179 – Adieu l’aïeul / Jill Bill

Sur la cheminée
De marbre couleur deuil
Une pile de bouquins, usés,
Un réveil de même,
Cinq escargots, énigmatique…

L’aïeul centenaire est mort
Sa vie ira au carton
A quoi bon
Nul n’en veut, je le déplore…

Demain, on le porte en terre
Lui et le reste, enfin
On ne crachera pas
Sur ses liasses, dignes d’intérêt ;
N’est-ce pas sieur son notaire… !

Et si, dans cette pile enrubannée
Se cachait, un, trésor ;
Lui, si secret…

Nul n’en veut, j’emporte
Bouquins, réveil, escargots !

sujet 179 – Coté Écrivains



178 – forger la fuite des mots / Lothar

Si vous êtes cartésiennes cartésiens, trop, il vaut mieux passer votre chemin ! Cette fois-ci. Car là, je vois les dix mots mis bien au chaud, comme dans une cage, sous un bel oiseau, bien serrés sages en bas de ma page de traitement de texte : Notes Samsung.

Il suffit juste d’aller les chercher un à un et de les coller en une jolie phrase rallye. En haut de l’écran noir, non de mes nuits blanches, mais de ma tablette. Voilà. Sympa.

Je commence par cette très belle interjection « Saperlipopette ». Je la colle au bout d’argile de mon stylo pour mes tableaux de perles – peintures diamants. Et je la dépose ici en haut de mon post. Elle dégage déjà un joli souffle sur ma phrase future.

Je vais ensuite chercher « Forgeron » avec ma pince à épiler. Car il bouge un peu, lui. Le bougre. Hectic, il est en mouvement. Toujours. Je le colle à la suite de l’autre en laissant un peu d’espace. Attention aux doigts avec la glue instantanée car il se trémousse. Il veut s’envoler.

Quant pour « Livreur » et « Pluie », collés ensemble par l’humidité, je prends deux épingles à tête ronde colorées et je les picadore rapidement, fortement. Je les ramène tout chauds, tout brûlants. À la suite des autres. Je les consolide avec deux autres épingles.

« Renouveau » je ne le vois plus. Mince. Versatile. Je cherche un peu, et le découvre caché derrière un escargot. Quoicoubeh … Il est lent en fait. Je le prends directement avec les doigts et le colle ici. Là, je n’échappe pas aux doigts plein de glue. Vous savez toutes et tous comme c’est énervant. Vraiment. Allez, eau chaude et savonneuse ! Allez !

Il m’en reste encore cinq. Pour calculer bien, mon bagage scientifique me sert, voyez. « Contrôle», lui est d’un calme olympien. Mortel. Comme son binôme « Miroir » qui lui est dans l’urgence. Donc je me dépêche d’aller les chercher, avec mon stylo d’argile, tant qu’ils sont encore en vie.

Le trinôme restant se cache l’un derrière l’autre, j’envoie mon border collie, et rapidement je complète le tout par « Ornithologue » « Danse » et « Mosaïque ».

On vit dangereusement. Ici. Mon montage rallye est terminé. Pensez ! Il ne restera qu’à relier les dix mots par d’autres mots. Et le tour est joué, déjoué, surjoué.

Donc le résultat de la course, c’est :

***, murmure le *** *** de ***, en profitant du *** – si lent encore – pour prendre le *** et nous offrir mille enclumes de fer, cent ***s d’argent et dix pics d’airain. Cet *** du dimanche *** alors en *** d’hésitation et de douceur.

Aïe ! Mince les mots sont retournés vivre leurs belles vies sur des couvertures glacées de romans.

Vous me direz, il n’y a pas les mots écrits dans la phrase finale. La consigne n’est pas respectée. Eh bien non. Alors je serai disqualifié, voilà. Oui.

178- Pique et pêche / Annick

Il n’est pas forgeron dans l’âme,
Lui il ne travaille que le bois.
Saperlipopette quel programme!
Chaque jour, il est aux abois!

Le printemps c’est le renouveau,
Pas b’soin d’miroir, il est tout beau!
Le livreur de graines est passé,
Son ornithologue préféré!

Alors il danse avec sa belle,
Sur une mosaïque de sons!
Et même si la pluie s’en mêle,
Tous deux s’élancent à l’unisson!

Et quand la danse est terminée,
Sur le tronc retourne piquer.
Et pique et pique, plus de contrôle!
En mâle, il retrouve son rôle.

Et chaque jour, il pique et pêche
Graines ou vers dans l’herbe fraîche,
Et tambourine sur les troncs,
Pour dire « Suis là ! C’est ma maison ! »

© Annick 210326

178 – Comment devenir ornithologue/ François –

Un très vieux forgeron,
Qui joue sur son enclume,
Regarde un oiseau au brun ailerons.
Qui frappe de son bec, une grume.
Ils se dit saperlipopette,
Cela ressemble à un Pic-vert,
Le printemps, avec son renouveau, est en fête
Nous voilà sortis de l’hiver.
Quand il vit arriver dans son miroir,
Le gros camion du livreur.
Portant livre, « Devenir ornithologue en un soir ».
Ce qui le fit danser de bonheur.

