197 – Vous connaissez la poulaide- Nana

Bienvenue à Nana Fofo

Bien avant que Ronchonchon ne vienne s’installer à la ferme de Nana fafo, notre cochon boudiné était un coureur…
pas de fond évidemment ! mais de jupons.
A chaque donzelle rencontrée, il tentait sa chance… il essayait de gratter un 06 et espérait tirer le bon numéro (ou
au minimum un coup).
Il avait entendu dire qu’on pouvait avoir une chance au grattage et une chance au tirage… alors !
L’application Adopte un Pou, lui a fait rencontrer des tas de poulaides. Tous les laissés-pour-compte se retrouvaient
sur cette apply.
Ronchonchon avait une méthode infaillible pour ne pas se coltiner des plans galère.
Il leur donnait toujours rdv au Brusselair près de la gare dont la spécialité était le Moule Frites. Il pouvait ainsi
prétexter une moule pas fraîche pour faire tomber à plat le rancard et renvoyer la poulette vers un autre Pou.
C’était au mois d’août, le 15 Zou, lorsque la belle s’est assise au bar, avec son chapeau, sa petite valise et sa jolie
robe fleurie.
Ronchonchon n’en revenait pas d’avoir un tel rancard ! Lorsqu’il s’approcha pour lui proposer un tour de passe
passe de pelotes, comme il est coutume à la ferme aujourd’hui, elle lui sortit de son chapeau un :
« désolée, je crois que j’ai mangé un truc pas frais ».
Et c’est là, qu’il a entrevu que lui aussi était un Pou.
De retour dans ses pénates, il a pris une décision importante : supprimer l’apply, c’est toujours mieux de prendre un
râteau pour jardiner un gazon qui souhaite être gratouillé.

197 – Vive la vie sans heures… / Annick

C’est le temps des vacances
Le temps d’transhumance
De grande oubliance
Et de l’insouciance

C’est le temps de l’été
Le temps de flâner
De se reposer
Et du farniente

C’est le temps des loisirs
Le temps de partir
De se divertir
Et surtout de rire

C’est le temps de la mer
Le temps d’pas s’en faire
Des soucis s’défaire
Et de prendre l’air

C’est le temps d’la chaleur
Le temps d’la douceur
De la vie sans heure
Et des jours bonheur.

196 -La jeune femme à la valise – J.Libert

La jeune femme avançait lentement, mais d’un pas décidé, sa valise à la main, sur le quai d’une petite gare. Le soleil d’une fin d’après midi de printemps reflétait son ombre sur le sol, redessinait sa silhouette fine, élancée, sa jolie tête coiffée d’un chapeau de paille claire.


Derrière elle, les montagnes dressaient leurs pentes sombres autour d’un lac à la surface bleue, immobile, comme un miroir enchâssé au fond de la vallée.

La petite gare était déserte. Pas un voyageur, pas un employé, seulement le grincement d’une enseigne au dessus d’un bâtiment et, de temps en temps, le chant lointain d’un oiseau.

Sabine se retourna une dernière fois inspirant encore cet air pur des sommets. Elle venait de faire une cure médicale de trois semaines dans ce village de montagne ; trois semaines de soins médicaux entrecoupés de balades au bord de l’eau, de lectures sur la terrasse ensoleillée de sa location ; une pause pour oublier la ville, le travail, les responsabilités.


Sur le quai, elle posa sa valise, s’assit sur l’unique banc de bois adossé au mur du bâtiment. Le train devait arriver dans un quart d’heure. Elle ferma les yeux. La liberté des derniers jours s’effaçait doucement mais elle emportait avec elle un calme intérieur que rien , pas même le rythme effréné de la ville, ne pourrait, de sitôt, lui enlever.


Un bruit de cloches résonna soudain dans la vallée. Le train arrivait. La jeune femme se leva, reprit sa valise, regarda le soleil descendre derrière les sommets et déposer sur l’eau des éclats d’or.

Tandis qu’elle s’installait dans le train du retour, celui ci s’enfonça sous la voûte fraîche d’un tunnel plongeant le wagon dans une obscure pénombre avant de jaillir de l’autre côté de la montagne où les lumières de la plaine commençaient déjà à scintiller.


Dehors, le lac s’était effacé mais la quiétude des eaux bleues restait ancrée en elle, solide, inaltérable. Le monde urbain l’attendait quelques arrêts plus loin avec ses tumultes et ses urgences mais Sabine ne le redoutait plus. Elle savait, désormais, qu’il lui suffisait de fermer les yeux pour retrouver le calme des cimes et la lumière d’or sur le quai de la petite gare.

