Devant le chevalet où le regard s’égare
La toile est devenue un océan de blanc
Un oiseau suspendu aux ailes du hasard
Qui cherche l’étincelle oubliée par le temps.
Les tubes de couleur dorment dans leur prison
La palette figée dans sa pâte mouvante
Assombrit l’éclat et les feux de l’horizon
Arrête le pinceau dans sa marche vivante.
Où sont passés les bleus d’au delà des collines
Les ciels orangés des crépuscules d’été
Et les rouges incandescents qui s’illuminent
Sous le couteau habile de l’homme inspiré ?
Que la terre de Sienne retrouve sa couleur
Que le bleu d’outre mer teinte à nouveau l’azur
Que la main de l’artisan dans son labeur
Fasse d’une simple touche un clair obscur.
Mais si l’inspiration dort, elle n’est pas éteinte
Elle attend seulement sous la terre d’hiver
Le souffle et le geste libre et sans crainte
Pour redonner vie et sourire à la matière.

On sent, dans ce texte, l’amour de la peinture et celui des mots aussi…
Très beau poème utilisant les couleurs et nuances de l’esprit d’un peintre un peu assombri par le manque d’inspiration. Mais tout n’est pas perdu…
J’aime beaucoup. Amitié d’une aquarelliste.