Consternation !
Assise à table en face de lui, Constance observe son compagnon en train d’étaler une généreuse couche de confiture sur sa tartine beurrée. Le temps n’est plus à la contemplation béate des premières années de leur relation. Consternée par ce qu’elle voit, elle en viendrait presque à regretter le regard outrageusement concupiscent qu’il a jeté sur elle lorsqu’ils se
sont rencontrés au mariage de sa meilleure amie. Elle se souvient que très gênée, elle l’avait assez vertement remis à sa place, allant jusqu’à le traîter d’idiot congénital avant de consentir à faire un peu mieux sa connaissance. Comment faire autrement alors qu’on les avait mis côte à côte lors du repas de noce !
Conjoncture festive oblige, elle s’était appliquée à entretenir avec son voisin une conversation légère, d’autant plus qu’il s’était largement confondu en plates excuses, tandis qu’elle-même se disait confuse de l’avoir aussi mal jugé sans le connaître. Puis, au fil des heures, ils en étaient venus à confronter leur point de vue sur un tas de chose et s’étaient
aperçus que beaucoup de leurs opinions étaient compatibles. Sous le regard conspirateur des mariés, la friction de leur premier contact avait laissé la place à un début d’amitié très prometteur. Après le mariage, ils avaient convenu de se revoir.
Petit à petit, leur amitié naissante s’était muée en amour, jusqu’à ce qu’ils décident d’entamer une vie commune.
Aujourd’hui, elle voudrat faire une compilation de ce qui les a rapprochés ce jour-là, qu’elle en serait incapable ! Il ne la regarde plus ! Ou alors c’est d’un air condescendant qui l’horripile au point qu’elle n’est pas loin de saisir le premier objet contondant à sa portée pour le frapper violemment ! Un terrible constat qui l’amène à une inévitable conclusion : elle doit le quitter avant de commettre un acte répréhensible !
S’ils avaient pu concevoir l’enfant qu’ils désiraient tous les deux, en seraient ils arrivés là ?
Bonjour An’Maï,
Ton récit est une remarquable compilation des mots commençant par la consonne « con-com » et il s’avère, en outre, qu’il représente une belle étude sociétale. Dommage que cette rencontre ait tournée au vinaigre…
Bravo ! Amitiés