Fidélia, tout le village l’appelait Fidélia, mais ce n’était pas son prénom d’origine. Peut être était ce son compagnon d’alors qui l’avait prénommée ainsi parce qu’il la savait d’une fidélité à toute épreuve, contrairement à lui d’un naturel plutôt aventurier et volage. D’ailleurs, de temps en temps, comme un enfant fugueur, il disparaissait, réapparaissait sans plus donner d’explications ni modifier son comportement amoureux. Et Fidélia l’acceptait tel qu’il était. Pourtant, un jour, il ne revint pas.
Ne lui restait en souvenir que ses trois chiens aussi fidèles que leur maîtresse. « Au moins eux, ne lui feraient pas faux bond » pensait elle quand elle les nourrissait ou les promenait dans la campagne environnante. Ils étaient devenus ses gardiens, de jour comme de nuit.
Un matin d’hiver, elle faillit être malmenée par un intrus de passage qui, la voyant seule, pénétra un peu
plus avant, dans la cour, s’apprêtant à la ligoter. Les chiens, jusque là placides, montrèrent les crocs, cela
suffit à l’éloigner, manu militari.
Désormais, Fidélia se sentait en sécurité. Plus tard, elle fit la connaissance d’un peintre de grande renommée, spécialisé dans le portrait. Fidélia, la belle cinquantaine, brune et souriante, se laissa peindre, sous un ciel coloré, entourée de ses trois chiens qui posèrent patiemment, le temps nécessaire à la confection du tableau.
Aujourd’hui, Fidélia n’est plus, mais le chef d’œuvre du peintre reste accroché dans la cage d’escalier
de la maison où vit maintenant son héritière.
Auteur : Lilou
185 – L’aurore à travers le flou / Marie Sylvie
Dans cette toile
Quelque chose s’ouvre comme une clarté trouble.
Les formes vacillent
Les couleurs se mêlent
Et pourtant une lumière circule
Une lumière qui connaît les chemins difficiles du corps
Mais qui continue d’avancer.
Parfois
Ma propre vision se brouille
Comme si le monde hésitait à se laisser saisir.
Les contours se fondent
Les lignes se déplacent
Et la réalité devient un paysage mouvant.
Mais ce flou n’est pas une nuit :
C’est une aurore diffuse
Une manière différente d’habiter la lumière.
Dans cette œuvre de Rémi Jouanbert
Je reconnais cette sensation :
Un monde qui tremble un peu
Mais qui reste vibrant
Traversé d’éclats vifs
De couleurs qui refusent de s’éteindre.
Les chiens y avancent comme des guides
Silhouettes fidèles qui ouvrent un passage vers quelque chose de plus doux.
Et je me dis que même lorsque la vue se trouble
La lumière
Elle
Ne renonce jamais.
Elle trouve toujours un chemin.
185 – le cadeau / Jill Bill
Elle adore ses chiens, maman
Trois lévriers,
J’en ai fait faire un portrait, pictural
Expressif
Par un artiste, spécialisé…
J’entends déjà les commentaires
Toujours à se distinguer, la cadette,
Avec ses p’tits cadeaux… !!
Cette fois-ci, en grand,
Deux mètres sur un
Tout un mur, qu’on aime ou pas !
Et pourquoi une casquette, hein… !?
L’artiste a eu carte blanche,
Ne lui cherchez pas la petite bête
Ou je… mords !!!!
Elle adore ses chiens, maman
Et sa cadette, bande de jaloux, va…
Bon anniversaire maman chérie
Bon anniversaire…
sujet 185 – Coté Écrivains
samedi 9 mai vous pourrez lire

Le cadeau – Jill Bill
l’aurore à travers le flou – Marie Sylvie
Fidélia – J.Libert
Nilo,Liora et Samba – Lilou
sujet 185 – semaine du 2 mai au 7 mai
Bonjour à Tous
Je pars quelques jours et je ne pourrai pas mettre en ligne vos textes avant jeudi matin donc vous avez largement le temps de peaufiner votre texte d’après cette œuvre que nous avait proposée notre chère Emma que je remercie infiniment.
Rémi Jouandet clic et clic
Je rappelle qu’il est plus facile d’envoyer vos textes par mail en PJ plutôt qu’un lien.

184 – C’est la vie ça va passer… / Annick
Vivre c’est de la bombe
Et créer c’est résister
Mais avec des lendemains qui chantent faux
Je suis partie…
Le temps est-il un crime parfait ?
Je revendique l’absolu minimum
Et devenir simple c’est compliqué
Alors je joue oui…
L’art et la vie ne font qu’un
La poésie est un luxe de première nécessité
Alors vous reprendrez bien une ligne de poésie ?
La poésie agrandit le monde
Mais que faire du bonheur dans un monde sans joie ?
