Cette fois c’est vraiment la rentrée !
Je rappelle encore qu’il est plus facile d’envoyer vos textes par mail en PJ
plutôt qu’un lien.
mot facultatif : dossier


Cette fois c’est vraiment la rentrée !


Regardez-moi cette petite merveille !
Pas besoin d’écran tactile, de Wi-Fi, de programme « linge délicat » ou de connexion avec le smartphone. Elle avait tout compris avant tout le monde : un tambour, de l’eau, de la lessive… et roule ma poule !
Compacte, légère, pratique, elle trouvait sa place partout. Et avec son petit capot incliné, elle avait même un petit air de voiture futuriste. Quant au bouton de commande, inutile d’avoir fait Polytechnique : on tournait, on attendait… et la machine travaillait !
Et puis, surtout, elle avait un avantage considérable : elle ne vous expliquait pas pendant trois minutes que votre programme allait durer 2 h 47. Elle, au moins, allait droit au but !
On pouvait même lui ajouter un peu de lessive parfumée et, après quelques tours de tambour, espérer retrouver ce délicieux parfum de linge propre.
Aujourd’hui, les machines font presque le café.
Mais franchement, pour laver le linge sans vous prendre la tête…
Eh nous, alors on a la petite Calor.
Lorsque j’étais célibataire,
Égaré dans la capitale,
Elle m’avait dit, ma mère,
« Je te conseille, en bonne provinciale,
D’acheter une petite machine à laver,
Il y a eu une qui est épatante,
Ton porte-monnaie n’en sera pas percé,
Et tu feras des lessives triomphantes ».
Je l’ai achetée, elle était toute bleue,
Mes vêtements étaient correctement lavés.
Mais son bruit dérangeait un peu
Mes voisins, qui en avaient assez.
Qu’importe, elle m’avait rendu service,
Ils n’allaient pas pour autant appeler la police.
Près de trente ans, je l’ai gardée,
En vacances, on l’utilisait,
Une prise électrique nous suffisait.
Un jour, la cuve s’est fêlée,
Et partout où l’eau ne pouvait que couler.
Alors je m’en suis débarrassé.
Mais ma petite Calor, je l’ai bien aimée.
Il n’est pas certain que ce petit lave linge portatif des années 70 soit encore en vente aujourd’hui ou alors comme article de seconde ou même de troisième main. Néanmoins, aurait-il séduit Rosine, jeune mère de famille des années d’après guerre ?..
Son foulard à pois blanc sur fond bleu marine noué en turban sur ses cheveux dorés et les manches de sa longue blouse grise retroussées sur ses bras blancs potelés, Rosine tirait l’eau du puits en amorçant la pompe avec toute la force dont elle était capable. Quand la bassine en zinc ovale était remplie, elle agitait dans l’eau ce qu’elle appelait « une boule de bleu » qui lui donnait la couleur turquoise des mers océanes.
Le linge blanc, lavé, était rincé dans cette eau et prenait une teinte ou plutôt un reflet azuré, sorte d’illusion optique qui ravissait son œil et faisait sa fierté.
Tous les lundis de chaque semaine, Rosine venait rincer son linge au puits en appliquant le même scénario.
Au sortir de la guerre de 40, nombre de maisons ne disposaient pas encore d’eau courante au robinet, encore moins d’eau chaude. Pour l’obtenir, il fallait la faire chauffer, dans une bouilloire ou une casserole, sur la cuisinière à charbon.
On ne connaissait pas non plus les facilités et la liberté qu’allait offrir le lave linge quelques années plus tard. La lessive du lundi était donc un véritable rituel, une institution à laquelle aucune épouse modèle ne dérogeait. Après trois rinçages, le linge essoré, Rosine soulevait la profonde cuvette en terre émaillée qui le contenait et allait l’étendre pour le faire sécher. Les fils à linge étaient situés dans le champ, au delà des écuries dans lesquelles deux chevaux ne dormaient que d’un œil et derrière l’étable où quelques vaches rousses finissaient de ruminer.
Rosine aimait ce parfum campagnard de bouse, de crottin et de foin mélangés. Pour rien au monde elle n’aurait souhaité retourner en ville. Là était désormais sa vie , rustique et libre…
Quand je revois cette machine
Me revient l’époque chagrine
Où j’abhorrais la perspective
D’avoir à faire une lessive
Cette boîte toute en plastique
Était l’image emblématique
Du lave-linge rudimentaire
De très nombreux célibataires
Je me souviens de ce temps-là
Où je portais à bout de bras
Mon indépendance et le poids
Du bouclage des fins de mois
Certes ce n’était pas facile
Il fallait se montrer habile
Dépasser les difficultés
Et apprendre à se débrouiller
Rien à voir avec aujourd’hui
Ce temps béni où il suffit
Juste après avoir fait le tri
D’enclencher programme choisi
Aucun parfum de nostalgie
Encor moins de mélancolie
En redécouvrant cet objet
Qui pourtant eut son intérêt
Et probablement sera-t-il
À quelqu’un d’autre bien utile
Car lorsqu’on est dans le besoin
On ne dédaigne aucun moyen
Le parfum du linge, l’odeur de la raclette, la musique des disques, la couleur du vélo, le goût de l’amertume et le toucher de l’indifférence se répondent, 1.
Quand Cannelle a emménagé chez Daniel, quelques semaines après leur rencontre et leur nuit dans l’ancien meublé de Daniel (qui était séparé de sa première femme), celui-ci n’avait plus grand chose et pas de meubles. Leur premier appartement ensemble fut donc un meublé. La cuisine était équipée mais il n’y avait pas de machine à laver et pas de place pour. Cannelle donc demandé à ses parents de me prêter une machine à laver orange (sinon semblable à celle de la photo) que Cannelle mettait dans la douche. Elle s’en est servie pendant les 2 ans où ils vécurent là. En partant vers le Nord, ils rendirent la machine qui n’a pas du servir depuis.
Comme le beau-fils de Daniel s’installait avec eux, ils achetèrent une machine à laver plus moderne.
Un jour Daniel et Laura voulurent faire une raclette avec leur voisin et meilleur ami. Comme ils n’avaient pas beaucoup de place dans leur meublé, Cannelle demanda à ses parents leur appareil. On nous répondit alors que par une coïncidence incroyable cet appareil devait être utilisé par quelqu’un de la famille… Ils sont achetés un appareil
Dans sa chambre d’enfant, Cannelle avait un tour de disque où elle écoutait la musique des années 80 et les disques de sa mère des années 60. Quand elle quitta sa ville de naissance, elle rendit les disques à sa mère qui ne doit pas beaucoup les écouter. Alors que Cannelle terminait ses études de droit par la plus grosse erreur de sa vie, qu’elle entamait des études de lettres par correspondances, elle trouva un poste de documentaliste dans une BCD. Comme Daniel ne pouvait pas l’emmener, qu’elle n’avait je pas le permis, que les transports en commun n’étaient pas pratiques, elle demanda a ses parents de lui prêter leur vélo bleu…. mais quelqu’un en avait besoin au même moment Daniel et Cannelle achetèrent un vélo rose qu’on lui vola dans un garage à la mort de Daniel.
Avant de partir au Maroc, Cannelle demande à ses beaux parents et à ses parents s’ils
pouvaient stocke des choses eux: oui des premiers, non des autres.
Alors Cannelle vendit des livres, sans choisir et elle s’aperçut plus tard qu’elle avait vendu des pépites
Au Maroc, lorsqu’ils furent dans une situation délicate, ils demandèrent l’aide financière du père de Cannelle. Il accepta, ne voulut pas être remboursé mais lui reprochait encore il y a peu. Cannelle s’est excusé souvent envers eux de ses frasques de jeunesse notamment financières, de son achat bête de Noel dernier où ils l’aidèrent. Beaucoup de merci aussi à eux.
En rentrant du Maroc, alors que leurs affaires étaient (et furent) bloqués là-bas, ils demandèrent au père cde Cannelle sa caution pour un meublé: NON. Ses beaux-parents le firent. Elle demanda aussi à son frère de lui prêter un appareil photo en attendant de récupérer le sien.
Finalement, ils achetèrent beaucoup de choses et l’appareil photo, bloqué dans un container pendant 3 ans, état mort à son arrivée en France.