Des photos d’oiseaux comme des mosaïques
Y étaient reproduites par centaines.
La représentation du sien était stoïque,
Il l’a vite reconnue sans peine.

Alors, profitant d’un jour de pluie,
Il lit l’ouvrage acheté pour deux-pistoles,
Pratiquement jusqu’à la nuit.

178 – Forger la fuite des mots / Lothar

Fabricando fit faber

Si vous êtes cartésiennes cartésiens, trop, il vaut mieux passer votre chemin ! Cette fois-ci. Car là, je vois les dix mots mis bien au chaud, comme dans une cage, sous un bel oiseau, bien serrés sages en bas de ma page de traitement de texte : Notes Samsung.

Il suffit juste d’aller les chercher un à un et de les coller en une jolie phrase rallye. En haut de l’écran noir, non de mes nuits blanches, mais de ma tablette. Voilà. Sympa.

Je commence par cette très belle interjection « Saperlipopette ». Je la colle au bout d’argile de mon stylo pour mes tableaux de perles – peintures diamants. Et je la dépose ici en haut de mon post. Elle dégage déjà un joli souffle sur ma phrase future.

Je vais ensuite chercher « Forgeron » avec ma pince à épiler. Car il bouge un peu, lui. Le bougre. Hectic, il est en mouvement. Toujours. Je le colle à la suite de l’autre en laissant un peu d’espace. Attention aux doigts avec la glue instantanée car il se trémousse. Il veut s’envoler.

Quant pour « Livreur » et « Pluie », collés ensemble par l’humidité, je prends deux épingles à tête ronde colorées et je les picadore rapidement, fortement. Je les ramène tout chauds, tout brûlants. À la suite des autres. Je les consolide avec deux autres épingles.

« Renouveau » je ne le vois plus. Mince. Versatile. Je cherche un peu, et le découvre caché derrière un escargot. Quoicoubeh … Il est lent en fait. Je le prends directement avec les doigts et le colle ici. Là, je n’échappe pas aux doigts plein de glue. Vous savez toutes et tous comme c’est énervant. Vraiment. Allez, eau chaude et savonneuse ! Allez !

Il m’en reste encore cinq. Pour calculer bien, mon bagage scientifique me sert, voyez. « Contrôle», lui est d’un calme olympien. Mortel. Comme son binôme « Miroir » qui lui est dans l’urgence. Donc je me dépêche d’aller les chercher, avec mon stylo d’argile, tant qu’ils sont encore en vie.

Le trinôme restant se cache l’un derrière l’autre, j’envoie mon border collie, et rapidement je complète le tout par « Ornithologue » « Danse » et « Mosaïque ».

On vit dangereusement. Ici. Mon montage rallye est terminé. Pensez ! Il ne restera qu’à relier les dix mots par d’autres mots. Et le tour est joué, déjoué, surjoué.

Donc le résultat de la course, c’est :

***, murmure le *** *** de ***, en profitant du *** – si lent encore – pour prendre le *** et nous offrir mille enclumes de fer, cent ***s d’argent et dix pics d’airain. Cet *** du dimanche *** alors en *** d’hésitation et de douceur.

Aïe ! Mince les mots sont retournés vivre leurs belles vies sur des couvertures glacées de romans.

Vous me direz, il n’y a pas les mots écrits dans la phrase finale. La consigne n’est pas respectée. Eh bien non. Alors je serai disqualifié, voilà. Oui.

178- Ophélie tout simplement / Lilou

Forgeron
Saperlipopette
renouveau
Miroir
Livreur
Ornithologue
Danse
Mosaïque
Pluie
Contrôle

Enfin, la mosaïque était achevée ! Tout était sous contrôle. Dans quelques heures, le livreur viendrait rendre le cadre. Il avait travaillé, Eloi Forgeron ; pas jour et nuit mais presque. Il avait à cœur de terminer cet ouvrage dans les délais. Et pourtant, plusieurs fois il avait bien eu la tentation d’abandonner tellement la tâche lui paraissait lourde, plusieurs fois il avait failli céder à la fatigue mais cela n’aurait pas été digne de lui. Mais il voulait surtout faire plaisir à Ophélie, sa copine d’enfance esthète accomplie. Ils avaient fait toute leur petite scolarité ensemble puis collège et lycée avaient vu divergé les chemins. Ophélie avait dirigé ses pas vers l’hôtellerie et lui était parti vers les Beaux Arts. Entre eux point d’amours d’enfance contrariées, ils avaient grandis ensemble, leurs chemins avaient été un moment parallèles c’est tout. Maintenant c’était bien différent…

