184 – Cendrillon / Lilou

Dans une chaumière sombre, Cendrillon, chétive et bien en peine, cherchait à chasser son chagrin parmi les cendres chaudes. Elle chérissait l’idée d’un amour charnel et chaleureux, loin de sa marâtre chafouine, qui la chargeait chaque jour de tâches et de travaux.


Un soir de charme, alors qu’elle ne portait qu’un chapeau troué et des haillons, une charmante fée surgit, chargée d’un étrange attirail. Point de baguette magique ; un simple chalumeau , elle chauffa, changea et charpenta bois et fer pour façonner une chaloupe chatoyante.


Le départ fut un vrai chahut. Un chasseur sur la rive crut à une chimère, tandis qu’un cheval égaré restait figé, comme changé en statue. Sur le fleuve, le courant chargeait la barque de remous : elle faillit chavirer, mais Cendrillon s’accrocha, choisit son cap, et continua.


Enfin, elle atteignit le château, dont les jardins chargés de charme scintillaient. Les fontaines chantaient sous la lune, comme un champagne en cascade.
Dans la grande salle, le Prince Charmant l’attendait. Pas de festin chargé : simplement un chaource, au parfum champêtre, qu’ils partagèrent avec chaleur. Ils dansèrent, échangèrent des chants et des chuchotements, emportés par une douce chimie.


Mais à l’approche du dernier carillon, Cendrillon chancela : le temps la chassait déjà. Elle s’enfuit, laissant derrière elle le charme de sa présence.


183 – tautogramme /La Licorne

Après deux mois de passion charnelle et intense, Charles-Edouard l’avait quittée sans une explication.

Elle était allée au restaurant qu’ils avaient l’habitude de fréquenter. A l’heure habituelle. Elle avait commandé deux flûtes de champagne, deux steaks de cheval avec une sauce aux champignons, un peu de chaource et deux crèmes brûlées (au chalumeau). Leur menu préféré.

Puis elle avait attendu. Longtemps.

Elle avait fini par tout manger, seule.

La colère lui donnait de l’appétit.

Comment son coeur avait-il pu battre aussi fort pour ce chasseur au chapeau vert ? Comment avait-elle pu se laisser berner par ce grand gaillard au regard aussi charmeur que chafouin ? Comment avait-elle pu être aussi naïve ?

Elle aurait dû se douter que cette histoire allait très vite chavirer…et qu’elle se retrouverait à sauter dans la première chaloupe, avec son chagrin et son amertume pour seule compagnie. Elle aurait dû, oui.

Mais voilà, à chaque fois, elle y croyait. A chaque fois, elle pensait que ce serait différent…A chaque fois, elle se rejouait cette scène où une femme et un homme se jetaient dans les bras l’un de l’autre…chabadabada, chabadabada…

Il n’y a que dans les films que les histoires d’amour finissent bien.

 » Garçon, un café, s’il vous plaît ! »

Machinalement, elle avait ouvert le journal à la page des petites annonces.

« Veuf, charmant, possédant un chalet à Chamonix, cherche âme sœur pour partager des moments chaleureux, et plus…si affinité ».

Tiens, il y a de nouvelles propositions.

Voyons voir…

183 – Charles / An Maï

Chapeau Charles !
Chafouin charmeur charmant
Chasseur de cœur chanceux
Charnel séducteur chic
Chapardeur d’amour
Chanteur de sérénades
Chabada bada !
Chalumeau chauffé, vite tu l’éteins
Chaloupe pour fuir ? Non
Cheval plutôt ! Pour un cavaleur, normal !
Chagrin pour Charlotte !
Chamboulé, chiffonné,
Chavire son cœur
Champagne trop frais
Charlotte aux fraises
Chaource chipoté…
Chalut, charlot. Hic !
Cheers et ciao
Chapitre clos !

183- Chuchotis campagnard/ Marie Sylvie

Chaque chasseur chafouin
Chevauche cheval
Chapeau chancelant
Chassant chevreuil dans champs.

Chemin chantant
Coin champêtre cache colombe.
Cheval court
Crosse chaude.
Chevreuil chamboulé.

