207 – Il médite dans son abri – François

Dans les pattes d’une statue,
D’un grand lion en pierre,
Un chat à la position fière
Attend, sans être abattu.

Dans sa niche cossue,
Paisible, il en a la manière,
Sans souci, l’âme fière.
Il médite sans être pris au dépourvu.

Installé dans son abri.
Il pense à une souris,
A croquer toute crue.

Comme un petit lion qui l’eût cru,
Il aime la viande fraîche,
Et d’avance, il s’en pourlèche.

207 – Expo « Chalion » / Annick

Non je n’donne pas ma langue au chat
Et ne vous pose pas de lapin
Vous emmène à l’exposition
« Chalion » par le sculpteur Lioncha

Chalion n’est pas fort comme un boeuf
Et il a un chat dans la gorge
Il n’a pas une cervelle d’oiseau
Mais est toujours fier comme un paon

N’a pas un caractère d’cochon
Et il baye toujours aux corneilles
N’a pas non plus langue de vipère
Mais est un peu une tête de mule

Oui il est bavard comme une pie
Et saute souvent du coq à l’âne
Avec ses yeux de merlan frit
Il monte souvent sur ses grands ch’vaux

Oh il est loin d’avoir du chien
Et a l’air d’être une poule mouillée
Se fourre souvent dans sale guêpier
Il est vraiment ours mal léché

Il ne veut jamais faire l’autruche
Ni rester muet comme une carpe
R’prend toujours du poil de la bête
Et prend le taureau par les cornes

Ne veut pas être fait comme un rat
Ni s’jeter dans la gueule du loup
N’veut pas être le dindon d’la farce
N’veut qu’être lion dans sa forêt

Et quand il pleut comme vache qui pisse
Ou qu’il fait un froid de canard
Alors se couche avec les poules
Là entre les pattes du lion

207 – Protection rapprochée / Lilou

Il avait tout prévu, le petit félin !
Pour faire la sieste, il lui fallait un gardien.
Pas question de confier sa sécurité
Au premier matou venu du quartier.

Il avait choisi un lion, rien de moins,
Un colosse de pierre, gardien du jardin.
Un dessin de la protection à quatre pattes,
Où le courage se cache sous une frimousse délicate.

Le lion montre les crocs, mais reste de marbre,
Le chat, lui, ronronne à l’ombre de l’arbre.
Chacun son rôle, chacun sa fonction :
L’un fait peur, l’autre fait sensation !

Et si le lion pouvait parler,
Il dirait sans doute, un peu dépité :
« Je suis censé garder le royaume entier…
Et voilà que je sers de coussin à un chat ! »

207 – LA CHAISE DE CLÉ-AUX-PATTES – Marie Sylvie

Lorsque j’ai découvert l’image proposée pour ce défi
Mon regard s’est d’abord arrêté sur le contraste.

Un petit chat tigré était installé entre les pattes d’un imposant lion de pierre.
Le félin semblait minuscule à côté de cette statue massive dont le regard figé traversait les années.
Pourtant ce n’était pas le lion que je voyais.
C’était le chat.

Et presque aussitôt un souvenir est remonté à la surface.
Je n’ai plus vu ce chat inconnu.
J’ai vu ma Clé-Aux-Pattes.

Elle lui ressemblait tellement que j’ai eu l’impression de la retrouver après toutes ces années.
Les mêmes couleurs
Le même air d’assurance tranquille
La même façon d’occuper l’espace comme si tout lui appartenait de droit.

Pendant toute cette période de célibat elle fut ma compagne de chaque jour
Présence fidèle qui peuplait mes silences et donnait une âme à mon foyer.

Lorsque je suis arrivée dans certains logements elle était là.
Lorsque j’en suis repartie elle était là aussi.
Elle a traversé les déménagements
Les joies
Les peines
Les changements de travail
Les longues soirées d’Hiver et les vagues d’Été caniculaire.
Au fil du temps elle est devenue bien davantage qu’un animal de compagnie.

Elle était ma présence familière.
Mon point de repère.
Ma colocataire à quatre pattes.
J’avais parfois l’impression qu’elle dirigeait la maison avec une autorité naturelle.

Clé-Aux-Pattes possédait un caractère bien affirmé.
Elle savait ce qu’elle voulait et elle trouvait toujours le moyen de l’obtenir.
Je pourrais même dire qu’elle était dominatrice.
Mais je dois reconnaître qu’elle avait souvent le dernier mot parce que ses petites manies me faisaient rire.

Parmi tous mes souvenirs il en est un qui me revient avec une tendresse particulière.

À table elle avait sa chaise.
Pas un coussin posé dans un coin.
Pas le sol à côté de moi.
Une véritable chaise.
Sa chaise.

Lorsque je prenais mon repas elle venait s’installer à sa place et mangeait en même temps que moi.
Nous formions un duo insolite qui aurait sans doute amusé les visiteurs.
Pour nous c’était devenu une habitude si naturelle que je n’y prêtais même plus attention.

Je mangeais.
Elle mangeait.
Et nous partagions ce moment comme deux vieilles compagnes de route.

Le soir venu elle me retrouvait encore.
La nuit elle dormait près de moi. J’entendais parfois sa respiration paisible avant de m’endormir.
C’était devenu une musique familière qui m’apaisait.

Puis venait le lendemain.
Lorsque je quittais la maison je savais qu’elle poursuivrait ses occupations mystérieuses de chatte européenne. Elle inspecterait son territoire
Surveillerait les fenêtres
Vérifierait que tout demeurait sous contrôle.

Mais je savais aussi qu’à mon retour elle serait là.
Derrière la porte.
Toujours derrière la porte.
C’était presque un rituel.