196 – Fin des vacances – Aquarella

Ce matin, au p’tit déjeuner
Laissant échapper un soupir
Elle a siroté son café
Esquissant un léger sourire
Appréciant les reflets dorés
De la lumièr’ sur l’océan
Elle essaie de mémoriser
La beauté de l’instant présent
Dehors le soleil est très haut
Et le ciel toujours aussi bleu
En cet été parfois si chaud
Qu’il brûle encor de nouveaux feux
Annie a pris des couleurs d’ambre
Sur la plage, jour après jour…
Mais à l’approche de Septembre
Il faut préparer le retour
Elle aimerait bien prolonger
Ce temps béni de la détente
Où son esprit a occulté
Celui des dossiers en attente
Dernière journée de vacances
Avant de remplir la valise
Aujourd’hui sa seule exigence
Est s’offrir une gourmandise
Elle va prendre un dernier bain
Plonger au cœur de l’océan
Ne pas trop penser à demain
Pour bien profiter du moment
Ensuite, en réservant sa place
Au petit restaurant de plage,
Elle ira déguster sa glace
En s’imprégnant du paysage
Voilà, c’est la fin des vacances !
Mais écartant sa nostalgie
Annie sait avoir eu la chance
De retrouver son harmonie

194 – La liberté en parenthèses – Marie Sylvie

Je n’ai jamais su partir longtemps.
Les gens parlaient de vacances comme d’un pays lointain
Un territoire où l’on se déleste de tout
Où l’on respire autrement.
Moi je n’ai jamais réussi à m’y abandonner.
Non pas par manque d’envie
Mais parce qu’au bout du chemin il y avait toujours ce moment où la vie reprenait son rythme
Où les responsabilités se redressaient comme des silhouettes que l’on croyait endormies.
Ce moment-là je l’ai toujours redouté :
Le retour.

Alors j’ai inventé ma propre manière de voyager.
Une manière discrète
Presque secrète
Qui ne demandait ni valise ni grand départ.
Je partais pour une journée
Parfois même pour quelques heures
Comme on ouvre une fenêtre pour laisser entrer un peu d’air.
Un train
Une route
Un village
Une forêt
Un rivage…
La France s’offrait à moi sans exigence
Sans protocole
Sans distance.
Elle était là vaste et douce
Prête à m’accueillir sans me retenir.

Je me souviens de ces matins où je prenais la voiture comme on prend un élan.
Le soleil encore timide
La radio en sourdine
Et cette sensation d’être libre pour quelques heures.
Je roulais vers un endroit que je ne connaissais pas encore ou que j’avais aimé autrefois.
Parfois une petite gare m’attendait
Avec son horloge un peu fatiguée et son parfum de départs minuscules.
Je descendais
Je marchais
Je respirais.
Je devenais une passante
Une voyageuse d’un jour
Une femme qui s’offre un morceau de ciel sans disparaître du monde.

Ces excursions étaient mes trésors.
Je les ramenais le soir comme d’autres ramènent des souvenirs de pays lointains.
Un paysage
Une lumière
Un goût
Une rencontre
Un silence…
Et surtout cette sensation d’avoir vécu quelque chose pour moi
Rien que pour moi
Sans sacrifier ce qui comptait.
Ma fille
Ma maison
Ma vie
Elles n’étaient jamais loin.
Je ne m’éloignais que juste assez pour me retrouver.

Aujourd’hui encore lorsque je vois une petite gare au bord d’un chemin
Une femme avec une valise
Un horizon qui s’ouvre
Je sens quelque chose se réveiller en moi.
Une nostalgie douce
Une gratitude presque tendre.
Je n’ai peut-être jamais pris de grandes vacances
Mais j’ai traversé des centaines de paysages
J’ai cueilli des instants lumineux
J’ai appris à voyager sans partir.

Et peut-être que c’est cela au fond ma manière d’exister :
Avancer par petites échappées
M’offrir des fragments de liberté
Et revenir chaque soir vers ce que j’aime
Comme on revient vers une lumière qui ne s’éteint jamais.