Champagne coule
Chaource crème
Chaloupe chavire au canal
Chalumeau chuchote
Comme chardonneret chevronné.

Et ça continue
Chaque chose chante
Chaque cœur connaît calme choisi.
Canari chantonne
Charme charnel du soir.
Caresse chouchoute chaton

Chaque cœur connaît calme chéri
Chaque chose chante campagne…
Et chaque chasseur chafouin
Chevauche cheval
Chapeau chancelant
Chassant chevreuil dans champs.
Cheval cravaché cabriole
Chasseur chute cravaté
Chagrin conjuré.
Chevreuil camouflé.

Cheminement continuel
Chaque chose chante
Chaque cœur connaît calme clair.

183 – À l’ouest du fleuve du Mississippi/ Cathy

Chacun son épreuve
Horrible, soit-elle
Amour piégé
Gagne toujours à être vécu.
Rature dans la vie
Insurmontable pour certains.
Ne veut pas dire qu’elle ne nous apporte rien.


À suivre..


Chacun son épreuve
Horrible, soit-elle
Amour et tagliatelle
Rabote avec une truelle
Nuage de sang sur la rive
Effervescence de sérénité à point.
La mort ne veut pas dire qu’elle ne nous apporte rien.


À suivre..


Chacun son épreuve
Habile, soit-elle
Auteur de l’acte, épinglé dans un bordel
Prit au piège dans un duel de cow-boy criminel
Envolée de chapeau accidentel
A la vie à la mort !
Une révérence, ne veut pas dire qu’elle ne nous apporte rien.


À suivre..


Chacun son épreuve
Honorifique, soit-elle
A la hauteur d’un orgueil faquin
Fier d’être vu comme un chafouin
Ouvre son franc-parler avec dédain
Un doute subsiste, ne serait-il pas un dandin ?
Idiot dans l’âme, mère nature lui infligea la qualité du *grain
Nulle flatterie ne veut pas dire qu’elle ne nous apporte rien.
*note d’humour grain dans la tête

À suivre..


Chacun son épreuve
Hennissement, soit-elle
Aplomb de mâle
Se mit à pavoiser en montant à cheval
Sept furieux chasseurs de primes immorales
Et le calme est rompu tant la tempête est crucial.
Un coup porté au flan, et voilà notre meurtrier parti dans un galop soudain
Rugissement et fuite, ne veut pas dire qu’elle ne nous apporte rien.


À suivre..

Chacun son épreuve
Haletant, soit-elle
Auprès de truands prêts à en découdre dans un saloon sordide
Opulence des saveurs fétide
Un repas gastronomique des plus comiques
Réjouissance festive allergique
Chaource gratiné aux champignons, pustule, vomissement, colite
Et le tout accompagné d’un malaise, qui ne veut pas dire qui ne nous apporte rien.


À suivre..


Chacun son épreuve
Haaaaaaa ! Soit-elle
Assurément, on le pense mort, mais ce n’est pas le cas.
Les chasseurs de primes se tiennent prêt à l’action fatale
Un pas et c’est la cata
Mais c’était sans compter d’un réflexe matinal
Et la poursuite se poursuit au son de l’harmonica.
Attrape un chalumeau à la volée et enflamme son cigare dans le bousin
Un saloon en feu, ne veut pas dire qui ne nous apporte rien.


À suivre..


Chacun son épreuve
Habile, soit-elle
Accalmie d’un refuge en mer avec l’un de ses pisteurs féroce
Vogue vogue sur les flots, bateau à vapeur *chippewa
Indispensable course-poursuite dans la cale qui grince
Rebelote, une bourde, tout chavire et adieu le pisteur et les caisses de kawa.
Empoté ou habile de sa gaucherie, ne veut pas dire qu’elle ne nous apporte rien.
* Bateau à vapeur de marchandise à l’époque du far-west

À suivre..


Chacun son épreuve
Heurt douloureux, soit-elle
Autour d’une bousculade générale
L’embarcation de la chaloupe est primordiale
Obnubilé par leur survie primale.
Uppercut au visage de notre hors-la-loi d’un fuyard pâle
Projeté dans la chaloupe qui part en mer en diagonale
Eh ! Un coup-de-poing bien placé, ne veut pas dire qui ne nous apporte rien.


