berceau habituel, un aquarium imposant tenait en équilibre, rempli d’une eau légèrement agitée avec, à l’intérieur, un gros poisson couleur d’ambre de plusieurs kilos. Il tournoyait tranquillement observant le paysage à travers la vitre.


L’homme, d’une trentaine d’années, vêtu d’une veste polaire sur un short noir et d’un bonnet enfoncé jusqu’aux oreilles, saluait le plus naturellement du monde ceux qui le regardaient, incrédules. Cette scène insolite, frisant l’absurde, méritait la photo tandis que le poisson, indifférent à sa soudaine notoriété, continuait d’effectuer des bulles dans son aquarium.


Cet original s’appelait : Basile et son poisson qui partageait sa vie depuis son enfance : Nicodème.


Nicodème nageait dans un bassin, au milieu du jardin, et Basile avait remarqué qu’au retour de ses promenades, après une heure d’absence, Nicodème s’immobilisait pendant de longues minutes, l’œil grand ouvert, comme désirant aspirer l’horizon. C’est ainsi que lui était venu l’idée du « poisson landau » Ce dimanche là, la promenade en forêt prenait une tournure particulière. En s’enfonçant sous les arbres, le soleil filtrait à travers les feuilles et Nicodème, hypnotisé par la voûte végétale, ondulait doucement pour suivre du regard le vol d’un rouge gorge.


Quand le soleil commença à décliner, Basile salua les promeneurs, déverrouilla les freins rouillés et prit le chemin du retour sous les yeux médusés de quelques citadins amusés qui le suivirent encore longtemps du regard.

197 – Le pas du repenti – Marie Sylvie

Il avait longtemps cru que l’on pouvait vivre deux vies sans que l’une ne déborde sur l’autre.
Deux maisons
Deux femmes
Deux sourires.
Deux façons d’être aimé
Deux façons de mentir.
Il avait pensé que son cœur pouvait se dédoubler comme une branche qui se sépare
Sans jamais se briser.

Mais un matin tout avait craqué.

Ce n’était pas un événement spectaculaire.
Pas une dispute
Pas une découverte
Pas un éclat.
Juste un silence.
Un silence qui lui avait traversé la poitrine comme une lame froide.
Dans ce silence il avait senti une *absence
Celle de lui-même.
Il n’était plus vraiment là
Ni dans une vie
Ni dans l’autre.
Il n’était qu’un homme qui se dissipait entre deux mondes.

Alors il avait décidé de partir.

Non pas fuir
Mais quitter ce qu’il avait été.
Il avait laissé derrière lui les deux vies qu’il avait construites comme des châteaux de sable.
Il n’avait pas cherché à expliquer
Ni à se justifier.
Il savait que les mots ne répareraient rien.
Il savait que les blessures qu’il avait causées ne se refermeraient pas avec des phrases.

Il avait marché longtemps.
Pas pour s’éloigner
Mais pour se retrouver.
Chaque pas était une confession silencieuse.
Chaque respiration était une promesse qu’il se faisait à lui-même.

Il ne voulait plus être un homme double.
Il ne voulait plus porter deux vérités
Deux loyautés
Deux mensonges.
Il voulait redevenir un seul homme
Entier
Simple
Vrai.

Il avait choisi de recommencer.
Pas de reconstruire ce qu’il avait détruit
Il savait que ce serait impossible
Mais de renaître autrement.
De devenir quelqu’un qui ne ment plus
Quelqu’un qui ne se cache plus
Quelqu’un qui avance sans regarder derrière.

Il ne savait pas encore ce que serait cette nouvelle vie.
Il ne savait pas s’il serait pardonné
Ni s’il méritait de l’être.
Il ne savait pas s’il trouverait un jour quelqu’un qui accepterait l’homme qu’il deviendrait.

Mais il savait une chose :
Il avait cessé d’être deux.

Et pour la première fois depuis longtemps
Cette pensée ne lui faisait pas peur.
Elle lui faisait du bien.

Il marchait.
Il avançait.
Il renaissait.

On ne guérit jamais de l’adultère en s’excusant :
On en guérit en cessant d’être deux.

197 – A perdre la raison.- Jill Bill

Il a divorcé de sa «morue »
Mais tenait à garder leur enfant, ce « gardon »….
Elle n’a pas eu « l’anchois »
Vu ses torts dans ce mariage…

Touche t’il encore « sole »
A le voir avec sa poussette aquarium
Accoutré comme une ; drag queen…..
« Mérou » cela va t’il le conduire…. !?

Au parc il est de bon « thon »
De promener son toutou madame Anna ;
Mais son poisson…. !!

Nous « vairon » bien demain
Si il se remet de ce divorce le « Colin »…

Il a sa manière de supporter l’absence
Même si sa « roussette » l’a bien fait cocu
De « bar » en « bar »
Avec tous les « loups de mer »…. !

« Lotte », sa mère, se fait bien du souci ;
Elle prie « Saint-Pierre »
Pour que ça ne soit pas « piranha »….. !!