Un jour de mars, quand le printemps vient frapper à nos portes et commence à marquer le renouveau de la nature, Ophélie était revenue après plusieurs années d’absence. Cassée par la vie, ayant perdu dans un accident ses deux enfants et son époux, elle avait besoin de se reconstruire enfin si cela était encore possible. Son frère l’avait accueilli à bras ouvert. Un homme particulier que ce Quentin ; il était horticulteur et avait une petite entreprise d’aménagement des espaces verts et naturels. Il avait la passion des  oiseaux et voulait en faire son métier mais  ornithologue ne nourrit pas toujours son homme alors il s’était tourné vers  l’horticulture plus sûre pour vivre. Lui aussi pas vraiment épargné par les soucis, sa femme s’était enfuie le jour même de leur mariage en lui disant qu’il était trop ou pas assez kantiste. Il avait cherché la définition de ce mot, n’avait rien compris, mais comme il n’était pas né de la dernière pluie, il avait décidé de l’oublier ; cependant elle s’était rappelée à son souvenir en lui déposant un petit paquet vagissant sur le pas de sa porte avec un simple mot : débrouille-toi avec ce petit !

Tout l’été, on avait vu Ophélie faire de grandes promenades en compagnie d’une chienne errante qu’elle avait adoptée ; d’ailleurs l’adoption était réciproque. Leurs courses les emmenaient souvent vers le petit château que ses parents lui avaient laissé. Le Castelet comme elle l’appelait était un peu délabré mais elle l’aimait bien. Est-ce dans ces moments là que l’idée germa ou lors des sorties qu’elle fit avec Eloi  dans les brocantes ? Probablement. Toujours est-il que maintenant, les travaux de restauration étaient bien avancés et soucieuse de refaire une décoration XIXème, elle avait confié à Eloi la réfection du  miroir qu’elle souhaitait placer dans le restaurant qu’elle comptait ouvrir. Elle avait aussi à cœur d’ouvrir, en mémoire de ses petites filles, un cours de danse pour les enfants démunis. Saperlipopette quel courage ! 

178 – Le bel oiseau – J.Libert

À la dure écorce agrippé
Tel un élagueur chevronné
Tu danses dans les verts feuillages
Sur la mosaïque des ombres
Et tu entames la chanson
Cela quelle que soit la saison.
En un superbe dénicheur
Doublé d’un habile livreur
Tu dévalises de vieux troncs
Contrôles, saperlipopette
Pour y faire place nette.
De ton bec comme un marteau
Tu t’en sers en vrai maestro
Et tapes à un rythme effréné
Sur ton enclume improvisée.

En forgeron du renouveau
Tu fais la pluie et le temps beau.
Et sur le miroir bleu des eaux
ton reflet s’amuse et luit
De l’aube jusqu’à la nuit.
J.Libert

178- L’ornithologue – An Maï

Saperlipopette Georgette arrête de ressasser toujours la même rengaine ! Je ne suis pas forgeron, comme notre père et son père avant lui ! Et alors ? Il faudra bien que tu t’y fasses un jour ! Je suis ornithologue ! Ce n’est pas un drame si je n’ai pas suivi leurs traces ! Enfermé dans la forge à façonner le métal, les joues rougies par les flammes comme eux, jamais ! Je sais, tu trouves que c’est le plus beau métier du monde ! Je sais que papa aurait tellement aimé que je prenne sa suite, comme lui a pris la suite de grand-pa ! Je sais tout ça mais c’était leur choix, pas le mien, point final !
Ils ne pouvaient déroger à la tradition et prendre un autre chemin dis-tu ! Bien sûr que si ! On a toujours
le choix pour peu qu’on le veuille de toutes ses forces !
Non, je ne suis pas une tête de linotte même si les oiseaux sont ma passion ! Non, ma vie ce n’est pas le
miroir aux alouettes dans le reflet duquel je me suis perdu au lieu de garder les pieds sur terre et de
suivre l’exemple de papa, comme tu me le répètes à longueur de journée !
Non, le livreur de cerveau ne s’est pas trompé à ma naissance en me dotant d’une toute petite cervelle de
moineau. !
Crois tu que ce Dieu omnipotent et omniprésent qui gouverne tout de là haut à t’entendre, aurait à ce oint perdu le contrôle de ma misérable existence ? Lui, le grand manitou, Maître du vent et de la pluie, de la morte saison et du renouveau, de la chaleur du soleil et de la danse des étoiles, Lui, le créateur de la mosaïque humaine dans sa merveilleuse diversité, aurait été incapable de diriger mes pas sur la bonne voie ? Non Georgette, si tant est qu’Il existe ainsi que tu me l’assures, il m’a mis à a place où je dois être.
Au chant du marteau sur le fer, je préfère mille fois celui des oiseaux !