Chaque samedi matin, c’est la grande lessive à l’estaminet de la ferme de Nana fafo.
Walrus, l’patron, sort la grosse machine de derrière le comptoir et de derrière les fagots pour mettre en route le tirage.
En tant qu’ancien chimiste, il a eu l’idée de transformer la vieille machine à laver familiale en mélangeuse à mots et images pour donner le thème de la semaine.
Cette semaine, le thème a un parfum de rentrée des classes en Euhh, espérons que nous ne ferons pas des noeuds au cerveau.
Toute la ménagerie est réunie pour assister au mot de la rentrée.
Ronchonchon attend avec impatience le retour des mots, lui les images ça le met dans une humeur glaciale comme les statues de marbre et vieilles pierres froides dont Walrus s’est entiché.

Je me souviens très bien de cette période de ma vie.
C’était en 1980.
Mes premiers pas dans la vie active
Ce moment où l’on avance avec un mélange d’enthousiasme et de maladresse
Où chaque objet du quotidien devient presque un compagnon de route.
Je n’avais pas beaucoup d’argent
Juste assez pour payer mon petit studio
Et remplir le frigo de temps en temps.
Alors lorsqu’un ami m’a proposé sa mini‑machine à laver de camping
J’ai accepté sans hésiter.
Elle était légère
Un peu brinquebalante
Mais pour moi elle représentait une forme d’autonomie.
Je pouvais enfin laver mon linge sans courir à la laverie du quartier.
Je me revois verser du Mir dans le tambour
Persuadée que cela ferait l’affaire. J’aimais tellement son *parfum :
Frais
Propre
Presque rassurant.
Je ne savais pas encore que ce n’était pas vraiment une lessive… et que la machine n’allait pas apprécier mon choix.
Au bout de quelques minutes la mousse a commencé à monter.
D’abord un peu
Puis beaucoup
Puis… trop.
Elle débordait par le couvercle
Glissait le long des parois
Envahissait le sol comme une petite marée blanche et joyeuse.
Je ne savais plus si je devais rire ou paniquer.
Finalement j’ai ri.
Je riais de moi
De mon inexpérience
De cette scène improbable où je tentais de retenir la mousse avec mes mains comme si je pouvais la convaincre de rester sage.
Cette machine
Avec son parfum de Mir et sa mousse indisciplinée
A été l’un de mes premiers apprentissages d’adulte :
On fait ce que l’on peut
On se trompe
On nettoie
Et on recommence.
Et parfois les erreurs sentent terriblement bon.
Enfin, enfin, le mot fin
Soupire la p’tite lessiveuse
Qui a turbiné au camping
Dans un été chaud ;
J’étais dans d’beaux draps…. !
Ils rentrent
Au revoir les corvées
De linge sale, en famille,
Que j’ai dû ballotter ;
Même si l’été repassera…… !
Je vais pouvoir buller, débranchée,
Parfum d’oubli me va très bien……
Adieu Génie, sans bouillir,
Tel le Chat
Loin de son Omo, dormir en paix !
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