Je vais compter jusqu’à toi
Et l’amour mon amour
… Pour rester
183 – Miss Tic et ses pochoirs / François
J’ai bien connu Miss-tic, jadis,
Elle sortait dans la nuit profonde,
Avec ses pochoirs et sa bombe.
Pour peindre des dessins poétiques.
Au début, elle a eu des ennuis,
Mais sur la Butte-Aux-Cailles elle fut appréciée,
Ses œuvres sur les murs étaient réclamées avec envie.
C’était la poétesse de rue de grande notoriété.
La femme y était représentée,
Avec sa chevelure noire et rouge,
Défendant la cause féminine avec volonté.
Et son émancipation pour que tout bouge.
La critique sociale elle pratiquait. Cynique
Elle parlait des jeux de l’amour,
Le Calembour s’inscrivait dans sa pratique.
Très forte est l’œuvre que nous a laissée Miss-tic
Elle demeure dans tous nos souvenirs.
Dans le fond d’art de la ville de Paris,
Et au Victoria Albert Muséum aussi.
Effectivement, elle est partie pour rester.
En disant,
Je ne veux pas laisser de traces et ne fais que passer.
Maintenant,
On peut voir, sur ses pochoirs.
L’émergence d’un street-art qu’il ne faut pas laisser choir.
184 – Kibou / Cathy
1960, premier signe, des messages écrits, mais aussi des dessins font leur apparition sur les murs.
Je me rappelle avoir lu dans un livre, quel était le premier mouvement qui a déclenché une suite d’enchaînement
tragique. Effet papillon, ça vous dit quelque chose.
Il fut nommé le « Graffiti writing » un garçon prénommé Darryl Mc Cray a commencé à taguer des inscriptions sur les
murs de son quartier. Son geste n’est que pure déclaration amoureuse. Ainsi, il peint « Cornbread loves Cynthia ».
Cela a rapidement évolué en un acte social et fut un déclencheur mondial.
C’est le début d’une forme d’art qui va bouleverser tous les codes.
1974, on peut apercevoir des fresques de propagande qui envahissent les murs, marqués par les contestations politiques,
sociales ou économiques.
Dans tous pays, on peut observer des peintures appelées fresque murale, tag, flop, graff, pochoir, wildstyle, certains
graffeurs sont même plutôt doués.
Qui est ce jeune garçon, qui a laissé plein de message dans tous son quartier pour montrer son amour ?
Pourquoi avoir choisi un mur pour communiquer ?
Pourquoi ça a pris autant d’ampleur ?
Est-ce de l’art ou un avertissement ?
Certaines personnes y voient de la provocation. D’autres verront sur des photos historiques à l’arrière-plan des œuvres,
des individus habillés un peu différemment ou avec un objet non connu pour l’époque.
De ce fait, un petit groupe de suspicieux pensé qu’effectivement quelque chose se préparait.
Ils pensèrent que certains propos autant graphique comme écrits, n’était pas de l’art, mais plutôt un signe, pour nous
prévenir de notre chute, nous terriens, nous de l’espèce humaine.
C’est grâce à eux que je suis né.
Certains éprouvent une angoisse tant, ces symboles graphiques deviennent de plus en plus nombreux et agite les foules.
L’art mural devient alors artistique mais aussi brutal, agressif, virulent, troublant.
À New York pendant les guerres de territoire entre clans, ceux-ci écrivent leurs noms de crew sur les murs.
C’est alors que la guerre civile s’intensifie.
L’état social commence peu à peu à s’effriter.
Les hommes politiques s’emparent de la condition actuelle, pour employer des graffeurs afin de rassembler le peuple à
leurs propres idéaux. Soit éviter plus de heurts, soit pour le pouvoir.
Par la suite, cela devient un art illégal. Les graffeurs sont traqués et abattus.
Les villes sont sous contrôle politique. Des drones font leurs apparitions à échelle mondiale afin de surveiller les
moindres faits et gestes des citoyens. La moindre infraction est susceptible d’un arrêt des forces de l’ordre au risque de
se faire tuer.
Les pays, ne sont plus que noirceur, peu de gens sorte de chez eux. Il est impératif de suivre le mouvement politique et
de se taire. Sinon…
C’est alors que des résistants font leurs apparitions. Ils continuent malgré tout à graffer leurs opinions.
Les murs sont rapidement saturés et au fil du temps, les graffitis les plus anciens sont peu à peu effacés par l’ajout de
nouvelles œuvres, créant une superposition constante.
Le monde perd pied.
De ce que j’en ai appris, les Terriens étaient la première compagnie dans cette galaxie et la dernière.
Malgré tous les messages envoyés de la part de mes prédécesseurs, qui grâce à notre technologie ont pu retourner dans
le passé pour essayer de les prévenir en ce mêlant à leur street art.
Elle fut détruite en 2027.
Les Terriens n’ont fait qu’observer en fermant les yeux et se sont détruit.