Avant même d’entrer je pouvais l’imaginer en train d’attendre.
Puis la serrure tournait
La porte s’ouvrait
Et j’apercevais sa silhouette.
Je n’étais jamais accueillie par le vide.
J’étais attendue.

Ce sont ces petits détails qui construisent une vie.
Pas les grands événements.
Pas les dates que l’on note sur un calendrier.
Les habitudes.
La chaise.
La porte.
Le lit partagé.
Les regards silencieux.
Ces choses modestes qui finissent par occuper une place immense dans une existence.

Le temps a poursuivi sa route.

Puis la maladie est arrivée.

Un jour il a fallu accepter l’inacceptable et confier à un vétérinaire la mission de l’aider à partir sans souffrir davantage.

Je croyais alors que tout allait s’effacer peu à peu.
Je me trompais.
Car les années ont continué à passer
Mais certains souvenirs sont restés intacts.

Aujourd’hui encore lorsque j’aperçois un chat qui lui ressemble
Mon cœur reconnaît quelque chose avant même que mon esprit ne comprenne.
C’est exactement ce qui s’est produit devant cette photographie.

Le lion de pierre m’a fait penser au temps.
Immobile.
Silencieux.
Témoin de tant d’années écoulées.
Et le petit chat blotti entre ses pattes m’a rappelé ma Clé-Aux-Pattes.
Comme si elle était venue se glisser là pour me faire un signe.

Comme si la mémoire avait décidé de tracer devant moi le dessin discret de vingt années de complicité.
Un dessin que ni le temps ni l’absence n’ont réussi à effacer.

Alors je regarde encore cette image.
Je contemple le lion de pierre et le petit chat installé sous sa protection.
Et je souris.
Parce qu’au fond je n’y vois plus une statue ni un félin inconnu.
J’y retrouve une amie à moustaches qui avait sa chaise à ma table
Sa place dans mon lit
Son poste d’observation derrière la porte.

Une chatte de caractère qui partagea vingt ans de ma vie et qui aujourd’hui encore continue de vivre dans le plus précieux des refuges :
Le dessin de ma mémoire.

207 – DÉLIRE DE CHAT – Sacquine

« Exténué par des kilomètres de marche dans la campagne Bretonne pour retrouver la ferme de mes anciens maîtres, je n’ai pu me restaurer d’aucune bestiole ; pas la moindre queue de souris, pas la moindre flaque d’eau. L’air est si sec qu’il me pique les yeux. Je vois mieux la nuit que le jour.
Il est temps que je me repose un peu avant de reprendre la route. D’ailleurs, je me sens tout chaud.
Tout mon poil me colle à la peau. Tiens ! Un petit somme au creux de cette architecture de pierre à mon effigie serait idéal.
Je me blottis le plus confortablement possible dans la niche formée par les pattes du sphinx impassible et je rêve ou plutôt je délire…
Autour de moi accourent des centaines de souris vives, légères, aux queues très fines, très très longues, semblables à des fils argentés. Certaines s’emmêlent et les souris se retrouvent captives au milieu d’un gros nœud couleur acier qui brille au soleil.
Alors, à moi de jouer ! J’ai très faim. À pas de velours, je m’approche et vais les apprivoiser avant de les croquer toutes crues. Pour cela, j’ai mon secret de séduction. Avant d’entrer en action, je minaude, je miaule doucement : « Bonjour Souris ! ». Mais, elles n’ont pas l’air d’apprécier ce langage et montrent de petites dents pointues, agressives. Je change alors de tactique. J’entre en contact direct. Après avoir pris mon élan, je saute au cœur du nœud gris. Hélas ! Mon rêve prend fin. Les souris ont eu peur . Elles se sont toutes évanouies.
Je m’extirpe à contre cœur de ma niche, m’étire de tout mon long sur le dessin des pattes de la statue et reprends ma route… J’ai très faim ! »

207 – Super kat… – Jill Bill

Mon dessein à moi
Devenir « GRAND » chasseur
Roi de la jungle, urbaine
Comme celui de la jungle tout court…
On dit que cette statue a des pouvoirs,
Juste faire un voeu…

Comme on brûle un cierge à un saint !

Ca je le veux,
Inutile de faire un dessin !!
Aucune souris ne m’échappera,
Je l’écharperai
Aucun oiseau non plus
Enfin, les p’tits hein….
Et que ce soit bien entendu
Pas de chat botté entre nous ;
Point d’abracadabra de travers, compris
Le lion qui reste de marbre……. !

Bandit, Bandit où es-tu mon minou à croquer…… !?

Encore elle, ma maîtresse,

Aaah si elle pouvait se changer en mulot… hi hi…

207 – Sa majesté le chat ! – Aquarella

Je suis de la lignée royale des félins
Il ne faut pas vous fier à mon p’tit air de rien
À pattes de velours je règne sur le monde
Et partout alentour mes yeux de chat vous sondent

Si le roi de la jungl’ croit dominer la faune
Moi, quand je vous épingl’ j’ai beaucoup plus qu’un trône
Car dans votre maison, qui est le plus à l’aise
Sur les gros édredons, les coussins et les chaises ?

Dans toutes les cultures on me prête intérêt
En dessin, en peinture, on me fait le portrait
L’attrait de ma fourrure et mes ronronnements
Vous attirent c’est sûr, irrésistiblement

Il me suffit d’un rien pour vous embobiner
Un seul regard câlin et vous êtes à mes pieds
Je suis chat domestiqu’ mais je me fais servir
Ma vie est fantastique et remplie de plaisir

En plus, vous savez quoi ? Je suis chez des humains
Qui me laissent le choix de suivre mon chemin,
De sortir et rentrer en toute liberté,
Acceptant de m’aimer sans jamais m’entraver
N’est-elle pas belle, ma vie de chat ?