200 – Notre portillon /Vegas sur Sarthe

On nous avait bien interdit
de pénétrer ce paradis
mais on aimait trop l’herbe folle
qui nous chatouille les guiboles


Tu m’as souri, quelle merveille
tu avais ton bel appareil
celui qui te fait zozoter
et fait penser aux barbelés


Mais la tentation était forte
enfer ou paradis, qu’importe
tu m’as dit « z’ai envie aussi »
ça sentait déjà le roussi


On a franchi en flageolant
ce portillon bringuebalant
avec son vieil arceau rouillé
qu’un sot vieillard avait fixé


Je revois tes cheveux bouclés
qui s’y étaient tant emmêlés
que j’ai dû sortir le laguiole
et je t’ai fait la coupe au bol


Tu ressemblais à un garçon
mais tu m’as prouvé le contraire
en arrachant mon caleçon
avec ton appareil dentaire


On a fermé le portillon
en jetant un dernier regard
l’air était plein de papillons
j’avais un trou à mon falzar


Chacun a pris son avoinée
moi pour l’accroc, toi les cheveux
ils auront beau nous cuisiner
ce portillon n’est qu’à nous deux

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