Notre parole graffée étant considérée comme *« d’art bâtard des rues mal famées »
Ils se les ont accaparés pour en faire d’autres à leurs propres images.
Certains étaient plutôt imaginatifs de leurs plumes, de leurs bombes de peinture.
Et notre voix fût écrasée, oublié.
La rage, la haine, la violence, la colère, la discrimination, les inégalités, l’exclusion sociale etc., ont causé leurs pertes.
Au début silencieuse, la guerre civile s’est propagée dans chaque pays pour finir par un conflit international.
Les dirigeants de chaque nation voulaient profiter de l’état de faiblesse de son voisin pour récupérer ses richesses. Les
avancées technologiques les ont emmenées vers leur destruction fatale.
Boum !!!! Plus de planète.
Heureusement, les suspicieux ont su y faire face. Ils étaient au départ une quinzaine dont leur chef se prénommait *Aïko. Il a eu comme projet de concevoir un vaisseau spatial capable d’emmener 500 personnes sur une autre planète habitable pour reconstruire un monde plus stable, plus serein, sans violence, à l’égalité sociale, sans jalousie, sans dirigeant. Les bâtisseurs de cette civilisation étaient choisis en fonction d’un sens moral bien défini, le respect, l’intégration, l’altruisme. Mais aussi, ceux susceptibles d’apporter leur savoir-faire, scientifique, professeur, grand philosophe, écrivain, médecin, historien, etc.
Le jour J, ils ont tous embarqué dans un vaisseau en capacité de naviguer dans l’espace parmi la matière noire et les galaxies, et bien d’autres phénomènes que l’homme ne connaissait pas encore. Pour fuir un monde à l’agonie dans un espoir désespéré.
Et c’est comme ça que ma planète a vu le jour. Ils l’ont façonné à leur image avec ce qu’ils avaient tiré des erreurs de nos ancêtres les Terriens.
Je suis né en 2145 sur la planète Kibou, dont le nom a été choisi en fonction de sa signification japonaise, d’espoir et de lumière. Je m’appelle Hope, je suis Kiboutien
J’ai 35 ans et je suis en première année d’histoire.
Dois-je remercier mes ancêtres les Terriens d’être né ?
À quoi aura servi ma naissance ?
Aujourd’hui, je laisse ce message, pas sur un mur, mais dans une boîte que nous avons décidé d’enterrer au pied de la statue d’Aïko sans qui nous ne saurions pas là. Nous avons par décision commune fait le choix de ne plus nous enfuir, mais d’accepter notre vraie nature.
J’ai peur, car aujourd’hui, le 9 mars 2180 est apparu sur un mur, un tag :

*En 1933, le photographe et essayiste Brassaï qualifie les graffitis « d’art bâtard des rues mal famées ».
*Aïko, prénom mixte signifiant, enfant de l’amour.
184 – Rester soi – Fredaine
Elle s’était perdue dans cette relation toxique. Ce qu’elle partageait depuis vingt ans avec cet homme, sans violence, sans cris, pouvait sembler le bonheur à ceux de passage. Cela l’avait été d’ailleurs. Ils s’étaient aimés, ils avaient été tendres, attentionnés l’un envers l’autre. Les longues promenades dans les bois avec le chien avaient été de doux moments. Chaque venue de ses enfants l’avait été aussi.
Avec le temps, l’amour se transforme ; chacun devient un autre et parfois oublie d’être encore un peu pour l’autre, oublie de rester attentif aux besoins de l’autre, à son rythme, à ses envies. Lui avait oublié trop vite. Elle avait cru qu’en faisant taire ce qu’elle était vraiment, ce qu’elle aimait, en étant attentive et attentionnée pour deux, cela suffirait à entretenir la flamme. Mais la flamme avait faibli jusqu’à devenir imperceptible. L’amour était devenu habitudes, rien que des habitudes.
Alors elle était partie, partie pour ne pas se perdre, partie pour rester elle-même, partie pour rester ancrée dans la vie.
184 – Je suis partie / J.Libert
Un jour, je suis partie pour un pays lointain
L’avais décidé, sur le champ, un beau matin
Là bas, tout là bas, à l’Est, au-delà du Rhin.
Sans me retourner, suis allée au bout du monde
Visiter la terre, m’assurer qu’elle était ronde,
Heureuse et fière de mon équipée vagabonde.
Je suis rentrée alors, des rêves plein la tête
Grisée par les voyages et le cœur en fête
Avec les images uniques de notre comète.
J’ai dessiné sur une grande feuille bleue
La couleur fulgurante des nuées de feu
Qui courent emportées par les vents orageux
La tendre fusion de la mer et des cieux,
Le vol dans les airs de l’oiseau silencieux
Et la brillance d’or d’un soleil radieux.
Mais si je suis partie pour un pays lointain
Suis rentrée pour rester dans le giron des miens.



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