196 – Le retour / Lilou

La gare n’avait plus de train.
C’était un détail assez gênant, car je revenais justement de très loin.
J’avais imaginé mon retour autrement. Une musique, peut-être. Des bras ouverts. Une petite foule émue criant : « Elle est là ! Elle est revenue ! »


À la place, il y avait une pancarte : GARE.
C’était déjà beaucoup.
Et une horloge arrêtée depuis des années.
Elle indiquait exactement l’heure de mon départ.
J’ai posé ma valise et regardé la mer. Elle, au moins, avait continué sans moi. Les vagues arrivaient, repartaient, revenaient. Elles avaient ce talent merveilleux que je n’avais jamais possédé : savoir revenir sans avoir l’air ridicule.
Moi, j’étais là, avec mon chapeau de paille, ma robe froissée et une valise qui pesait le poids de toute une vie.
Je suis partie il y a vingt ans.
Enfin… dix-neuf ans et huit mois.
Je préfère être précise. À mon âge, on s’accroche aux mois comme aux poignées d’une valise.
Pourquoi étais-je partie ?
Pour oublier.


C’est idiot, avec le recul. On ne peut pas oublier une ville en emportant ses souvenirs dans une valise. On ne peut pas oublier un homme en gardant sa dernière lettre dans la poche intérieure de son manteau. Et surtout, on ne peut pas oublier son propre chagrin : il voyage sans billet et s’installe toujours à côté de vous.
Je suis donc partie.


J’ai connu des gares, des hôtels, des chambres trop froides, des villes dont je ne savais jamais prononcer le nom. J’ai rencontré des hommes qui me promettaient le monde et qui, au fond, ne savaient même pas où ils avaient posé leurs clés.
J’ai beaucoup pleuré.
Puis j’ai moins pleuré.
Puis je me suis mise à rire.
C’est ainsi que j’ai compris que le malheur avait, lui aussi, une date de péremption.
Alors aujourd’hui, me voici de retour.
Devant cette maison.
Notre maison.


Enfin… sa maison, désormais. Car il paraît que les morts gardent tout : les maisons, les souvenirs et même les places de parking. Ils ont un sens aigu de la propriété.
Je me suis approchée de la porte.
J’ai attendu.
Personne.
J’ai sonné une deuxième fois.
Toujours personne.
Alors j’ai ri toute seule.
— Évidemment, ai-je murmuré. Après vingt ans d’absence, il fallait bien que tu sois absent.


Le vent a soulevé mon chapeau.
J’ai retenu ma valise.
Et soudain, j’ai compris.
Le retour n’est pas toujours celui que l’on espère.
Parfois, on revient pour retrouver quelqu’un.
Et l’on ne retrouve qu’une porte fermée.
Parfois, on revient pour recommencer.
Et l’on découvre que tout est terminé.
Mais parfois aussi, sans prévenir, le soleil éclaire la mer, les fleurs poussent au pied d’un vieux mur, et une femme de soixante-dix ans passés se tient debout avec une valise beaucoup trop lourde.


Alors elle se dit :
— Bon. Puisqu’il n’y a plus de train pour repartir… autant voir ce qu’il y a au bout de la rue.
Et elle est repartie.
Cette fois, sans savoir où elle allait.
Mais avec cette certitude :
on peut revenir chez soi sans pour autant retourner en arrière.

196 – J’arrive – Laura

J’arrive le train de nuit m’a déposé
Partie hier soir de ma ville
J’arrive destination la mer
Personne à mon départ, seule
J’arrive
Je tire un trait sur les deuils,
Le chagrin et la mort.
J’ai mis dans ma valise
Mes polars, des maillots
Mes carnets de voyage
Mes shorts, mon ordi
Je ne savais plus les baisers
Je les envoie vers le ciel
J’ai les yeux délavés
Aux larmes des adieux
Je les laverais
Au sel de la vie

196 – Aurélie, de Eze…- Jill Bill

Elle était partie chercher gloire et fortune
La vlà d’retour au pays… !

Elle se voyait déjà
En haut d’l’affiche
A la conquête de Paris
En dix fois plus gros que n’importe qui
Son nom, étalé…….

Pour qui elle se prend
La p’tite provinciale
Faut coucher pour réussir ;
Ca s’dit dans l’métier !

Figurante, elle restera une figurante :
Et femme de chambre !

Ou femme du boulanger
Si elle épouse Aimable, à voir…
Y a pas aimé son départ
Pour le septième art, comme on dit,
Il l’a confessé au curé……
Tenu au secret, ceci dit en passant !!

Bonjour Aurélie
Alors, on te verra quand au cinéma…. !?

Pas causante la jeunette hein…
Elle avait pourtant tout pour réussir
Comme crie sa mère sur tous les toits,
Le talent et les talons hauts…