À suivre..


Chacun son épreuve

Heureux ou mortelle soit-elle
Au petit matin un réveil des plus charmants
Meurtrier en compagnie d’une belle brune et d’une caisse de champagne
Passionnément amoureux, fait le paon
Azur et tendre moment en bulles, c’était le plan
Gémissement et visage tordu, c’est déroutant
Noix vomique*, strychnine approprié, c’est fulgurant
Et la patience de la faucheuse est récompensée, ce qui veut dire que la vie ne lui apportera plus rien.
*arbre le vomiquier qui produit de la strychnine qui est un poison violent

.

183 – Dictons de chatons /Vegas sur Sarthe

Chercher le chas de l’aiguille dans une meule de chafouin peut rendre fourbe


Il n’est si petit chagrin de sable qu’on ne puisse observer à la chaloupe à moins
qu’elle ne chavire victime d’un grain


Un chasseur peut-il chasser sans son chafrère au risque de briser un lien
charnel ?


Il ne faut pas vendre le chapeau du chaource avant de l’avoir chassé


Mozart disait que le chalumeau c’est du pipeau quand Paul Bocuse disait que le
chalumeau c’est du flageolet


Et pour finir sur une touche festive :
Le champagne c’est chacrémant bon (avec modération)

183 -ma pauvre Anne-Sophie / Jill Bill

Ah chapeau, vraiment
Il ne te donne que du chagrin
Un maigre plaisir charnel à t’entendre
Ce type est un chafouin
Un chasseur de bas de laine
Qui chavire les coeurs
Avec paroles et champagne
Et du chaource, ô quel luxe !!
Prépare la chaloupe, quitte ce navire
Brûlant comme un chalumeau
Ca sent le roussi ma fille… !

Tu n’as pas misé sur le bon cheval
L’âne dans cette histoire, c’est qui…….

sujet 183 – Coté Écrivains


Ma pauvre Marie Sophie / Jill Bill
Dictons de chatons / Vegas sur Sarthe
A l’Ouest du fleuve Mississipi / Cathy
Charles / An Maï
Chuchotis campagnard / Marie Sylvie
Tautogramme / La Licorne
Cendrillon / Lilou
Noce en futaie / Jak Pit
Le petit chaperon rouge / J.Libert
Un personnage hors norme / Annick
son cheval s’est enfui / François





sujet 183 – semaine du 18 avril au 25 avril

tautogramme

avec les mots :
chapeau
chagrin
charnel
chafouin
chasseur
chavire
champagne
chaource
chaloupe
chalumeau

et un intrus CHEVAL

précision du mot chafouin trop souvent utilisé en faux sens, c’est le mâle de la fouine veut dire :
sournois, rusé, retors, déloyal  voire fourbe


Pour les textes il est préférable d’avoir le texte en pièce jointe plutôt que le lien. Merci

182 – Voyage Voyage/ Lilou


Le voyage commence au bout d’un doigt,
là où l’horizon se plie comme une montre fatiguée.
Je trace une ligne dans le ciel,
et le ciel saigne une lumière lente,
épaisse comme du miel oublié.


Les nuages fondent sans demander pardon,
ils deviennent des animaux sans nom,
qui traversent mes pensées à pas de sable.
Chaque pas est une illusion,
chaque illusion un pays sans carte.


Je marche sans bouger,
dans une mer suspendue entre deux silences,
où les bateaux sont des souvenirs
et les souvenirs des portes entrouvertes
sur des paysages qui respirent à l’envers.

Le soleil, énorme fruit,
tombe sans tomber dans ma main tremblante.
Je le presse,
et de sa pulpe s’écoule le temps —
doré, irréversible, absurde.


Voyager, c’est oublier son propre contour,
devenir liquide dans un monde solide,
ou solide dans un rêve qui s’effrite.
C’est accepter que la route
n’existe que parce qu’on la rêve.


Alors je ferme les yeux
et je pars plus loin encore —
là où même l’absence a une ombre,
et où le retour
n’a jamais été inventé.